En déplacement le 19 juillet à Téhéran pour des pourparlers sur la Syrie et l’Ukraine avec les dirigeants turc et iranien, le chef du Kremlin a déclaré que les discussions au sujet des exportations par voie maritime de céréales ukrainiennes avaient progressé grâce à la médiation de la Turquie. Toutefois, les propos de Vladimir Poutine sont à prendre avec précaution car il lie ces avancées à la levée des restrictions occidentales sur les céréales russes. Interrogé sur France 2 ce mercredi matin dans Télématin, Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture a qualifié les déclarations de Vladimir Poutine de « chantage ». Il a affirmé : « Si on a aujourd’hui un problème de céréales, c’est qu’on ne peut pas les sortir du port d’Odessa, c’est la volonté de Poutine. Il ne faut pas inverser les rôles et les responsabilités. La responsabilité de Vladimir Poutine, c’est de laisser circuler les céréales parce que ça a des conséquences sur les prix et sur les pays limitrophes, y compris les pays méditerranéens ». Il a conclu : « Ne faisons pas par pitié des céréales et de l’alimentation un objet de chantage parce qu’on entre là dans une logique délétère ».
Vladimir Poutine a par ailleurs assuré que Gazprom allait remplir pleinement ses obligations de livraison de gaz vers l’Europe. Ces dernières semaines, le géant russe avait réduit les approvisionnements via Nord Stream arguant le retard de livraison d’une turbine, s’attirant l’ire de l’Allemagne. Puis il avait annoncé procéder à des travaux de maintenance sur le gazoduc débutés le 11 juillet. Ces derniers devraient s’achever demain. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les deux grands producteurs d’engrais que sont Yara et BASF ne cessent de dire leur inquiétude quant à l’approvisionnement en gaz russe, mais aussi en ammoniac, phosphate et potassium, des matières premières nécessaires à la fabrication de leurs produits également exportés par la Russie