En Deux-Sèvres et en Vienne, la coopérative aspire à la constitution d’un pôle agroalimentaire régional.
Les 907 adhérents de la Caveb, groupement d’éleveurs de bovins et d’ovins originaires des Deux-Sèvres et de la Vienne, ont tenu leur AG, il y a une quinzaine de jours à Châtillon-sur-Thouet (79). La Coopérative Agricole d’Éleveurs de Viande s’inquiète de l’avenir du bœuf dans sa région, notamment en matière d’abattage, activité qu’elle souhaite voir maintenir en Charente-Sud. Pour son Président Abel Lumineau, «
il s’agit de pérenniser une saine concurrence sur ce secteur, en utilisant un outil performant pouvant être créé à Ruffec. » Ruffec, dont il est actuellement souvent question, avec le départ vers le futur pôle porcin d’Angoulême de sa filière porc et le projet d’un possible abattoir bovins (LM du 5 mai).
Face aux querelles de clocher qu’il provoque sur le plan intercommunal, des investisseurs privés se font connaître, avec le soutien des professionnels et organismes, Caveb en tête. «
Nous interviendrons pour soutenir les entreprises », affirme son dirigeant qui espère comme beaucoup d’acteurs du monde bovin local une structure rassemblant sur un même site des utilisateurs dans une sorte de pôle agroalimentaire. Objectif annoncé, 6 500 à 7 000 t par an, venues de l’ensemble de la filière bœuf.
Pour Abel Lumineau et ses troupes, le temps des vaches maigres lié à l’ESB est passé, avec un retour à la normale révélé par le bilan positif de l’année 2003. Il reste cependant lucide sur les problèmes du présent comme du futur, de la taxe d’équarrissage pénalisante pour tous, et de la tendance à la baisse en matière d’éleveurs-engraisseurs en jeunes bovins mâles, constatée sur son territoire. «
Il y a une délocalisation d’activité vers les pays où se trouvent les marchés », précise t-il. «
Comme l’Italie ou l’Espagne, et cette diminution d’activité engendre pour la Caveb des augmentations de frais principalement en transport. »
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Reste l’autre volet de la coopérative, consacré aux ovins, (286 éleveurs) qui évolue de plus en plus vers la démarche qualitative.
Ainsi, la Caveb associée à Sovileg, autre groupement de professionnels, propose des contrats de production d’agneaux de qualité pouvant être mis en vente à la fin de l’année. But, échelonner les sorties en évitant la période creuse des derniers mois, et garantir un produit générant des plus-values tout en répondant à une demande des consommateurs.
La mise en place en 2003 de Filcert (Filière Certifiée) a concerné 1 418 agneaux ce qui est un résultat très moyen, mais a rapporté aux intéressés entre 0,68 et 1,05 € de plus au kg. Les éleveurs pourront mieux faire, à condition de changer leurs habitudes : assurer des mises bas entre le 15 juin et le 12 septembre bouleverse le planning. Mais si le jeu en vaut la chandelle…