Lait : le Sud-Ouest s’organise pour défendre ses capacités

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Réunie dans le cadre de Cilaisud, interprofession laitière du Sud-Ouest, la filière cherche des solutions régionales et interrégionales pour produire la totalité des références du bassin.

Bien que le bassin laitier Sud-Ouest, qui couvre l’Aquitaine, Midi-Pyrénées et une grande partie de Languedoc-Roussillon, ne produise pas plus qu’un département breton, la filière n’en reste pas moins très importante pour la région, en termes économiques, mais aussi pour son rôle dans l’aménagement du territoire. 11 100 producteurs de lait de vache et brebis, 7 500 points de collecte (228 000 l de référence moyenne par point de collecte), 1 054 producteurs de lait de chèvre, 36 entreprises faisant travailler 5 807 employés et réalisant un CA de 1 618 millions d’euros (2006)… l'activité n’est pas négligeable. Mais, la collecte affiche un recul de 12 % en 2007-2008 par rapport à sa référence administrative. « Cette situation oblige les entreprises à chercher 10 à 12 % du lait dont elles ont besoin en dehors du bassin, explique Jean-Louis Lousteau, président du groupe 3A. C’est pourquoi toute la profession se mobilise pour faire produire ces références dans le Sud-Ouest et approvisionner les outils de transformation. L’administration départementale n’étant plus adaptée pour redistribuer les quotas, Cilaisud a demandé la création d’une cellule régionale qui chapeaute les départements, afin de pouvoir donner les références disponibles aux producteurs qui en ont besoin et qui peuvent les réaliser. »

Le problème de la redistribution des références n’est pas nouveau dans le Sud-Ouest, mais la question des « barrières départementales » n’avait jamais pu être dépassée. La perspective de la suppression des quotas à l’horizon 2015 motive la filière pour trouver enfin des solutions. « Cette année, les départements nous ont cédé une partie de leurs réserves,confirme Dominique Pelissié, DRAF de Midi-Pyrénées. Nous avons 27 Ml de réserve régionale à gérer en Midi-Pyrénées, qui seront redistribués aux jeunes agriculteurs. » En Aquitaine, ce sont plus de 20 Ml de quotas qui seront redistribués régionalement.

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Transferts « de quotas sans terre »

Ainsi, les choses bougent au niveau des régions, mais elles avancent aussi à l’échelle du bassin. « Des accords ont été trouvés, notamment pour les transferts spécifiques des quotas sans terre, visant à favoriser un travail interrégional », indique Pierre At, président de la FRPL de Midi-Pyrénées.

Un paramètre qui semble d’autant plus important aujourd’hui, pour les usines de transformation, que le coût des transports (collecte du lait et livraison de produits finis) a beaucoup augmenté. « L’avantage du Sud-Ouest est d’être à la fois une zone de production, avec la présence de grandes marques nationales et régionales, et une zone de consommation avec une population qui augmente plus rapidement que dans les autres régions, souligne Alain Chauvin, de l’entreprise Fromarsac (Bongrain). Mais il faudrait que les producteurs se regroupent davantage, afin de dépasser le cap de 280 000 l par exploitation. » Des accords de collecte ont d’ores et déjà été passés entre les entreprises, afin que le même camion collecte tous les producteurs d’un même secteur géographique et livre l’usine la plus proche.

Enfin, tous les acteurs s’accordent à dire qu’il faut absolument valoriser la profession d’éleveur laitier, dans l’enseignement agricole et au sein des familles d’éleveurs, afin de donner envie aux jeunes de s’installer, mais qu’il faut aussi leur donner des perspectives d’avenir. Accords de contractualisation avec les entreprises et film sur le métier sont en projet.

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