Le mardi 8 octobre avait lieu au Sénat un débat sur la crise agricole, à la demande du groupe Les Républicains. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est expliquée sur la gestion de la FCO de sérotype 8 qui sévit actuellement en France.
« La logique est de dire virus émergent : l’État prend en charge ; virusendémique : le relai est pris par les éleveurs. » Le 8 octobre, lors d’un débat au Sénat sur la crise agricole à la demande du groupe Les Républicains, la ministre de l’Agriculture a expliqué la gestion par l’État de la fièvre catarrhale ovine (FCO). Sur la question de la vaccination, la nouvelle ministre a expliqué que la FCOdesérotype 3 est une maladie vectorielle « émergente », et que c’est justement ce caractère qui justifie la prise en charge totale de la vaccination par l’État.
"La FCO 8 est une maladie vectorielle endémique"
De son côté, la FCO de sérotype 8 est une maladie vectorielle « endémique » qui « existait préalablement », a précisé Annie Genevard. Et dans ce cas de figure, la « logique» est que la vaccination pour la FCO 8 soit prise en charge par les éleveurs. La ministre de l’Agriculture a tout de même admis « une petite ambiguïté », lié au fait que le virus de la maladie de FCO 8 qui sévitactuellement est mutant.
Sur la FCO 8, « on ne peut pas parler d’abandon », soutient Annie Genevard
Au Sénat, Annie Genevard a soutenu « qu’on ne peut pas parler d’abandon » des élevages touchés par la FCO 8. La ministre indique vouloir mettre en place un comité de suivi des besoins, qui servira dans le cas de la FCO 8 à évaluer l’aide nécessaire pour l’indemnisation des cheptels. Aussi, elle a rappelé l’ouverture de la FMSE (fonds professionnel) « jusqu’à la fin de l’année ».
Une discussion engagée pour une aide d’urgence aux éleveurs ovins
Annie Genevard a aussi évoqué une discussion avec le Premier ministre Michel Barnier sur une possible aide d’urgence pour le secteur ovin. « Il y a une telle décapitalisation qu’il n’y a plus de revenus » pour la filière « qui vit une situation cataclysmique », a reconnu la ministre. Enfin, Mme Genevard a affirmé son souhait de reprendre l’idée d’une banque d’antigènes, issue de son prédécesseurMarc Fesneau, « pour travailler des vaccins qui soient multicibles ».
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Le vaccin contre la FCO 8, une question européenne
Sur l’absencede vaccins contre la FCO 8, virus qui se combine parfois avec la FCO 3, Annie Genevard a indiqué que le seul laboratoire français « susceptible de les fournir ne pourra pas le faire avant le mois de juin 2025 ».
La ministre de l’Agriculture s’est aussi entretenue la veille, le 7 octobre, avec son homologue espagnol au sujet de ces vaccins. Ce dernier lui a expliqué que les laboratoires espagnols n’ont pas de quoi fournir l’ensemble des élevages touchés en Espagne.
C’est pourquoi, pour Annie Genevard, « il faut aborder cette question au niveau européen ». « Le ministre espagnol s’est montré ouvert pour que nous présentions conjointement une résolution à la prochaine réunion des ministres de l’Agriculture, pour que cette question [des vaccins contre la FCO -8, ndlr] arrive à l’ordre du jour», a déclaré la ministre.
Une nécessité d’améliorer l’anticipation et la prévention des maladies vectorielles
Les discussions européennes permettront aussi d’améliorer l’anticipation et la prévention des élevages face à la FCO, selon Annie Genevard. La ministre s’est dite « préoccupée » de l’évolution rapide de ces maladies vectorielles, qui demandent toujours de nouveaux vaccins. « À côté de l’urgence » de ces crises, il est donc nécessaire de se pencher « sur le plan stratégique de l’anticipation et de la prévention », a prévenu la ministre de l’Agriculture. Sinon la France est condamnée « à courir après une nouvelle maladie vectorielle», et « les budgets nationaux n’y suffiront pas », a insisté Annie Genevard.