Concurrence effrénée et modification de la consommation : la production d’emmental a chuté en 2003.
Malgré un ton assez porté sur l’humour, le secrétaire général du Syndicat interprofessionnel du gruyère français n’a pas pu occulter le fait majeur de la campagne 2003 : l’essoufflement de la production d’emmental.
En recul de 5,3 % par rapport à l’année précédente pour un total de 243 000 t, il s’agit de «
la première baisse depuis des années » a déclaré M. Roche lors de l’Assemblée générale du SIGF. Sur le banc des accusés, la concurrence européenne et ses prix agressifs (Danemark, Allemagne) fait figure de suspect n° 1, accompagnée de menaces inhérentes aux modifications des habitudes de consommation, ainsi qu’aux évolutions apportées par les industriels.
À la recherche de fromages moins chers entrant dans la composition de leurs préparations, ils délaissent de plus en plus l’emmental. Si le tableau n’est pas forcément flatteur, certaines pistes restent à explorer pour renouer avec la croissance. M. Roche a ainsi souligné le fort potentiel de l’emmental français, un fromage ayant un véritable poids stratégique dans la production nationale avec 13 % de la collecte de lait.
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Pour enrayer la chute de la production, rien de tel que de déclencher des envies chez le consommateur. Et c’est précisément dans ce secteur que des efforts restent à faire, au travers d’une bonne campagne de communication, un domaine assez délaissé par le SIGF ces dernières années. Jean-François Bouchet, président du Syndicat, a même évoqué des investissements publicitaires «
ridiculement bas ».
Une image à développer
À titre d’exemple, pour l’année 2002, 12,5 Me ont été investis en communication pour l’ensemble des fromages à pâte pressée cuite, alors que dans le même temps, le budget de la Confédération helvétique consacré aux fromages à pâte dure s’élevait à 17,8 Me.
Et malgré une part de marchés de 20 % en France, l’emmental reste très peu cité par les consommateurs, qui l’utilisent pourtant régulièrement en cuisine. De quoi inciter le SIGF à mettre les bouchées doubles voire triples en matière de communication.
Du côté des professionnels, il y a également quelques raisons d’espérer, l’une d’entre elles tenant à la réglementation. «
Nous bénéficions d’un décret fromages sérieux » a estimé Michel Roche, en présence des représentants de la DGCCRF. De retour d’Australie, où se tenait une réunion du Codex Alimentarius, la délégation française aurait obtenu plusieurs garanties sur les produits transformés comportant de l’emmental. Comme quoi tout n’est pas si négatif…