Le principal syndicat agricole entend profiter du salon pour mener une réflexion sur l’avenir.
Jean-Michel Lemétayer n’a pu y échapper. Hier, lors de la conférence de presse organisée par la FNSEA pour présenter les différentes facettes de sa présence au salon de l’agriculture, les questions ont vite porté sur l’actualité judiciaire récente, et notamment la mise en cause d’anciens dirigeants agricoles dans l’affaire Unigrains.
Si l’actuel président de la FNSEA a refusé de se prononcer sur l’instruction en cours, il a cependant reconnu que cette affaire «
posait la question de l’évolution de notre syndicalisme », une question sur laquelle le syndicat entend se pencher lors de son prochain Congrès, les 30, 31 mars et 1er avril au grand Bornand (Haute-Savoie). «
Je souhaite qu’on y élude aucune question, a déclaré Jean-Michel Lemétayer, qui a notamment cité sa volonté de « clarifier les relations (du syndicalisme) avec les politiques. Le gouvernement a ses responsabilités, le syndicalisme a les siennes,a-t-il appuyé.
J’ai l’intention de défendre un syndicalisme majoritaire, mais aussi modeste et moderne», a-t-il également lancé. « Quel syndicalisme demain ?», tel sera le thème du rapport d’orientation de ce Congrès.
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Le syndicat aura l’occasion d’entamer cette réflexion dès le prochain salon de l’agriculture au cours duquel il va rassembler le 1er mars prochain, 5 000 délégués au Palais des Sports. «
Notre ambition est de redonner à cette occasion des pistes d’avenir au monde agricole,a indiqué Jean-Michel Lemétayer et de donner la parole aux autres acteurs de la société. Des représentants du monde de l’entreprise, de la politique et de l’environnement notamment interviendront lors de ce rassemblement. La présence du Chef de l’Etat, un moment évoquée, n’a en revanche pas été confirmée.
Le président de la République inaugurera cependant bien le salon, comme à son habitude, mais cette fois-ci le samedi 28 février.
L’amende, toujours difficile à avaler
Les dirigeants du syndicat agricole espèrent cependant qu’on leur parlera aussi d’autre chose lors du salon de l’Agriculture «
que de savoir si la FNSEA a pu commettre des irrégularités dans le passé». «
Le salon de l’agriculture est une occasion privilégiée d’aller à la rencontre de nos concitoyens», a insisté M. Lemétayer, qui a cité parmi les temps forts de la FNSEA au SIA 2004 sa présence sur le pôle Emploi, une initiative aux côtés du Guide Champerard pour défendre la bonne cuisine ou encore ses efforts pour faire découvrir le monde agricole aux enfants.
Le SIA sera une bonne occasion pour le syndicat d’oublier un temps l’autre versant de ses démêlés judiciaires, l’amende de 12 M d’euros qu’il doit verser pour avoir mis en place une grille de prix de la viande bovine lors de la crise de l’ESB. «
Cette épée est toujours au-dessus de nos têtes », a reconnu M. Lemétayer, l’amende étant en principe redevable avant l’été. Le syndicat a obtenu un prêt de 3,2 millions d’euros qu’il a versé comme caution.