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Alimentation des porcs : « Nous améliorons nos performances grâce à notre fabrique d'aliment à la ferme»

À l’occasion d’une journée organisée par Airfaf Bretagne, Sabine et Stéphane Demeuré ont présenté trois axes de travail sur l’alimentation des porcs qui leur ont permis d’améliorer leurs performances technico-économiques.

Dans leur élevage de 350 truies naisseur-engraisseur à Plouyé (Finistère) équipé d'une fabrique d'aliment à la ferme, Stéphane et Sabine Demeuré travaillent à optimiser leurs performances technico-économiques. 

Lire aussi : « Avec notre nouveau bâtiment d’engraissement et son silo tour, nous renforçons l’autonomie de notre élevage de porcs »

Lors de la dernière journée technique Airfaf qui s’est déroulée le 9 juin 2024, ils ont présenté trois axes de travail qui leur permettent d’améliorer l’alimentation de leurs animaux.

1-Des balances connectées en engraissement

Avec le début de la production de porcs mâles entiers depuis 2022, les éleveurs souhaitaient contrôler précisément leur alimentation. Stéphane et Sabine ont sollicité l’aide de leur partenaire Tecnor Sofac. Ensemble, ils ont décidé de collaborer avec la firme service ADM pour élaborer des plans d’alimentation adaptés aux besoins spécifiques de leur cheptel. L’initiative a conduit à une expérimentation novatrice : la mise en place de deux balances connectées dans deux cases de l’élevage, chacune appartenant à une bande différente. Ces balances permettent de suivre en temps réel les croissances des porcs.

 

 
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Des balances connectées installées dans deux cases d'engraissement ont permis aux éleveurs d'optimiser leur plan d'alimentation, avec à la clé, une amélioration spectaculaire de leurs performances techniques. © Chambre d'agriculture de Bretagne

Divers plans d’alimentation ont été testés, tenant compte du niveau de démarrage, de la progression journalière des animaux, ainsi que de la forme du plafond de rationnement. Malgré une variabilité importante de la courbe de croissance d’une bande à l’autre, les pesées ont mis en évidence des pics de GMQ entre 75 et 90 jours d’âge. Elles confirment également que la stratégie de restriction en fin d’engraissement pénalise le GMQ et dégrade l’indice de consommation. C’est pourquoi la courbe retenue présente un premier plafond à 2,6 kilos d’aliments par porc et par jour à partir de 120 jours d’âge, et un second à 2,65 kilos au-delà de 150 jours d’âge. Cette courbe a permis d’optimiser le potentiel des animaux avec un indice de consommation technique 30-115 kilos de 2,09 et un GMQ technique 30-115 kilos de 1 051 grammes par jour sur le premier trimestre de 2024.

 

 
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2-Une alimentation sur mesure pour les truies

L’alimentation des truies est aussi un facteur déterminant de performances. Conscients de cet enjeu, Stéphane et Sabine ont mis en place un protocole nutritionnel précis, adapté aux besoins spécifiques des truies, pour atteindre un objectif de poids de portée sevrée de 120 kilos. Sept aliments différents peuvent être utilisés pour les truies en lactation : un aliment péri mise bas, un aliment pour les cochettes allaitantes et cinq autres aliments pour les truies allaitantes. Ces aliments se différencient essentiellement sur leur teneur en lysine digestible, qui varie de 7,3 grammes par kilo pour l’aliment péri mise bas à 9,8 grammes par kilo pour le plus riche. Ce programme permet d’ajuster précisément les apports nutritionnels pour répondre aux besoins des truies en fonction de leur état corporel, leur capacité d’ingestion et le nombre de porcelets allaités. Les éleveurs sèvrent désormais de 14,5 porcelets par portée en moyenne, avec un objectif d’atteindre 15 porcelets sevrés par portée.

 

 
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Performances techniques en engraissementDes croissances à plus de 1 000 grammes par jour © Éleveurs

3-Une nouvelle FAF plus efficace

Pour répondre aux besoins croissants sur leur élevage, Sabine et Stéphane ont besoin de moderniser régulièrement leur fabrique d’aliments. Existante depuis 1983, la première étape majeure dans son évolution remonte à 2011 avec l’installation d’un silo tour et de deux cellules extérieures supplémentaires. La réception et le transfert des matières premières ont été modernisés, avec l’ajout d’une fosse de réception, d’un pont-bascule, d’un élévateur et d’un nettoyeur. En 2023, afin de pouvoir utiliser jusqu’à sept aliments d’allaitement et trois aliments en engraissement, quatre nouveaux silos d’aliments finis ont été intégrés, ainsi que dix nouveaux silos de minéraux.

 

 

L’ajout d’un nettoyeur à grille avant le broyeur, intégré dans le nouveau cœur de FAF en 2023, a apporté une amélioration significative de la qualité des grains. Bien qu’ils soient nettoyés deux fois lors du stockage et du transfert pour la fabrication, le nettoyage avant broyage permet encore de récupérer de nombreuses impuretés. Avec ce nouvel investissement, le coût de fabrication est de 24 euros la tonne d’aliments fabriqués.

Constance Drique, constance.drique@bretagne.chambagri.fr

Un nouveau bureau pour Airfaf Bretagne

L’association Airfaf Bretagne, dédiée aux éleveurs fafeurs, renouvelle son bureau avec Stéphane Demeuré à sa présidence, succédant à Jean-Lou Le Gall, parti en retraite. L’ensemble du bureau a également été renouvelé et se mobilisera pour continuer à offrir un soutien technique aux éleveurs fafeurs via des journées techniques, bulletins techniques, newsletters trimestrielles et mails d’information mensuels. L’ensemble du bureau tient à remercier Jean-Lou Le Gall pour son engagement ces dernières années.

Fiche élevage

SCEA Demeuré à Plouye (Finistère)

350 truies naisseur-engraisseur
Conduite en 7 bandes
Sevrage à 28 jours
3,5 UTH
300 ha de SAU

Côté éco

Les investissements FAF réalisés en 2023

Broyeur : 22 000 €
Mélangeuse : 15 500 €
Automate : 18 000 €
4 silos minéraux 4,2 m3 : 36 245 €
6 silos minéraux 2,2 m3 : 60 000 €
Montage + électricité : 50 000 €
4 silos produits finis 5 t + 1 silo soja 45 t : 41 000 €
Source : Éleveurs 

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