Alors que la consommation bio repart à la hausse en 2025, les filières bovine, veau et ovine bio enregistrent une quatrième année consécutive de repli de leur potentiel de production. Selon l'Observatoire des Viandes Bio d'INTERBEV, le défi n'est plus de vendre mais de produire.

L'Observatoire des Viandes Bio 2025, dévoilé par INTERBEV, dresse un état des lieux sans complaisance des filières bovine, veau et ovine biologiques. La demande reprend mais l'offre reste toujours trop importante.

Un marché du bio qui repart, une production de viande qui s'érode

Après la crise de consommation de 2021-2023, le marché du bio retrouve des couleurs. Toutes filières confondues, la consommation bio progresse de 3,6 % en valeur et 2 % en volume, portée par la restauration collective (+6,9 %) et les magasins spécialisés (+8,5 %). Toutefois, derrière cette embellie, le potentiel productif continue de se déliter. 

La SAU bio recule de 1,1 % au niveau national et, pour la première fois, le nombre d'exploitations bio diminue (-1,3 %).

Quatre années de baisse des abattages de viande bio

Pour la quatrième année consécutive, les abattages reculent : 27 541 tonnes équivalent carcasse en 2025, contre 29 294 en 2024, soit -6 %. La faute à des cheptels et des fermes bio en repli, en raison du manque de visibilité sur les débouchés, mais aussi la réaffectation d'animaux vers le conventionnel, où les cotations sont plus attractives. La filière bovine bio compte désormais 9 943 fermes (contre 10 688 en 2024) soit -6 % pour les élevages de vaches allaitantes et près de -8 % pour les bovins lait. Les cheptels fondent respectivement de 5,6 % et 5,9 %.

La filière veau est la plus éprouvée avec une perte de 27 % des abattages, pénalisée par les départs en retraite, les déconversions, la dermatose nodulaire contagieuse et le règlement européen qui exige des investissements. 

L'agneau bio présente le seul tableau mitigé avec des abattages en hausse de 4,3 %, mais, là encore, des cheptels de brebis viande en baisse de 7,1 % menaçant le future de la production.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

agriculture biologique
Suivi
Suivre
viande bovine
Suivi
Suivre

À lire aussi : Shamonda Europe : le virus détecté pour la première fois chez l’être humain, sur un patient en France

Des débouchés en pleine recomposition 

Côté commercialisation, la restauration hors domicile s'impose comme le seul segment vraiment dynamique (+1,6 %), dopée par l'obligation d'au moins 20 % de bio dans les menus collectifs. À elle seule, elle pèse désormais 19 % des débouchés. La grande distribution reste le premier circuit (44 % des ventes) mais continue de déréférencer depuis 2021. Boucherie artisanale (-12 %) et vente directe (-8 %) décrochent.

Cap sur 2030 : retrouver les volumes de 2019

La filière a fixé un objectif collectif à cinq ans, celui de retrouver les volumes de 2019. Une plateforme stratégique s'appuie sur six leviers, dont la contractualisation (devenue obligatoire avec la loi EGAlim 2) pour offrir aux éleveurs des débouchés visibles et une juste rémunération. La campagne « C'est bio la viande ! » a mobilisé 301 hypermarchés en 2025 pour reconquérir le consommateur.

Interbev - Observatoire des viandes bio 2025

 

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires