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Après la sécheresse, soigner la mise en réserve des vignes

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En 2026 les vignes se retrouvent libres de leurs raisins tôt en saison, laissant du temps pour la mise en réserve. Crédits : © X. Delbecque

Les vignes ont été mises à rude épreuve cet été. Pour ne pas subir les effets pendant plusieurs années, tout doit être mis en place pour aider la mise en réserve automnale.

Chaque année, la mise en réserve de la vigne revêt une certaine importance. Mais le millésime 2026 est particulier à double titre, et cette étape végétative se révèle cette année d’autant plus stratégique. D’une part la sécheresse historique que beaucoup de régions viticoles ont connu a forcé la vigne à puiser dans ses réserves. D’autre part les vendanges ont commencé avec une précocité exceptionnelle, et la vigne se retrouve libérée de ses raisins tôt en saison, avec une arrière-saison relativement clémente.

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« En 2022, nous avons réalisé le suivi de vignes dans l’Aude et l’Hérault, où la sécheresse estivale a été très dure, relate Justine Malaterre, ingénieure agronome chez Frayssinet. Ces conditions ont pu pénaliser les mises en réserves de certaines vignes et donc la reprise de végétation le millésime suivant. » D’où l’importance de bien accompagner ses vignes après les vendanges pour l’aider à constituer le maximum de réserves.

Privilégier les éléments majeurs : NPK

Après avoir travaillé plusieurs années sur la question, l’ingénieure conseille, notamment avec ces conditions sèches, un soutien précoce post vendange de la végétation à l’aide de fertilisants par apports foliaires, dont l’assimilation est très rapide. « Je préconise de privilégier les éléments majeurs, NPK, plutôt que des oligo-éléments, qui ont une faible mobilité dans la sève et qui se révèlent plus efficace lorsqu’ils sont apportés en début de cycle. Nous avons pu observer ces résultats lors de nos essais. De plus il est important de s’assurer que les parcelles présentent encore un feuillage actif et sain afin d’optimiser l’assimilation de cet apport. », précise-t-elle. Cet apport peut être combiné avec des produits antioxydants, visant à maintenir l’activité foliaire en contrebalançant les forts stress oxydatifs qu’engendrent les UV, températures extrêmes ou manque d’eau.

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Passé ces conditions optimales du processus de mise en réserve (activité photosynthétique, flux de sève…), l’ingénieure aurait tendance à privilégier un amendement organique, pour entretenir le réservoir humique des sols et participer à favoriser les conditions de reprise pour le printemps prochain. 

Détruire les vieux enherbements permanents

Hugues Daubercies, conseiller viticole indépendant en Val de Loire et membre de l’association Loeil consultants, voit également dans le millésime 2026 une vraie raison de s’inquiéter de la mise en réserve. « J’ai vu certaines vignes très atteintes et affaiblies par la sécheresse, témoigne-t-il. Concernant la mise en réserve, la précocité des vendanges est une bonne nouvelle dans le sens où il reste encore un à deux mois pour que les produits de la photosynthèse aillent dans le bois dans les sarments pour augmenter les réserves sous forme d’amidon. » Pour maximiser ce phénomène, le consultant suggère avant tout de détruire les vieux enherbements permanents, pour que le retour des pluies profite d’abord à la vigne.

Et bien sûr, de réaliser un indispensable traitement contre le mildiou en cas de pluies, pour éviter une attaque sous forme mosaïque qui pourrait détruire l’intégralité du feuillage, et particulièrement pour les jeunes plantations. « Je vois également de l’oïdium sur certaines feuilles de chardonnay qui repoussent. Elles pompent de l’énergie au départ, il faut donc qu’elles soient capables d’en produire avant de tomber », prévient-il.

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