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Apiculture – Un printemps 2020 favorable à l’activité des abeilles et à la production de miel

Le mois d’avril est prometteur pour la récolte de miel 2020. Les abeilles auraient-elle profité du confinement ? Si les insectes ont beaucoup butiné en ce début de printemps, les raisons sont sans doute plus à chercher du côté des conditions météo que de la crise du coronavirus.

© Thomas Bresson / flickr

Il y a 20 ans, la France produisait 40 000 tonnes de miel. « L’an dernier, ce sont moins de 10 000 tonnes de miel qui ont été produites dans l'Hexagone », observe L'Auvergne agricole. La pire année depuis 70 ans pour le secteur apicole français. « La situation économique des exploitations est tendue » constate le journal agricole auvergnat. La faible production française « ouvre la porte aux miels de Chine et d’ailleurs » alors que les miels français peinent à s'exporter. L’ancien ministre Arnaud Montebourg, président de la marque de miel « Bleu Blanc Ruche », dénonce cette situation et est devenu un fervent défenseur de la filière. Pour contrer ces « atteintes à l’économie apicole », il faut que la production française de miel reparte la hausse, précise l’Auvergne agricole. Il faut donc des fleurs et des abeilles bien nourries. Le monde agricole y contribue largement. « Loin d'être responsables de la mortalité des abeilles, les agriculteurs en sont les sauveteurs », estime le journal.  « La présence de jachères apicoles sur 0,5% de la zone de butinage des abeilles permet d'assurer en moyenne plus des deux-tiers de leur alimentation » explique Philippe Lecompte apiculteur professionnel bio et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles, dans l’Auvergne agricole. Il faut éviter « la perpétuelle faim des abeilles », poursuit-il, seule solution à ses yeux pour « sortir la filière de la crise ».

Mortalité des abeilles plutôt faible cet hiver

Premières floraisons, températures plus clémentes : chaque année, avec l’arrivée du printemps, l’activité des abeilles redémarre. L’année 2020 se présente pour le moment favorablement et semble vouloir infléchir la courbe de population des abeilles en France. « La mortalité a été plutôt faible cet hiver », commente L’Auvergne agricole. « La douceur observée en janvier et février » n’a pas été « néfaste pour les abeilles ». Les colonies se sont donc bien développées au mois d’avril et sont « susceptibles d’être vigoureuses », précise le journal auvergnat. Seul petit bémol : le démarrage précoce de l’activité en 2020 pourrait aussi favoriser la précocité du parasitisme des abeilles. Et notamment celui du Varroa destructor, pour qui une saison de ponte débutant tôt pourrait être « l'occasion de prospérer encore davantage », note L’Auvergne agricole.

 

Lire intégralité de l’article « Sortir de la crise apicole : c’est possible ! » dans L’Auvergne agricole.

 

Une combinaison de facteurs pour expliquer la mortalité des abeilles

Si l’acarien Varroa est le principal responsable de la mortalité des abeilles, d’autres facteurs jouent également sur la baisse des populations d’abeilles enregistrée depuis le début des années 1990. Un article du blog itk Labs en dresse la liste.

. Maladies parasitaires ou virales

. Mauvaises pratiques apicoles

. Nocivité des produits phytosanitaires, néonicotinoïdes en particulier

. Espèces invasives de prédateurs qui s’attaquent soit aux abeilles elles-mêmes, soit aux fleurs qu’elles butinent.

. Conditions climatiques défavorables

. Alimentation (réduction des ressources alimentaires des abeilles, quantitativement et qualitativement).

L’étude présentée par  itk ( le site de l’agriculture de demain dès aujourd’hui) confirme par ailleurs la situation actuelle de l’apiculture française. « L’apiculture tourne à plein régime pendant le confinement », titre le blog. L’année 2020 se présente donc bien pour la production de miel. Après toutes ces années de baisse, la profession pourrait connaître une embellie.

Une augmentation de la production de miel liée au confinement ?

Mais comment expliquer l’augmentation de la production de miel de ce début de printemps 2020. Y a-t-il un lien avec le confinement ?

Itk Labs émet l’hypothèse d’une influence de la baisse de l’activité humaine pendant la crise du coronavirus. Les bords de route non dégagés et les parcs non tondus pourraient notamment avoir contribué à cette augmentation de l’activité des abeilles. « Difficilement vérifiable » commente cependant le blog.

Les conditions climatiques très chaudes de juin et juillet 2019 ont pu réduire le développement des populations de Varroa. Mais les hivers doux et pluvieux comme celui de 2019-2020 sont en revanche favorables au développement de l’acarien.

Un mois d'avril très favorable au butinement

Finalement, l’augmentation de la production de miel de ce début 2020 ne serait sans doute pas liée au confinement mais aux conditions climatiques qui ont accompagné ce confinement. De la douceur, du soleil et peu d’eau. Des conditions inédites, en particulier dans le Nord de la France. Au Nord-Est, la sécheresse s’est même fait sentir.

L’hiver doux et pluvieux en hiver a permis aux végétaux de fleurir précocement. Le mois d’avril chaud et sec a permis aux abeilles de butiner abondamment les fleurs. Le confinement n’y est sans doute pas pour grand-chose mais l’année 2020 s’annonce favorable à la production de miel en France. Une bonne nouvelle que les apiculteurs français attendaient depuis longtemps.

 

Lire aussi « Les femmes apicultrices sont de plus en plus nombreuses » dans Terres et Territoires.

Lire aussi « Protéger les abeilles lors du traitement » dans Terra.

 

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