La fétuque des prés appartient au même genre botanique que la fétuque élevée mais ces deux espèces ont des comportements très différents. La fétuque des prés a une morphologie plus proche de celle d´un ray-grass d´Italie que de celle d´une fétuque élevée. Ses feuilles sont d´un vert très soutenu avec une face inférieure carénée et luisante. Souvent présente naturellement dans la prairies naturelles qui bordent un cours d´eau, elle résiste très bien à l´inondation même prolongée et persiste dans des zones marécageuses. Elle se distingue aussi par sa résistance au froid. « Malgré des dégats que le froid peut causer à son feuillage, la fétuque des prés repart, même après un hiver rigoureux. » explique le Gnis. « La fétuque des prés réussit bien soit dans des zones suffisamment arrosées et à hiver rude car elle résiste au froid, soit dans des zones océaniques à été humide. » Pour la résistance au sec, elle ne fait pas mieux qu´un ray-grass anglais et moins bien qu´une fétuque élevée. Ces dernières années ne lui ont en général de ce point de vue pas été très favorables. Toutefois cette espèce assez peu connue ne manque pas d´atout.
La fétuque des prés a en particulier une valeur alimentaire meilleure que celle d´un dactyle ou d´une fétuque élevée, et tout à fait comparable à celle d´un ray-grass anglais ou d´un ray-grass d´Italie (voir tableau). Elle est très bien consommée par les animaux jusqu´au début de l´épiaison et ne remonte pratiquement pas en cours de saison : elle ne fait des épis qu´une fois dans l´année. Si l´on fait pâturer les animaux entre les stades début montaison et épiaison, ou si l´on fauche au stade épiaison, les repousses suivantes seront uniquement feuillues. Si on fait pâturer avant le stade début montaison (déprimage), l´épiaison aura lieu sur la repousse suivante. Cette espèce avait la réputation de n´être pas très fiable en terme de rendement mais des progrès génétiques sensibles ont été obtenus. « Preval, inscrite en 1999 et qui représente aujourd´hui 50 % du marché de la fétuque des prés, a apporté un grand progrès sur la résistance au sec. Elle a donné 23 % de rendement en été de plus que le témoin dans les essais du CTPS et 10 % de plus sur l´ensemble de l´année », explique Michel Bazille, chef de région ouest chez Semences Vertes.
« Préval se distingue aussi par un excellent niveau de résistance aux rouilles et au xanthomonas, gage d´appétence et de pérennité, » poursuit-il. « C´est une variété bien adaptée à la conduite en association. Elle résiste bien à la concurrence avec du trèfle blanc et du ray-grass anglais tardif. » Sept autres variétés figurent cette année au catalogue français (Libon, 2005, chez Deutsche Saatveredelung AG ; Pasja, 2004, chez RAGT 2n ; Premil, 2000, à la sation de Changins en Suisse ; Jamaica, 1996, Force Limagrain ; Bartura, 1992, chez Barenbrug ; Bundy, 1974, chez Advanta ; Stella, 1990, Cebeco). La pérennité de la fétuque des prés est en moyenne de quatre à six ans et cette espèce est bien adaptée à des rythmes d´exploitation assez lents (elle tend à perdre du terrain en cas de pâturage intensif). Elle se maintient mieux avec une disponibilité en azote moyenne.
Un sol bien tassé pour une bonne implantation
L´implantation doit se faire dans un sol bien préparé. « Au semis, pour empêcher que la couche superficielle où seront placées les graines à un à deux centimètres de profondeur ne se déssèche trop vite, on doit tasser le sol énergiquement. Si le sol est lourd, argileux, et que l´on craint le tassement, il vaut mieux mettre les graines à un niveau où la terre reste fraîche sans dépasser deux à trois centimètres de profondeur » explique le Gnis.
Source : tables Inra de 1988.
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