Les causes de lésions aux trayons peuvent être nombreuses et entraîner des complications en cascade. Sur cette exploitation, heureusement les brûlures sont dues à une allergie au nouveau produit de trempage.
« Bonjour, je suis à la traite et j’ai une vache dont la peau des trayons est tombée, je ne comprends pas ce qu’il se passe. » En arrivant sur l’exploitation, la vache mange paisiblement au cornadis. De loin, rien de flagrant. Mais lorsqu’on se penche sur la mamelle, aïe ! La couche superficielle de la peau paraît comme brûlée, épluchée. Les trayons sont rouges, suintants. Étonnamment, elle s’est laissé traire. Les trayons postérieurs sont plus atteints, mais les trayons avant sont aussi touchés. C’est la seule vache touchée dans l’exploitation, les autres vont bien. Après examen, cette vache n’a pas de fièvre, les muqueuses nasale, oculaire, anale, vaginale ainsi que la peau hors trayons sont normales. L’appétit est bon.
Les causes de lésions touchant les trayons sont nombreuses, certaines gravissimes comme la fièvre aphteuse, d’autres plus bénignes. Il faut y prêter attention : un mauvais réglage de la machine à traire peut être en cause, un virus peut rapidement se propager et toucher plusieurs animaux et les lésions s’étendre. La douleur entraîne souvent une traite incomplète et favorise les mammites. Le diagnostic n’est pas toujours aisé. Il faut s’assurer de l’absence d’autres signes cliniques. L’utilisation du produit de trempage doit alors être adaptée, souvent pour un produit iodé.
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• Photosensibilisation : nous sommes fin avril, il pleut un jour sur deux, la mamelle n’est pas touchée, la vulve, le nez, le tour des yeux non plus. Il serait étonnant que la vache se fasse bronzer les quatre fers en l’air et que les lésions se limitent aux seuls trayons.
• Thélite herpétique : cette virose est contagieuse, il faut s’attendre à d’autres cas. Il y a en principe des vésicules (petites bulles remplies de liquide translucide) qui vont percer et se transformer en ulcères. Elles ne sont pas toujours faciles à voir.
• Pseudovariole : très fréquente, contagieuse, cette virose peut contaminer l’homme (nodule sur les doigts du trayeur). La transmission se fait, comme pour la thélite herpétique, le plus souvent lors de la traite. Les croûtes en fer à cheval, après rupture des vésicules, sont caractéristiques. Elles ne sont pas visibles de façon évidente sur cette vache.
• Fièvre aphteuse : même s’il faut toujours l’avoir en tête, l’hypothèse est peu probable car il n’y a qu’un animal atteint, sans lésions dans la bouche ou au niveau des pieds.
• Stomatite papuleuse : la transmission passe souvent par les veaux qui ont alors des lésions au niveau de la bouche. Ce n’est pas le cas ici.
• FCO : il paraît là aussi étonnant que les lésions se limitent à la mamelle et qu’il n’y ait pas de fièvre. Mais la maladie est toujours présente sur le territoire et de nouveaux sérotypes sont présents en Europe.
• Auto-mutilation : c’est rare. La vache se lèche jusqu’à créer des lésions qui vont de l’ulcération, à l’hémorragie en passant par la « disparition » des trayons. L’éleveur n’a pas vu cette vache se contorsionner pour se lécher.
• Brûlure : l’éleveur a changé de produit de trempage il y a une semaine.
En concertation avec le producteur, il a arrêté de tremper cette vache avec le nouveau produit pendant une quinzaine de jours. Il a aussi pommadé les trayons avec une pommade grasse qui soulageait la vache. Une fois les plaies cicatrisées, l’éleveur a retenté le produit de trempage : la rechute a été immédiate. L’allergie de contact est confirmée. Rare, imprévisible, mais facile à résoudre.