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Agriculture et photovoltaïsme sont compatibles selon Sandrine Le Feur, députée Renaissance

Comment concilier photovoltaïsme et agriculture ? Dans une tribune publiée par Ouest France, la députée de la majorité Sandrine Le Feur estime que production énergétique et agricole sont compatibles à condition d’encadrer les projets. L’agrivoltaïsme aura donc toute sa place au sein de la loi relative aux énergies renouvelables actuellement en préparation. Les besoins d’ici à 2028 sont estimés à 30 000 ha d’installations photovoltaïques.

Pour redistribuer la valeur auprès de la profession agricole, la députée Sandrine Le Feur propose un mécanisme consistant à reverser une partie des bénéfices aux organismes à vocation agricole et rurale (Onvar).
© Pascal Le Douarin

Le Sénat vient d’adopter une proposition de loi en faveur de l’agrivoltaïsme. Le texte porté par la commission des affaires économiques a pour objectif de proposer un cadre stratégique, légal et budgétaire qui permette de prévenir les conflits d’usage entre production électrique et production agricole.

Pour la filière agricole, la question est en effet de concilier photovoltaïsme et agriculture. Le journal Ouest France publie ce 6 octobre le point de vue de Sandrine Le Feur, députée Renaissance du Finistère. La femme politique et agricultrice s’exprime dans le cadre du projet de loi sur l’accélération de la production d’énergies renouvelables (AER) qui sera examiné prochainement à l’Assemblée.

 

Pour la députée, l’agrivoltaïsme doit être « mis à l’honneur » au sein de ce projet de loi. C’est ce qu’elle affirme dans la tribune qu’elle signe dans le quotidien régional. « Ne pas l’encadrer, c’est nous confronter à son développement irraisonné », estime-t-elle, « l’encadrer excessivement, c’est prendre le risque de ne pas être au rendez-vous de nos objectifs énergétiques et climatiques français. »


30 000 ha d'installations photovoltaïques nécessaires selon la députée

Sandrine Le Feur observe que « l’engouement est désormais palpable ». La production d’électricité photovoltaïque prévue dans la programmation pluriannuelle de l’énergie est comprise entre 35,1 GW et 44 GW à l'horizon 2028. « Or à la fin du troisième trimestre 2021, seuls 12,3 GW ont été installés en France », souligne -t-elle. Selon la députée, tenir les objectifs implique de construire 30 000 ha d’installations photovoltaïques. Pour y parvenir, les panneaux sur toitures et terrain dégradés ne suffiront pas. Il faudra donc « produire de l’énergie décarbonée sur des terres agricoles ». Parallèlement, la filière agricole doit protéger son foncier de l’artificialisation des terres et assurer la souveraineté alimentaire des Français.

Production énergétique et agricole significatives

Pour Sandrine Le Feur agriculture et photovoltaïsme sont compatibles « mais sous certaines conditions » qui devront constituer « les pierres angulaires des travaux législatifs à venir ».

L’équilibre entre production agricole et énergétique est « délicat » à trouver reconnaît-elle.

Il faut construire des panneaux efficients énergétiquement et qui n’empêchent pas la production agricole. « Il est crucial que les technologies agrivoltaïques déployées soient optimales d’un point de vue agricole et énergétique, pour que ces deux productions soient significatives et que l’une ne se fasse pas au détriment de l’autre », affirme-t-elle dans Ouest France.

S'assurer de la redistribution de la valeur auprès de la profession agricole

Autre enjeu : « s’assurer de la redistribution de la valeur auprès de la profession agricole et sur les territoires concernés ». Pour y parvenir Sandrine Le Feur et Jean-Marie Sermier, ancien député du Jura (jusqu’en juin 2022), proposent un mécanisme qui consiste à reverser une partie des bénéfices aux organismes à vocation agricole et rurale (Onvar).

La députée préconise également de « s’assurer du suivi et de l’évaluation des projets dans le temps long, avec une politique de tolérance zéro pour l’abandon de l’activité agricole ».
 

Vers des tarifs d'achat de l'énergie « cohérents »

Elle demande enfin un cadre administratif « uniformisé » pour le portage des projets et estime que les oppositions locales « devront être levées ». Selon elle, la durée d’instruction des dossiers n’est pas adaptée à « l’urgence » dans le domaine du photovoltaïsme et devra donc être réduite, « en respectant l’exigence d’étude approfondie de l’impact environnemental des projets ». Et bien sûr, elle évoque « les tarifs d’achat de l’énergie » qui « devront être cohérents ».

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