La filière caprine est à la recherche de nouveaux producteurs

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Pierre-Jo Aufranc, président de l'Interprofession caprine (Anicap) : « Notre filière est dynamique et recherche encore des producteurs sur la région. » Crédits : © HLP43

Le président de l'Association Nationale Interprofessionnelle Caprine (Anicap), Pierre-Jo Aufranc, fait le point sur la filière caprine qui connaît une belle dynamique en Auvergne-Rhône-Alpes.

Comment se porte la production caprine en termes de débouchés ?

Pierre-Jo Aufranc : Sur le plan de la collecte du lait, nous avons la chance de pouvoir compter sur des entreprises qui couvrent bien notre région. Nous sommes par ailleurs dotés de plusieurs AOP, ce qui permet d'ancrer la production sur le territoire. Nous avons aussi des fromages fabriqués par les entreprises de collecte.

Quelles sont les problématiques de votre filière ?

Pierre-Jo Aufranc : En ce moment, nous ne faisons pas partie des filières les plus à plaindre dans le contexte climatique que nous avons traversé ces derniers mois. Notre principal souci est que nous proposons des produits à forte valeur ajoutée, ce qui peut nous pénaliser dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat des consommateurs. Sur les AOP, nous sommes contraints de mettre beaucoup d'énergie pour maintenir des prix aux producteurs et développer la production ; on s'aperçoit que la chèvre apparaît moins fréquemment sur la carte des RHD, nous devons être vigilants sur ce point. C'est là que peut entrer en action l'Anicap en mettant en place des actions de promotion du fromage, de nouvelles idées de recettes, créer de nouveaux produits à base de chèvre...

La production caprine semble avoir mieux résisté à l'épisode de sécheresse et canicule récent que d'autres espèces, comment l'expliquez-vous ?

Pierre-Jo Aufranc : Notre production se situe plutôt en zone de montagne, secteur un peu moins concerné par cette évolution climatique. Nous avons pu compter sur une pousse d'herbe conséquente au printemps, en revanche, la pluie est aujourd'hui la bienvenue car la situation commence à se tendre dans les exploitations agricoles. Quant à la chèvre, elle a plutôt bien supporté les chaleurs avec une production de lait qui s'est bien maintenue, voire développée dans notre région. On constate que les années sèches, la chèvre tire plutôt bien son épingle du jeu. 

Quels messages souhaitez-vous adresser aux producteurs qui souhaiteraient se lancer dans cette production ?

Pierre-Jo Aufranc : L'une des missions de l'Anicap est de renouveler les générations d'éleveurs et d'assurer la promotion du métier ; c'est pourquoi nous organisons régulièrement des journées «Demain je m'installe» sur des élevages.

Nous avons la chance de disposer d'une filière plutôt jeune dotée d'une parité hommes-femmes équilibrée ; les éleveuses sont très à l'aise en caprin et c'est l'une de nos grandes fiertés.

La filière reste attractive mais nous nous confrontons à une limite, celle des carrières courtes (élevage sans visibilité sur l'avenir...). L'Anicap travaille sur ce point en Rhône-Alpes pour tenter de limiter la casse.

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La filière se confronte également à une autre limite de taille : le devenir des chevreaux...

Pierre-Jo Aufranc : C'est une problématique qui se gère plutôt bien depuis 1 an ou 2 car nous avons trouvé des solutions pour limiter le nombre de chevreaux, notamment avec la lactation longue (plusieurs années sans tarissement, donc moins de chevreaux et du lait toute l'année). Une solution technique qui doit être choisie et non subie. De plus en plus d'élevages optent pour cette technique.

Depuis quelques années, la Région Auvergne-Rhône-Alpes travaille sur la valorisation et la consommation du chevreau au sein de la restauration et cela commence à porter ses fruits. Reste tout de même un point faible, l'abattoir LDC en Saône-et-Loire a fermé ses portes, ce qui nous a obligés à nous réorganiser sur l'acheminement des chevreaux dans les abattoirs. On peut par ailleurs se satisfaire de la reprise de l’activité engraissement par l'entreprise Loeul et Piriot dans l'ouest. Seuls deux abattoirs en France procèdent désormais à l'abattage des chevreaux : Ribot dans le Vaucluse et Loeul et Piriot ; c'est une inquiétude pour nous.

Comment expliquer cette problématique des chevreaux ?

Pierre-Jo Aufranc : Nous avons perdu l'habitude de consommer cette viande en France. Interbev et la Région travaillent sur ce point pour que la viande de chevreau soit valorisée du point de vue économique,

Y a-t-il encore un potentiel de progression de la production caprine ?

Pierre-Jo Aufranc : Les élevages de notre région sont de plus en plus spécialisés avec une rentabilité économique conséquente. Nous avons de surcroît un bon potentiel de développement dans notre Région. La chèvre est très bien adaptée aux zones difficiles des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur et nous pouvons compter sur des entreprises de collecte motivées. Notre filière est dynamique et recherche encore des producteurs sur la région.

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