Pierre Autef, vétérinaire et fondateur de Ov’All, conseils et formations en santé ovine Doit-on redouter l’apparition de nouvelles affections ovines dans les années à venir ?

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Avec le changement climatique, on observe la dispersion sur toute la France de parasites autrefois cantonnés aux régions les plus chaudes de l'Hexagone. Crédits : © L. Geoffroy

« Avec le changement climatique, la mondialisation, les transports d’animaux ou de végétaux, non seulement c’est à craindre, mais des maladies (ré)émergent d’ores et déjà. Le changement climatique peut impacter le comportement des parasites internes. On a pu observer des strongles de la caillette, qui comme dans les pays tropicaux, s’enkystent dans l’animal pendant la saison sèche et se réactivent lors de la saison des pluies, pouvant ainsi décaler le cycle d’infection.

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Pierre Autef, vétérinaire et fondateur de Ov'All, conseils et formations en santé ovine © B. Morel
Le climat actuel favorise aussi les parasites externes, qui vont être plus nombreux ou plus répandus sur le territoire français. Par exemple, nous devions auparavant composer avec deux ou trois espèces de tiques, aujourd’hui il y en a une demi-douzaine qui touche les ovins. En plus de causer des anémies qui peuvent conduire à la mort de l’animal, elles favorisent les attaques de myiases en provoquant des plaies et sont vecteurs d’une multitude de pathologies (piroplasmose, fièvre Q, maladie de Lyme…).

Ne pas « acheter » les maladies

Globalement, qu’il s’agisse de parasites internes ou externes, ou de virus, la prévention globale est de mise. Veillez à distribuer une ration équilibrée en énergie et azote, avec des niveaux suffisants en macro-éléments (calcium, phosphore, magnésium), en oligoéléments (zinc, sélénium, iode) et en vitamines (A, D3 et E). Les brebis en état résistent beaucoup.

La vaccination est aussi le levier incontournable de la prévention, notamment pour la FCO. Elle va renforcer l’immunité de l’animal, du troupeau et sécuriser la zone (si les voisins jouent le jeu). Enfin, veillez à ne pas « acheter » les maladies. Respectez la biosécurité et la quarantaine lors d’introduction de nouveaux animaux, n’hésitez pas à les dépister et à les palper sous toutes les coutures. »

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