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Agrivoltaïsme : Déjà un an de recul avec des limousines sous les panneaux dans la Vienne

Avec son démonstrateur agrivoltaïque de près de 5 000 m² dans la Vienne, la société Valeco veut prouver qu’il est possible de concilier énergie solaire et élevage bovin. La chambre d’agriculture départementale assure le suivi de la pousse de l’herbe, et livre ses premiers enseignements.

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« Les animaux se retrouvaient davantage sous les panneaux pour passer la nuit dessous », explique Jean-Simon Vuzé.
© O.Lévêque

« Sous les panneaux, l’herbe est plus verte, car elle a été protégée du gel ! », souligne mi-janvier 2026 Emmanuel Sainson, conseiller élevage à la chambre d’agriculture de la Vienne. Ce démonstrateur agrivoltaïque a été implanté à l’automne 2024 par l’entreprise Valeco à Champagné-Saint-Hilaire, au sud de Poitiers, sur une prairie permanente de 7 hectares au potentiel agronomique faible. Il se compose de 9 rangées de panneaux solaires (84 panneaux par rangée, soit 4 300 m², pour une puissance maximale de 250 kVA). Ici, l’enjeu est de valider la compatibilité d’une production électrique avec l’élevage bovin à l’herbe. « Jusque-là, je n’ai observé aucun problème », se félicite Jean-Simon Vuzé, éleveur d’une centaine de vaches limousines sur la commune. « Dans ce champ, j’ai mis un troupeau de 16 génisses et un taureau, entre avril et mi-octobre. Les animaux ont aussi bien pâturé sous les panneaux que le reste du champ. Ils s’y retrouvaient même davantage pour passer la nuit dessous. Cela explique un nombre plus élevé de bouses dans cette zone. »

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Autre observation : des zones de végétation moins développée sous certains panneaux, en lien avec une répartition hétérogène des précipitations. Ce phénomène fait actuellement l’objet d’un suivi afin d’optimiser la diffusion de l’eau sous les structures et d’en limiter les effets, indique Benoît Brunsard, expert agricole Valeco, en charge du suivi du projet.

Une pousse de l’herbe décalée

Pour objectiver la pousse de l’herbe en qualité et quantité, six mesures de biomasses étaient prévues pour 2025. Quatre ont été menées à bien sûr des exclos, à cause des génisses ayant bravé la clôture de l’expérimentation. Le dispositif a depuis été renforcé afin de sécuriser les mesures pour les prochaines années de suivi. « Les premières analyses de biomasse montrent plutôt une équivalence sur l’année en volume, mais une répartition dans le temps différente, avec une pousse retardée au printemps et compensée en été », note Emmanuel Saison, appuyé par Benoît Brunsard d’après les retours d’un démonstrateur avec des ovins à Charolles, en Saône-et-Loire.

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Pour Jean-Simon Vuzé, cet argument est en faveur des panneaux. « Bénéficier d’un étalement du pâturage est une bonne chose ! S’il y a de l’herbe verte sous les panneaux quand le reste du champ est grillé, les vaches seront contentes. » La qualité de l’herbe reste aussi à analyser pour les années à venir, tout comme le peuplement.

 

Le bien-être animal étudié à la loupe

Autre argument positif : l’intérêt pour les animaux de se gratter aux mâts de la structure. Des brosses sont d’ailleurs envisagées pour accroître cet aspect. L’Idele sera amené en 2026 à vérifier le bien-être animal en lien avec le dispositif. « Pour l’instant, je n’ai observé aucune blessure, notamment lors de la monte naturelle, ou comportement négatif de mes animaux ici ! », rassure Jean-Simon Vuzé.

Les hauteurs de bas de panneaux sont aussi comparées dans l’expérimentation (1,80 m, 2,10 m et 2,40 m). Pour Benoît Brunsard de Valeco, c’est la hauteur intermédiaire qui semble la plus adaptée, entre le moindre risque de heurter le bas de panneau pour les opérateurs et l’économie de matière.

Enfin, enjeu de taille : assurer l’entretien de l’enherbement sous panneaux. Avec un entraxe de 10 mètres entre les lignes de plots, il est actuellement possible pour l’éleveur de faucher, puis de faner l’herbe. « Lors de la fenaison, il faut être cependant bien vigilant, car ma faneuse travaille sur 9 mètres », nuance l’éleveur. En parallèle, une réflexion est menée entre Valeco et l’union régionale des Cuma sur un entretien par des outils autonomes (robots tondeurs). « C’est aussi l’avantage de ce démonstrateur : créer des synergies entre acteurs locaux et trouver des solutions innovantes », conclut Benoît Brunsard.

Rédaction Réussir

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