Le CIV mène une opération vérité sur la viande chevaline, victime d'attaques venant d'associations. Son message : le produit est sûr et l'animal bien traité.
Face aux récentes attaques d’associations à l’encontre de la filière équine, le Centre d’information des viandes (CIV) a organisé une conférence le 17 septembre à Paris. Le professeur Vincent Carlier (Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort) s’est montré rassurant sur les garanties sanitaires liées à la viande de cheval,
« pas plus risquée qu’une autre ». Si la trichine est parfois détectée, elle est systématiquement écartée de la chaîne alimentaire. La plupart des cas sont importés, d’Europe de l’Est, du Canada, du Mexique. Mais, le parasite existe en France, avec comme réservoir sauvage le renard. Une contamination d’animaux domestiques est parfois observée. Reste à savoir comment la transmission intervient chez le cheval, celui-ci n’étant pas carnivore. Vincent Carlier a dénoncé le manque de clarté au sein de la filière, en évoquant une série d’épidémies de trichinellose entre 1975 et 1998. Il a toutefois salué la récente mise en place de l’identification électronique des chevaux, pour laquelle le secteur fait figure de pionnier.
Concernant le risque chimique, le cheval s’apparente à la coquille Saint-Jacques : le cadmium s’accumule dans ses organes. Une saisie du foie, des reins, est donc pratiquée sur les animaux de plus de 24 mois. Sur le plan microbien, la présence de salmonelle est commune aux autres espèces. Le cheval peut aussi être porteur de Yersinia enterocolitica.
« D’un point de vue sanitaire, la viande chevaline présente un risque très réduit, si sa provenance est connue, si l’animal est bien traité, si les inspections ante et post mortem sont bien menées », a estimé le professeur.
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Des progrès restent possibles dans le traitement de l’animal. Toutefois, le président de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir Jean-Pierre Kieffer a reconnu l’existence d’une abondante réglementation, complétée par des guides de bonnes pratiques, qui
« rendent les choses acceptables ». « On dénonce, tout comme les professionnels, certaines conditions de transport, notamment pour des chevaux en provenance d’Europe de l’Est », a-t-il nuancé. L’OABA est surtout préoccupée par la situation dans les abattoirs. Peu d’établissements en France sont spécialement équipés.
« Les boxes, les couloirs menant au poste d’abattage, les matériels de contention sont peu adaptés aux chevaux », a signalé Jean-Pierre Kieffer.
Mais, le sociologue Jean-Pierre Poulain a mis en garde contre la montée de l’anthropomorphisme dans nos sociétés urbanisées.
« L’anthropomorphisation est probablement un des enjeux futurs du monde agricole », a-t-il déclaré. Devenu bête de loisir, le cheval est source de tension chez l’homme, dans sa relation avec l’animal. Le président d’Interbev Equins Michel Beaubois s’est lui efforcé de calmer le jeu.
« Notre objectif n’est pas que tout le monde mange du cheval, a-t-il déclaré.
C’est que le consommateur bénéficie de garanties sanitaires, que l’éleveur produise dans des conditions respectueuses, que le propriétaire choisisse la fin de vie de son animal. Sachons vivre ensemble ! ».