L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 6 et le 7 juin 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prix du blé tendre ont décroché entre les séances du 6 et du 7 juin sur Euronext et le marché physique français, le marché enregistrant l’annonce faite par la Turquie d’imposer un ban sur les importations de blé jusqu’à octobre 2024. Des ventes techniques sont venues appuyer la tendance sur les marchés à terme. Les prix du maïs et de l’orge fourragère ont également reculé sur les places hexagonales.
La Turquie souhaite protéger son marché intérieur, en empêchant l’arrivée de blé étranger sur son territoire, et ce, du 21 juin au 15 octobre 2024. Le pays étant un client régulier de la Russie, cette dernière pourrait réorienter ses flux vers d’autres pays, incluant des clients de l’UE et de l’Hexagone. Autre élément baissier : la bonne récolte attendue aux Etats-Unis, qui pourrait en partie compenser les pertes de volumes en Russie. Les valeurs sur le CBOT à Chicago ont bien régressé. Le rapport mensuel de l’USDA du 12 juin prochain sera à suivre avec attention.
Ajoutons à cela la hausse du dollar par rapport aux monnaies concurrentes, faisant suite à des données rassurantes quant à l’emploi aux Etats-Unis. Ainsi, l’hypothèse de baisse de taux d’intérêt par la banque fédérale états-unienne (FED) dans les prochains mois s’éloigne quelque peu. Or, un taux d’intérêt plus élevé attire les capitaux étrangers et stimule la demande en billets verts, mais pénalise l’attractivité des céréales états-uniennes sur la scène planétaire.
Dernier élément baissier : la forte concurrence internationale. Le dernier achat tunisien en est l’illustration : les origines d’Europe de l’Est se seraient une nouvelle fois massivement positionnées. La Tunisie s’est procurée 50 000 t à 267-268 $/t C&F, pour un chargement en juillet, incluant des origines bulgares. Elle a également acquis 75 000 t d’orges, à charger en juin-juillet, à 219-220 $/t C&F.
L’annonce des autorités russes de placer en état d’urgence dix régions en raison des dégâts, liés au gel sur les cultures en mai dernier, est passée inaperçue.
La baisse des prix du maïs sur le marché à terme européen est de son côté justifiée par les bonnes conditions de culture aux Etats-Unis. Les valeurs à Chicago se sont également effritées. Ajoutons à cela des ventes techniques.
En France, on note une très légère amélioration des conditions de culture de blé tendre, selon le programme Céré’Obs élaboré par FranceAgriMer. Même constat du côté des orges de printemps. En revanche, les conditions de culture en orge d’hiver, en maïs et en blé dur se dégradent encore quelque peu.
Commerce international
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