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CHALEUR
L'aération souffle un vent de fraîcheur

L'augmentation du nombre de jours de canicules et l'élévation moyenne des températures obligent à repenser la conception des bâtiments pour maintenir une aération maximale, garante de fraîcheur.

Les chaleurs sont de plus en plus nombreuses et étouffantes au cours des saisons estivales. Entre 2000 et 2020, le nombre de jours de canicule cumulé étaient de cinq. Les prédictions pour 2050 portent ce chiffre à 35 jours à +35°C. Les animaux d'élevages pâtissent d'ores et déjà de ces conditions, avec des conséquences plus ou moins importantes sur les résultats technico-économiques.

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Les bâtiments d'élevages ont aujourd'hui le double enjeu de protéger les cheptels des intempéries hivernales comme d'offrir un lieu de confort en période chaude. La conception des bâtiments se repense : orientation, isolation, aération, équipement... Et notamment dans les élevages laitiers où les bovins sont particulièrement sensibles aux fortes températures.


Pas de ventilateur sans aération


Selon une récente fiche de recommandations du CNIEL, les conditions « thermo-neutres » de la vache laitière se situent entre 2°C et 15°C. Plus les températures s'éloignent de cette plage, plus la vache laitière est contrainte de s'adapter. Si elle craint peu le froid et peu s'adapter jusqu'à -20°C (sous conditions d'une alimentation optimale, d'exercice et un courant d'air restreint), c'est en revanche plus compliqué lorsque les températures s'élèvent au-delà de 30°C. La température corporelle de l'animal croît en même temps que le stress (voir graphique ci-contre) et halète davantage (entre 60 et 90 respirations/minute > de 38,5°C ; 90 à 120 respiration/min > de 40°C). Les vaches doivent donc trouver dans les prairies, ou le bâtiment, un environnement de fraîcheur. D'ailleurs, lors des périodes caniculaires, « les vaches sont parfois mieux à l'ombre dans le bâtiment qu'en plein soleil au pré » souligne Éliane Gardon, conseillère bâtiment à l'EDE du Puy-de-Dôme « à condition, ajoute-t-elle, qu'il ne fasse pas plus chaud à l'intérieur qu'à l'extérieur ».
Cette fois encore, tout repose sur l'aération :

« Si aucun air ne rentre ni ne sort naturellement du bâtiment, il ne sert à rien d'investir dans des ventilateurs (en moyenne 67€/vache/an de coût de fonctionnement) qui vont brasser de l'air chaud ou des brumisateurs ! Ces équipements seront efficaces uniquement si l'air circule sans quoi l'effet "courant d'air" rafraîchissant sera nul. C'est même pire avec les brumisateurs ou les douches car l'humidité va stagner en l'absence d'air. » (Éliane Gardon, conseillère bâtiment à l'EDE du Puy-de-Dôme)

L'aération est la meilleure protection contre les fortes chaleurs et, selon la conseillère bâtiment, le plus efficace reste le bardage amovible qu'il est possible d'ouvrir ou de fermer en fonction de la saison et des conditions. « Certains éleveurs ont bricolé des bardages s'ouvrant face aux logettes. C'est une très bonne idée à condition qu’ils ne soient ni au sud ni à l’ouest. » Un bardage amovible ou plus simplement un filet ou un clairevoie peuvent être installés toujours avec la précaution de ne pas créer un rayonnement direct sur les animaux ou la ration.


Isolation de la toiture et translucides


Le plus délicat dans cette adaptation aux fortes chaleurs est le positionnement des translucides, désormais placés de préférence « sur les parties nord et est du bâtiment, il faut oublier les faces sud et ouest que ce soit sur le toit ou la façade». De même, « le dôme éclairant est à proscrire en zone de plaine ». Toujours au niveau de la toiture, les panneaux sandwich sont à privilégier. « Ce qui isole du froid, isole du chaud » explique Éliane Gardon qui invite les éleveurs, sur les bâtiments existants, à réaliser une isolation sous les tôles : « certaines entreprises proposent de projeter de la mousse qui durcit en 7 à 8 secondes ».


Prévoir davantage d'abreuvoir et planter des haies 


Lors des fortes chaleurs, une vache laitière peut consommer jusqu'à 150L d'eau par jour. L’eau doit donc être disponible en quantité et en qualité. L’accès aux abreuvoirs doit être facilité par une répartition optimale dans le bâtiment avec notamment suffisamment d’espace autour de chaque abreuvoir pour éviter la monopolisation par les vaches dominantes. Quant à la taille de ces derniers, le CNIEL recommande, au cœur de l'été, 10 cm/vache de longueur d'abreuvoir et un débit entre 15 et 20 L/min. « L'idéal est de prévoir, à la construction, des espaces permettant d'ajouter un à deux abreuvoirs pendant l'été. Dans les bâtiments existants, il faut également essayer d’en rajouter si le nombre d'abreuvoirs n'est pas suffisant » ajoute Éliane Gardon.
Enfin, la conseillère de l'EDE invite les éleveurs, quelle que soit l'espèce élevée (bovins, ovins, équins, volailles...) de s'inquiéter des abords des bâtiments.

« On avait tendance autrefois à couper les arbres par crainte qu'ils n'occasionnent des dégâts mais maintenant il faudrait en replanter. Une haie à 6 ou 7 m du bâtiment sur les façades sud et ouest, apporte de l'ombre et donc de la fraîcheur. Certaines essences, comme le frêne, poussent très vite et sont très faciles d'entretien. » (Éliane Gardon, conseillère bâtiment à l'EDE du Puy-de-Dôme)

L'implantation de bandes enherbées entre le bâtiment et le chemin de circulation participe également à réduire les températures puisque « l'herbe restitue moins de chaleur que de la caillasse qui est restée en plein soleil ».
                              

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