Distribuer céréales et concentrés sans la corvée des seaux

- - 4 min
3 et 3 bis Le mélange contenu dans chaque trémie aboutit dans un réservoir puis il est remonté par une vis qui débouche dans une goulotte. Une vis de reprise est positionnée sous chaque trémie avec un vérin pour décaler chacune des trois goulottes. Crédits : © F. d'Alteroche
1 Le principe de cette remorque distributrice repose sur trois trémies de 2,2 m3 chacune. Elles sont alignées l’une derrière l’autre et fixées sur un cadre métallique pour un total de 5,3 m de long avec en plus un bac de 75 litres permettant de rajouter des minéraux dans un des trois mélanges distribués. Crédits : © F. d'Alteroche
2 Chaque trémie est remplie par le haut avec un mélange pouvant être différent puis recouvert par une bâche imperméable. Crédits : © F. d'Alteroche
3 et 3 bis Le mélange contenu dans chaque trémie aboutit dans un réservoir puis il est remonté par une vis qui débouche dans une goulotte. Une vis de reprise est positionnée sous chaque trémie avec un vérin pour décaler chacune des trois goulottes. Crédits : © F. d'Alteroche
6 Quatre commandes électriques récupérées sur un vieux camion benne et plusieurs commandes manuelles accessibles en se retournant depuis le siège arrière du tracteur permettent d’ouvrir les trémies, d’écarter les goulottes escamotables et d’actionner les vis pour faire sortir le concentré. Crédits : © F. d'Alteroche
5 La distributrice est utilisée en stabulation ou pour des auges extérieures accessibles depuis le chemin bordant la prairie utilisée par un lot de femelles à l’engrais. Crédits : © F. d'Alteroche
4 La distribution des minéraux fonctionne sur le même principe que les trémies mais offre la possibilité de complémenter en minéraux la seule ration située dans la trémie centrale. Crédits : © F. d'Alteroche

En finir avec seaux et brouettes sans pour autant investir dans une mélangeuse. Telles étaient les motivations de Jean-François Thévenot, en Gaec avec son frère Bernard à Jouey en Côte d’Or lorsqu’il a imaginé puis réalisé voici vingt ans sa remorque distributrice de concentrés. Leur élevage repose sur 120 vaches charolaises en vêlage de début d’hiver avec finition de la plupart des femelles. En stabulation, leur alimentation repose essentiellement sur du foin additionné selon les lots d’une part variable de céréales et concentrés. Pour les distribuer, la remorque faite maison simplifie le travail. « Je n’avais pas trouvé ce que je cherchais dans le commerce. » souligne Jean-François Thévenot. Les brouettes sont par définition manuelle avec surtout une capacité jugée insuffisante d’autant que sur l’exploitation, l’installation destinée à aplatir puis mélanger les céréales n’est pas en position centrale par rapport aux différents bâtiments. Avec cette distributrice « faite maison » sur laquelle a été monté un groupe hydraulique indépendant, il faut environ 15 minutes pour répartir concentrés et minéraux aux 320 gros bovins présents en hiver sur l’exploitation. Les trois trémies de la distributrice sont pour cela au préalable remplies avec trois catégories de concentré différent, lesquels seront distribués le long des 180 m d’auge des différentes stabulations, il est vrai bien alignées.

Trois trémies pour trois mélanges

La remorque fait 5,3 m de long à partir du point d’attelage. Elle a été réalisée principalement à partir de matériel de récupération. « Je voulais aussi un système permettant de distribuer des mélanges différents pour éviter les aller-retours. En hiver nous distribuons trois mélanges selon les catégories." C’est pour cela que la distributrice a trois réservoirs de 2,2 m3 chacun. « J’ai rajouté un petit bac extérieur de 75 litres pour distribuer simultanément les minéraux. » La distributrice est utilisable pour toutes les auges (hautes ou basses) mais également pour regarnir les nourrisseurs des broutards.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

distributrice
Suivi
Suivre

« Je l’ai construite à temps perdu quand il n’y avait rien d’urgent à faire sur l’exploitation. J’y ai consacré pas mal de temps, mais impossible de chiffrer précisément combien. » Idem pour le prix de revient. Il avoisinerait 2000 euros. Chiffre valable pour les seules fournitures. Le poids à vide est estimé à un bon deux tonnes. La distributrice est en permanence attelée à un David Brown de 45 ans et 50 cv. Une puissance largement suffisante. Il a évidemment fallu un peu de temps pour caler le débit des trémies et la vitesse d’avancement de façon à distribuer à chaque animal la seule quantité souhaitée. Et éviter une distribution trop libérale. Laquelle pourrait vite devenir trop coûteuse. « Au départ on pensait l’utiliser qu’en hiver. Au final elle sert pratiquement toute l’année dans la mesure où cela nous permet de complémenter à la belle saison un lot de femelles finies en pâture. »

Des innovations qui ont fait des petits

Ingénieux et adroit de ses dix doigts, Jean-François Thevenot met en application dans son atelier les astuces au préalable imaginées pour se faciliter la vie dans la conduite au quotidien de l’exploitation. Outre cette remorque distributrice, il a récemment mis au point un dispositif permettant de lever la tête de gros bovins bloqués au cornadis. Un outil dont le concept a été repris par la société Mazeron, laquelle commercialise désormais ce produit baptisé « levobovin » pour lequel elle a obtenu un Sommet d’or l’an dernier à l’occasion du Sommet de l’élevage. L’ambition est de faire de même pour cette distributrice de concentrés.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires