Installation et agroécologie : « Il manque a minima 100 millions d’euros par an » pour relever le défi, selon SOL et le Réseau Action Climat

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Dans leur rapport, Sol et Réseau Action Climat recommandent d’élargir les critères d’accès aux aides à l’installation au-delà de 40 ans, hors cadre familial, ou en collectif. Crédits : © Gabriel Omnès

Face au défi démographique et écologique de l'agriculture française, l'association SOL et le Réseau Action Climat proposent, dans un rapport intitulé « Qui nous nourrira en 2035 ? Le secteur agricole face au défi démographique et écologique » un plan pour le renouvellement des générations agricoles pour 2035.

« Derrière chaque ferme, un projet de vie, mais aussi un projet de société. Permettre à la nouvelle génération de répondre aux enjeux actuels avec des moyens dignes pour le faire, doit faire partie d’un programme présidentiel s’il se veut ambitieux. C’est à cette condition que davantage de paysans et paysannes pourront redessiner nos territoires, en alliant souveraineté alimentaire, transition agroécologique et viabilité pour tous », estime Salomé Le Bourligu, responsable plaidoyer Renouvellement des générations agricoles, SOL. Dans leur rapport « Qui nous nourrira en 2035 ? Le secteur agricole face au défi démographique et écologique », l’association SOL et le Réseau Action Climat font un état des lieux des freins au renouvellement agricole et proposent, dans un « Plan pour le renouvellement des générations agricoles pour 2035 », des leviers pour rendre les métiers plus attractifs et résoudre la crise démographique agricole.

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Augmenter les moyens et renforcer l’ambition du futur France Services Agriculture

Les auteurs estiment qu’il faut augmenter les financements et renforcer l’ambition de France Services Agriculture (FSA), qui ouvrira le 1er janvier 2027, pour que la structure accompagne à la fois l’installation de nouveaux agriculteurs, la transmission intrafamiliale et qu’elle intègre les nouveaux profils. « Sans cela, l’objectif de 500 000 nouveaux agriculteurs ou agricultrices ne sera jamais atteint » s’inquiètent-ils. 

Outre le volet démographique, « le système agricole est à bout de souffle sur ses impacts environnementaux », estiment les deux organisations, pour qui l’intégration des sujets de transition écologique et des enjeux démographiques « n'apparaît toujours pas, ni dans le débat public, ni dans les arbitrages du législateur ». 

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Elargir les critères d’accès aux aides d’installation

Toujours selon eux, « au vu de l’enjeu démographique, la transmission familiale ne suffira pas ». Et de rappeler que les installations hors-cadre familial représentaient 37 % des installations en 2020. Ils estiment nécessaire d’adapter les critères et modalités de soutien, pour sécuriser l’installation des futurs agriculteurs, en élargissant, par exemple, « les critères d’accès aux aides à l’installation, au-delà de 40 ans, hors cadre familial, ou en collectif »,  et en « reconnaissant les dispositifs d’accompagnement (tutorat, test d’activité) comme de véritables outils du parcours national, ce qui n’est pas le cas avec France Services Agriculture ».

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Un meilleur accompagnement financier est nécessaire pour toute installation-transmission

L’accompagnement de la transmission et de l’installation nécessite un meilleur accompagnement financier, estiment par ailleurs les auteurs du rapport. Ils rappellent qu’actuellement, le programme d'accompagnement à l'installation-transmission agricole (AITA) consacre en moyenne « seulement 1 720 € par installation ». « À titre de comparaison, 7 500 € sont financés pour une réorientation professionnelle tous secteurs confondus. On est donc loin du compte pour réussir les objectifs à 2035 ». Renforcer le financement est donc indispensable, selon les auteurs qui expliquent que la coalition Installons des Paysans estime qu’il faudra « a minima 100 millions d’euros par an supplémentaires pour répondre à l’ensemble des besoins et augmenter le nombre d’installations ».

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Miser sur le salariat agricole

Autre frein souligné dans le rapport : « le salariat agricole est également un champ sous exploité par les politiques publiques ». Les auteurs expliquent que selon France Stratégie, la qualité de l’emploi agricole est plus dégradée que pour la moyenne des métiers en France, avec des risques et contraintes physiques plus forts, aggravés par l’intensification des stress climatiques. Les conditions précaires, avec près de 60 % des contrats en CDD, saisonniers compris, et un taux horaire moyen à 14 € contre 20 € dans l’industrie, rendent l'équation encore plus complexe. Les auteurs du rapport  affirment donc qu’il faut ouvrir une concertation nationale sur le salariat agricole et les enjeux de transition d'ici 2030.

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18 propositions concrètes pour encourager l'installation et la transition agroécologique

Dans leur plan, Sol et Réseau Action Climat concluent en listant 18 propositions politiques concrètes, pour encourager le renouvellement des générations et la transition agroécologique. Parmi elles : 

  • intégrer systématiquement, dans les modules de formation dans l’enseignement agricole, l’apprentissage des pratiques en agroécologie et agriculture biologique, en les rendant obligatoires ; 
  • inclure un volet social avec les dimensions d’organisation du travail, de résilience et d’autonomie du projet face aux importations et exportations, à leurs besoins en actifs et face aux aléas climatiques dans le plan d’entreprise nécessaire à la demande de la DJA (dotation jeunes agriculteurs)
  • Conditionner les aides à l’investissement à des pratiques agroécologiques
  • Prévoir des bonifications des crédits des comptes professionnels de formation lors du choix de formations en faveur de l’agriculture biologique.

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