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Le blé précoce associé a de l'avenir

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Derrière un maïs ensilage, la fertilité du sol n'étant en général pas limitante, il est possible d'implanter en direct et précocement un blé, si possible accompagné de crucifères notamment. Crédits : © F. Thomas

Dans certaines circonstances, un blé peut être semé beaucoup plus tôt que d'habitude, et la meilleure façon de le faire est de l'accompagner avec d'autres espèces. Certaines intercultures sont plus propices que d'autres pour expérimenter la technique. 

Les objectifs avec le semis précoce de blé sont au nombre de trois : le premier est de permettre à la culture d’avoir un développement végétatif et surtout racinaire maximal avant l’hiver pour valoriser la réserve utile au printemps et limiter ainsi un des effets du réchauffement climatique. Le deuxième est d’occuper l’espace avant les adventices, notamment les graminées. Le troisième est d’absorber une partie de la fertilité résiduelle à l’automne afin de subvenir aux besoins précoces de la culture, tout en faisant des économies de fertilisation. 

La difficulté pour atteindre ces objectifs est de semer précocement donc souvent peu dense, d’où l’intérêt évident des plantes compagnes qui vont venir remplir cet espace libre pour éviter qu’il soit occupé par les vulpins et les ray-grass. Le rôle de cette plante compagne pourrait aussi être comme avec le colza, de limiter l’impact des insectes à l’automne, ce qui est très souvent un facteur limitant du rendement.

L’interculture maïs ensilage-blé : une opportunité pour expérimenter le blé précoce associé

Certains enchaînements culturaux fournissent des intercultures trop courtes pour envisager l’implantation d’un couvert végétal de manière rentable en alignant le semis, les semences et la destruction face à une biomasse réduite. Cependant, durant ce laps de temps où le sol n’est pas protégé et où il n’y a pas de racines vivantes ni production de biomasse, la structure peut se dégrader. À ce niveau, on peut trouver les enchaînements tournesol-blé, pomme de terre-blé mais aussi et surtout maïs ensilage-blé. 

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En complément, et outre l’interculture nue même si elle est de courte durée, la majorité de ces cultures laisse également peu de résidus au sol mais souvent un niveau de reliquats élevé, notamment pour la pomme de terre et tout particulièrement pour le maïs ensilage qui reçoit logiquement du fumier au printemps. Nous avons donc ici des opportunités pour tester les implantations de blé précoce et de faire de ces intercultures compliquées, une source de progrès agronomiques, associés à des économies d’azote et bénéfices environnementaux.

Fertilité non limitante après maïs ensilage

Si le blé de maïs grain peut être limité par un léger manque d’azote au départ, mobilisé par la décomposition des résidus, les blés de maïs ensilage rencontrent rarement ce souci (photo). Il s’agit donc de l’interculture idéale pour tester cette opportunité puisque la fertilité ne sera pas limitante, qu’il est important de remettre rapidement beaucoup de racines pour reconstituer la structure après la récolte et avant l’hiver mais aussi de produire et laisser sur place de l’alimentation pour l’ensemble de l’activité biologique qui est face à une véritable disette. 

En complément, c’est certainement le meilleur moyen de capter une partie de la minéralisation de l’automne, inévitable, et qui risque d’échapper, et de la transférer au printemps en une économie d’engrais notable. Dans ce cas de figure, ce n’est pas certain que les légumineuses soient les meilleures candidates comme plantes compagnes. Pourquoi ne pas en envisager des crucifères à petites graines comme la caméline, des graminées estivales comme du moha, du sarrasin et même du lin en pur ou en mélange, tout en pariant sur une destruction progressive par le gel comme avec le colza associé ?

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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