Le président de la Fnsea Xavier Beulin, s'inquiétant des conséquences de l'embargo russe sur les produits agroalimentaires européens, a demandé jeudi à rencontrer « dans les meilleurs délais » le président de la République. Dans un courrier à François Hollande, Xavier Beulin indique que « les exportations annulées vont se traduire par la commercialisation de produits initialement destinés au marché russe dans les pays européens dont la France ». « Or le marché européen est déjà extrêmement tendu dans de très nombreuses productions », note-t-il, en citant les fruits et légumes, ce qui « entraîne des prix ne permettant pas aux producteurs de rémunérer leur travail ». Xavier Beulin se dit « conscient des impératifs des discussions internationales », dans un contexte de représailles aux sanctions imposées à Moscou pour son soutien aux séparatistes ukrainiens. Mais juge « capital que des réponses puissent être apportées à ces inquiétudes ».
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... La FNB demande à l’Europe « d’assumer les conséquences » ... Dans un communiqué, la Fédération nationale bovine (FNB) appelle les « pouvoirs publics français et communautaires à un plan d’action immédiat » pour faire face à l’embargo annoncé par la Russie. La FNB redoute les effets indirects de cette décision. Si la France exporte « peu vers la Russie », souligne-t-elle « près de 40 000 tonnes de viande bovine ont été exportées l’an passé par les autres pays de l’Union européenne, soit 20% du total des exports communautaire ». S’ils restent sur le marché, cela risque de le déséquilibrer, craint la fédération.
... Inaporc déplore la détérioration de la situation ... Alors que la filière porcine européenne est déjà affectée par un embargo sur la Russie depuis le mois de février 2014, Guillaume Roué, président d’Inaporc, se désole dans un communiqué de « la situation de plus en plus détériorée » et de « l’engrenage » subi. Inaporc estime que depuis février l’impact constaté de l’embargo « est de 500 millions d'euros rien que pour la France du fait de la dégradation du marché à l'intérieur même de l'Europe ». Pour Guillaume Roué : « l'extension à toutes les matières premières agricoles de l'embargo russe fait peser sur notre économie agricole et agro-alimentaire un danger majeur ». Il réclame aux « responsables politiques de retrouver les voies de la raison en allant rapidement à la table des négociations ».
... la CR s’alarme d’une baisse possible des prix Dans un communiqué, la Coordination rurale tire la sonnette d’alarme à la suite de l’interdiction totale décrétée par Vladimir Poutine. « Un coup dur pour l'agriculture française qui exportait vers la Russie pour une valeur 737 millions d'euros en 2012 », écrit le syndicat. Il s’inquiète de la dégringolade à venir sur les prix, notamment des fruits et légumes. « Toutes ces denrées européennes destinées au marché russe - en particulier les fruits et légumes qui viennent tous d'être récoltés - vont se retrouver en surplus et en même temps sur le marché européen. Cette hausse considérable de l'offre, ajoutée aux problèmes de concurrence déloyale interne à l'Europe (production espagnole), va faire dégringoler les prix », écrit le syndicat qui demande à l’Europe de prendre « urgemment des mesures pour éviter la chute des prix ».