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Les annonces récentes des différents fabricants de sucre de rémunérer la tonne de betterave au prix minimum de 40 € ont soulagé la filière. La hausse des prix payés aux producteurs intervient alors que les rendements s’établissent à 80 tonnes par hectare (t/ha) à 16 ° de richesse, contre une moyenne située habituellement entre 85 et 90 t/ha.
Les surfaces sont en légère baisse à 400 000 hectares par rapport à 2021-2022. "Les rendements sont décevants, considère Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), lors de la conférence de presse annuelle du syndicat. La campagne avait pourtant bien commencé par des semis dans de très bonnes conditions et un bon démarrage de la croissance des plantes".
Les vagues de chaleur et la sécheresse ont ensuite eu raison des rendements de la racine. "La douceur de l’automne n’a pas suffi à compenser", constate le responsable. Au final, la production de betteraves atteint 32 millions de tonnes (Mt) à 16°. Elles vont permettre de transformer 3,6 Mt de sucre et 8,4 millions hectolitres d’alcool et éthanol.
Comme toutes les productions, la betterave est concernée par la forte hausse des coûts de production, conséquence de la guerre en Ukraine. La hausse est en moyenne de 16 % entre 2020 et 2022 et pourrait atteindre 35 % en 2023.
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Pour les usines, la crise énergétique s’est traduite par une ouverture anticipée des sites de transformation dès la première quinzaine de septembre dans certains secteurs. Objectif : échapper aux éventuelles coupures et délestage de gaz qui menacent la France en janvier.
Dans ce contexte difficile, la hausse de la rémunération est plus que la bienvenue pour les producteurs. "Sans les 40 €/tonne, la situation aurait été catastrophique, une augmentation de la rémunération est la meilleure solution pour maintenir les surfaces", estime Franck Sander. D’après lui, la tendance concernant la rémunération des producteurs devrait encore être à la hausse en 2023. "L’enjeu est que la betterave joue au moins à armes égales avec les céréales ou le colza en termes de marges, avance le président. Pour l’instant, la culture reste dans la course économique sans pour autant faire la course en tête". Malgré tout, la CGB anticipe à nouveau une baisse des surfaces en 2023.
La hausse de la rémunération s’appuie sur un marché mondial du sucre qui "sort de la crise", constate Nicolas Rialland, directeur général de la CGB, avec des prix qui se situent aujourd’hui à plus de 450 €/t. "Heureusement que le marché a réagi, estime le directeur. Pour intégrer les hausses de coûts de production à venir en 2023, il faut espérer que les prix restent soutenus l’an prochain". La tendance pourrait être baissière car après trois années de déficit, le marché mondial du sucre s'annonce excédentaire de 3 à 7 Mt sur un total de 180 Mt.
Les prix ne sont pas la seule préoccupation de la filière qui entre dans sa dernière année de dérogation pour enrober les semences de betteraves avec des néonicotinoïdes (le décret pour la dérogation 2023 doit paraître courant janvier). "Les décisions d’assolement pour 2024 vont se faire à l’été 2023, souligne Franck Sander. Il faudra voir d’ici là les solutions qui seront disponibles". Le plan national de recherche et innovation (PNRI) lancé en 2021 a pour objectif de trouver des solutions alternatives aux néonicotinoïdes. "Des variétés tolérantes sont prometteuses mais pour l’instant, il manque plusieurs tonnes de rendement à l’hectare, précise le responsable. Les solutions potentielles doivent faire la preuve de leur efficacité, être simple à mettre en œuvre et avec un coût compétitif".
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