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La chaleur extrême perturbe l’agriculture dans le monde, alertent la FAO et l’OMM qui proposent quatre solutions

La FAO et l’Organisation météorologique mondiale viennent de publier un rapport sur l’exposition du secteur agricole à la chaleur extrême, dans lequel elles recommandent plusieurs solutions pratiques à mettre en place.

homme de dos marchant sur un sol désséché et craquelé
Les vagues d'extrême chaleur impactent très fortement le secteur agricole dans le monde entier.
© FAO/IFAD/WFP/Eduardo Sotera

Un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui vient d'être publié montre dans quelle mesure la chaleur extrême interagit avec la pluie, l’humidité, le vent et la sécheresse pour produire des effets combinés qui perturbent aussi bien les exploitations agricoles que les écosystèmes. Les épisodes de chaleur extrême sont synonymes de baisse des rendements, d’un risque accru d’incendie et de conditions de travail dangereuses pour les travailleurs agricoles

Les cultures vivrières de base déjà impactées

Selon le rapport, les rendements des cultures vivrières de base comme le maïs et le blé ont diminué respectivement de 7,5 % et 6 % par degré Celsius de réchauffement et devraient diminuer jusqu’à 10 % supplémentaires par degré Celsius de réchauffement à l’avenir. Dans des scénarios à fortes émissions, près de la moitié du cheptel mondial pourrait être exposé à une « chaleur dangereuse » d’ici 2100, avec des pertes annuelles avoisinant les 40 milliards de dollars. En revanche, dans un scénario à faibles émissions, les impacts de l’exposition du bétail à la chaleur extrême sont réduits de près des deux tiers.

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Quatre solutions à adopter face à l’intensification de la chaleur

Les deux organisations qui estiment que la chaleur est amenée à s’intensifier au cours des prochaines années, soutiennent que des solutions immédiates et concrètes s’imposent. Elles en proposent quatre.

 

1- Mettre en place un système d’alerte précoce

Le meilleur moyen pour les agriculteurs de faire face à une chaleur extrême est l’alerte précoce. « Les prévisions de température à elles seules ne suffisent pas. Elles doivent se traduire par des indications pratiques au niveau local pour permettre aux agriculteurs de prendre les bonnes décisions » affirme le rapport. Ce dernier donne comme exemple le Cambodge où, grâce au projet PEARL, financé par le Fonds vert pour le climat, 450 000 agriculteurs sont prévenus grâce à une application mobile qui diffuse des alertes sous forme de SMS ou de messages vocaux de l’arrivée d’une vague de chaleur extrême

Au début de la saison chaude en avril, il a ainsi été conseillé aux agriculteurs cambodgiens d’utiliser du paillis pour conserver l’humidité du sol. Lorsque les prévisions indiquent des températures supérieures à 38 °C, les alertes recommandent de mettre les légumes à l’ombre, de stocker de l’eau supplémentaire, d’irriguer pendant les heures les plus fraîches et de garder les produits à l’abri du soleil. Il est aussi recommandé de mettre les cultures à l’ombre, d’installer des brumisateurs ou d’accroître le stockage de l’eau. Il est parfois aussi nécessaire de modifier les pratiques de gestion : ajuster les calendriers de plantation, nourrir les animaux d’élevage pendant les heures les plus fraîches pour que leur digestion n’aggrave pas la chaleur, ou assurer un accès à l’ombre pour les volailles, qui ne peuvent pas transpirer.

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2- Opter pour des variétés de plantes et des races tolérantes à la chaleur

« Dans les régions où la chaleur extrême devient la norme, il peut s’avérer nécessaire de se tourner vers des cultures plus adaptées au stress thermique ou hydrique, voire de remplacer les bovins par des caprins et des ovins, qui tolèrent mieux la chaleur » explique le rapport. Ce dernier avance le cas du Pakistan où, dans le cadre d’un projet conjoint de la FAO et du FVC, les agriculteurs ont choisi d’utiliser des variétés de coton et de blé tolérantes à la chaleur et à la sécheresse, associée à des pratiques de protection contre la chaleur comme le paillage. Ce changement de pratiques, selon le rapport, a permis d’obtenir un rendement atteignant 8 dollars pour chaque dollar investi.

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3- Protéger les agriculteurs et les salariés agricoles

Le rapport rappelle que plus d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale, soit environ 1,2 milliard de personnes, est exposé chaque année à des risques liés à la chaleur sur le lieu de travail, L’agriculture figure parmi les secteurs les plus impactés et le stress thermique peut toucher n’importe qui, à n’importe quel âge. La chaleur extrême constitue l’une des menaces les plus graves pour la santé des agriculteurs, car elle favorise la déshydratation, les lésions rénales et les maladies chroniques. Elle joue aussi sur l’humeur et le comportement, ce qui peut conduire à des imprudences et accroître les risques d’accident. Le rapport explique que protéger les travailleurs implique de considérer la chaleur comme un risque professionnel. Il est donc nécessaire de planifier le temps de travail en fonction des prévisions météo, de prévoir des zones ombragées, de l’eau et des temps de pause et de proposer une formation de base sur les premiers signes de stress thermique.

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4- Maintenir les chaînes d’approvisionnement au froid

Le rapport souligne par ailleurs que la chaleur extrême a aussi pour effet d’accélérer la détérioration des produits après la récolte. Selon les estimations, 526 millions de tonnes de denrées alimentaires, soit environ 12 % de la production mondiale, sont perdues ou gaspillées en raison d’une réfrigération insuffisante, une situation qu’aggravent les vagues de chaleur. Et de donner l’exemple de la Jamaïque, où le FVC soutient ADAPT Jamaica, un projet appuyé par la FAO, visant à mettre en place des solutions de stockage frigorifique à énergie solaire afin que les petits exploitants puissent conserver leurs produits dans des conditions optimales lorsque la chaleur devient intense.

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