Des épisodes de gel sont prévus jusqu’à mercredi. Les premiers agriculteurs et viticulteurs touchés expriment leur désarroi.
« Pour un peu plus de 30 millions d'actifs la météo de ce matin sera juste un pare brise à gratter, une voiture qui démarre un peu difficilement, une écharpe sur le cou pour aller prendre son bus, des doigts un peu douloureux marqués par le frima d'un voyage en vélo ou en trottinette. Pour 410 000 paysans qui seront encore moins l'année prochaine ce thermomètre négatif qui n'a rien d'exceptionnel à cette période de l'année si ce n'est le petit été qui a duré plusieurs semaines en amont, ce petit négatif c'est la sanction qui ruine tout. Des milliers d'heures pour certains perdues, des dettes qui s'accumulent, des moyens de les combler prise dans la glace. » Pierre Delorme, qui se définit comme paysan chercheur basé à Piegut Pluviers en Dordogne, s’exprime ainsi ce matin sur les réseaux sociaux.
Le paysan installé depuis 5 ans au nord de la Dordogne sur un projet d'alimentation et d'énergie autonomes explique encore : « C'est l'angoisse qui depuis 5 nuits s'est déjà répété 3 fois et devrait encore être jouée à guichet fermé la prochaine ». Le gel a touché une partie des 1200 arbres qu'il a plantés sur sa ferme et devrait aussi impacté ses 30 ruches.
La matinée la plus compliquée sera mardi 23 avril, selon Serge Zaka
« Comme prévu, le gel est présent ce matin en France. La matinée la plus compliquée reste mardi matin : le gel s’étendra vers l’Ouest et le Sud-Ouest. Il pourrait faire fréquemment entre 0° et -2°C voire plus dans les coins les plus exposés », prévient en effet Serge Zaka agroclimatologue sur les réseaux sociaux.
Il souligne qu’il faudra être particulièrement vigilant du Massif central au Nord-Est mais également sur l’ensemble des parcelles les plus gélives. « Sur les trois jours (lundi, mardi et mercredi, ndlr) le cumul de perte pourrait atteindre les 100% sur les plus exposées. C’est-à-dire les régions les plus froides avec un développement végétal avancé », note Serge Zaka.
Bougies et fils chauffants de sortie dans le Chablis
Cette nuit le gel a notamment touché le vignoble de Chablis. Prévenus, les viticulteurs avaient anticipé en activant leurs moyens de prévention comme les bougies chez Vincent, interviewé par BFMTV, ou des fils chauffants dans le domaine Raoul Gautherin et Fils.
En fin de semaine le gel a déjà frappé dans le sud-est de la France comme l’exprime Thomas Montagne, à la tête du Domaine Château de Clapier dans le Lubéron.
Cramé. On verra dans les prochains jours si quelques bourgeons ont survécu… 🥶😓 pic.twitter.com/PB3uGnZDrK
Les arboriculteurs sur le qui-vive dans la Tarn et Garonne
Dans le Sud-Ouest, le Tarn et Garonne notamment, les arboriculteurs étaient aussi sur le qui-vive sortant leurs moyens de protection face au gel pour préserver pruniers, pommiers, abricotiers, cerisiers ou encore kiwis.