« La filière cidricole, qui rassemble 12 000 producteurs de fruits et 500 cidriers, s’inquiète de voir ses cuves encore pleines alors que la récolte dans les vergers a commencé avec dix jours d’avance et s’annonce "abondante" » indique l’Oise agricole. Selon l’interprofession (Unicid), le marché demeure « morose » depuis le confinement, avec une baisse des ventes de « plus de 6 % » sur les huit premiers mois de l’année en grande distribution - secteur qui représente 60 % du marché - par rapport à 2019, relate la revue. La consommation hors-domicile, quant à elle, a été « inexistante » sur la même période et ne reprend « que progressivement et partiellement ».
Une lettre envoyée à 6000 maires de France
Pour faire face à cette situation, les professionnels du cidre demandent aux mairies de France « d’avancer leurs commandes de fin d’année pour évacuer les excédents de stocks », poursuit l’Oise agricole. La revue précise encore que l’interprofession, les maisons cidricoles de Bretagne et Normandie, ainsi que les cidres de Loire, ont cosigné ce courrier envoyé à plus de 6000 élus, pour les inciter à « accélérer l’écoulement des excédents de stocks » et « s’approvisionner plus tôt que prévu en cidre ». S’appuyant sur le « décret du 23 juillet qui assouplit le code des marchés publics pour l’achat de denrées produites durant l’état d’urgence sanitaire et livrées d’ici le 10 décembre », le courrier demande à toutes les mairies d’avancer leurs achats de cidre « sans attendre la fin de l’année ou la période traditionnelle de la galette des rois ».
La consécration de l’appellation d’origine pour le cidre du Perche C’est dans ce contexte de marché difficile que le cidre du Perche vient de recevoir son appellation d’origine contrôlée. La reconnaissance accordée par l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) est « l’épilogue d’une vingtaine d’années de combat » commente l’Agriculteur normand. La revue rapporte les propos de Maurice Levier, président du syndicat cidricole du Perche, le mercredi 14 octobre à Mortagne-au-Perche dans l’Orne : « 2020, annus horribilis à bien des égards. Mais pour nous, c’est l’année du sacre. »