Décontracté et souriant, Nicolas Forissier se prête volontiers à la pratique du «
terrain», de mise dans le gouvernement Raffarin 3. Lundi dernier, le nouveau secrétaire d’état à l’Agriculture, l’Alimentation, la Pêche et aux Affaires sociales a enfilé blouse blanche et surchaussures pour aller visiter la laiterie Pré-Forêt et la fromagerie Rouzaire en Seine-et-Marne.
Accueilli par Eric Bourges, directeur de la laiterie spécialisée dans les bries de Meaux et de Melun, Nicolas Forissier explique sa démarche : «
le Premier ministre a annoncé il y a quelques mois, la volonté de mettre en place un plan national de l’agroalimentaire (ndlr : à l’occasion de l’assemblée générale de la CFCA). Cela fait partie des missions qui m’incombent. Je souhaite le construire comme un vrai partenariat entre les entreprises, les filières professionnelles et les administrations, notamment régionales ». Pour accomplir cette tâche, l’ex-président du CFCE, entend se déplacer sur le terrain au rythme d’une ou deux visites par semaines afin d’établir un diagnostic des IAA, d’ici l’automne.
Le choix d’une PME, pour commencer le tour de piste, est volontaire. «
L’agroalimentaire en France, c’est d’abord une myriade de petites PME qui maillent le territoire. L’industrie agroalimentaire française est le 2e exportateur mondial. C’est une belle réussite, mais il faut faire mieux», estime-t-il.
5 pistes de réflexion
Le plan national de l’agroalimentaire, initialement promis à l’horizon 2007-2010, n’est pour l’instant qu’un projet, tient à souligner Nicolas Forissier qui devrait prochainement mettre en place un comité de pilotage. Il suggère toutefois d’ores et déjà cinq pistes de réflexion : «
le financement des fonds propres des entreprises, la recherche et l’innovation, l’exportation, l’attractivité des métiers et l’adéquation emploi/formations, la simplification et la lisibilité des règlements ».
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Le plan devra en outre s’articuler avec la loi de modernisation agricole prévue pour le 1er trimestre 2005. Sur l’exportation, l’ex-président du Centre français du commerce extérieur, estime que les outils existants pourraient être mieux utilisés par les entreprises et indique qu’une de ses tâches consistera à faire évoluer Ubi-France et la Sopexa.
«
Je pense qu’un gros travail peut-être conduit pour mieux accompagner les industries agroalimentaires à l’international », déclare-t-il.
Et de citer en exemple, la cave d’affinage Rouzaire (CA de 6 Me) qui exporte aujourd’hui près de 15 % de sa production au grand export dont 8 % aux USA. «
Nos produits ont doublé de prix vers les États-Unis en l’espace d’un an et demi», se félicite Eric Bourges, directeur de la laiterie qui transforme 7,5 Ml de lait par an (à 90 % cru et seulement 10 % pasteurisé). En juin dernier, des représentants de la food and drug administration (FDA) sont venus visiter les sites et en sont repartis «
enchantés», selon le directeur. La laiterie et la cave d’affinage ont obtenu dans la foulée le fameux agrément exigé par la loi sur le bioterrorisme.
Une aubaine pour la PME qui doit faire face aujourd’hui à de nombreuses difficultés (notamment le coût du traitement du lactosérum).