Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, annonce ce 13 novembre sur France Inter le retour des agriculteurs dans la rue dès lundi 18 novembre. Le syndicat veut montrer son opposition au projet d’accord UE-Mercosur.
[Mis à jour le 13 novembre à 17h30]
« Nous allons reprendre la route à partir de lundi prochain », a confirmé ce matin Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, au micro de France Inter. Comme annoncé voilà plusieurs semaines, le syndicat majoritaire agricole se mobilise à l’occasion de l’ouverture du G20 au Brésil. « Car cet accord du Mercosur risque d’avoir pour l’agriculture des conséquences dramatiques. On parle d’importations de bœuf aux hormones et de poulets avec des accélérateurs de croissance », déplore notamment le président de la FNSEA.
Comment ce mouvement se concrétisera ? « On n’est pas là pour ennuyer les Français, tout le monde a des problématiques. Il n’y aura pas de blocage. Aujourd’hui on ne cible pas les autoroutes. On n’est pas là pour ennuyer les Français. On est fiers pour les nourrir », assure Arnaud Rousseau.
On veut attirer l’attention des pouvoirs publics pour dire que la France n’est pas une passoire
« On veut attirer l’attention des pouvoirs publics pour dire que la France n’est pas une passoire », poursuit le président du syndicat majoritaire agricole qui annonce une mobilisation dans « tous les départements ». Le mot d’ordre : « on ne souhaite pas d’atteinte aux biens et aux personnes », martèle Arnaud Rousseau.
Préfectures et voies de circulation avec un nom européen en ligne de mire
Dans une conférence de presse en fin de journée, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont précisé que le mouvement de contestation était prévu pour les 18 et 19 novembre. Les manifestations seront organisées au niveau de chaque département, devant les préfectures ou sur les voies de circulation dont le nom fait référence à l’Europe.
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Au-delà du Mercosur des attentes concrètes autour des trésoreries des exploitations agricoles
Alors que beaucoup d’annonces ont été faites depuis un an, le président de la FNSEA affirme que les agriculteurs attendent encore des mesures concrètes. « Aujourd’hui l’urgence ce sont les trésoreries des agriculteurs après un été catastrophique, avec la récolte de céréales la plus faibles depuis 40 ans, des vendanges mauvaises, et la crise sanitaire », explique-t-il.
Pour la trésorerie, on ne connaît ni le moment, ni le montant, ni la durée des prêts annoncés
« Or pour la trésorerie, on ne connaît ni le moment, ni le montant, ni la durée des prêts annoncés », déplore Arnaud Rousseau. « On attend toujours la loi d’orientation agricole. Elle sera probablement discutée au Sénat au mois de janvier. Pour l’instant beaucoup de choses ne sont pas mises en œuvre », complète-t-il.
Deux autres séquence de la mobilisation annoncées d'ici la mi-décembre
Après la première séquence des 18 et 19 novembre, la mobilisation comportera deux autres phases, dont la date n’est pas encore arrêtée : une seconde sur les « contraintes à l’agriculture » et une troisième sur « les prix, les revenus et la compétitivité », ont prévenu devant la presse la FNSEA et les jeunes agriculteurs.
Ne pas prendre en otage la période de Noël
Le mouvement pourrait ainsi s’étaler jusqu’ à la mi-décembre où il s’arrêtera pour « ne pas prendre en otage la période de Noël, une période de consommation de nos produits », a déclaré Arnaud Rousseau lors de la conférence de presse, précisant que la mobilisation pourrait repartir si besoin « en janvier ».