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Sucrerie Bourdon
Année décevante mais avenir encourageant pour les betteraviers auvergnats

La campagne 2008 restera comme une parenthèse dans les annales de la coopérative sucrière d’Auvergne, qui se prépare déjà à une année 2009 beaucoup plus souriante.

L’assemblée générale de la Sucrerie Bourdon marque la fin du mandat de président de Gérard Greliche et l’élection par le conseil d’administration de Gilles Berthonnèche. De gauche à droite : Jean-Claude Delsuc, président du syndicat des planteurs, Gilles Berthonnèche et Gérard Greliche.
L’assemblée générale de la Sucrerie Bourdon marque la fin du mandat de président de Gérard Greliche et l’élection par le conseil d’administration de Gilles Berthonnèche. De gauche à droite : Jean-Claude Delsuc, président du syndicat des planteurs, Gilles Berthonnèche et Gérard Greliche.
© auvergne Agricole

Après deux campagnes encourageantes, marquées par des rendements records supérieurs à 85 t/ha à 16, la saison betteravière 2008-2009 fait plutôt « grise mi-ne», avec un résultat de 75,6 t/ ha à16.

Drôle de campagne...

Rien n'a tourné rond durant cette campagne ! Entre avril et novembre 2008, les éléments se sont acharnés sur les 4 200 ha de la sole betteravière du Puy-de- Dôme et de l'Allier. Des gelées successives, début avril, ont obligé les planteurs à ressemer 38 % des surfaces. Des températures faibles ont freiné le développement de la betterave. Puis les pluies incessantes entre la mi-mai et le 20 juin ont fini d'asphyxier les parcelles ressemées, favorisant alors le développement de maladies racinaires, principalement le rhizoctone brun. « Les traitements fongicides n'ont pas toujours permis d'enrayer la cercosporiose et certaines parcelles ont été partiellement ou totalement détruites » précise Jean Claude Favier, admi- nistrateur à la Sucrerie Bourdon. Les arrachages ont ensuite été très vite handicapés par les pluies abondantes d'octobre ; l'eau stagnait dans les champs et la tare totale sur le brut entré est donc restée à un niveau élevé (24,25%). Enfin, côté usine, le coupage journalier a été décevant (4 471 t/j à 16), suite notamment à d'importantes difficultés en filtration.
Cette conjonction d'éléments défavorables a entraîné une baisse de la production totale de sucre qui s'élève en 2008 à 473.673 qx contre 520.000 qx l'année précédente. Elle se décompose en 425898 qx de sucre quota et en 48 000 qx de sucre hors quota. La production de mélasse subit également le contre coup avec un volume en régression de 2 300 t par rapport à la campagne précé-dente (10 900 t au lieu de 13300 t en 2007).
Les apports de betteraves ont été rémunérés sur la base de 25,33€, soit un chiffre d'affaires moyen de 1 914 €/ha contre 2 200 les deux campagnes précédentes.

...mais une tendance encourageante

La conjoncture beaucoup plus favorable de la campagne betteravière 2009 devrait faire oublier très vite la déception de 2008. Les conditions de production de cette année sont en effet bien meilleures : des semis optimisés, un gel inoffensif, un bon ensoleillement durant l'été- entrecoupé de pluies régulières -, une croissance favorable avec une bonne évolution de la richesse et des maladies peu offensives. « On retient surtout une attaque importante de noctuelles durant la deuxième quinzaine de mai en raison d'un climat chaud et précoce » indique Christophe Ciecerski, technicien de la Sucrerie Bourdon.
Les réceptions des betteraves ont débuté le 21 septembre. Les derniers prélèvements confirment une teneur en richesse qui dépas-se les 18,4 %. « Nous sommes aujourd'hui à 80 t /ha à 16 avec un taux de progression de 10 à 15% qui devrait permettre d'atteindre un rendement final proche de 90 t / ha à 16 » annonce Christophe.
Un pronostic d'autant plus rassurant pour les producteurs qu'il intervient dans un contexte où les cours mondiaux connaissent une forte hausse, atteignant les plus hauts niveaux historiques depuis l'été 2006, soit 440 USD/t en mai 2009. Pour Jérôme Bignon, directeur de la fédération des coopératives, le contexte déficitaire mondial dans lequel évolue la production betteravière justifie cette embellie. Elle devrait se stabiliser en raison notamment, des situations du Brésil -plus gros producteur mondial (35M t/an)- et de l'Inde, importateur net et gros consommateur de sucre. Mais le directeur met en garde contre la volatilité des prix qui s'installe aussi en production betteravière. « Nous devons nous préparer au sein de l'Europe, contre d'éventuels retournements des cours. Cela passe par la maîtrise des importations : nous avons deux ans pour nous préparer aux impacts liés à l'accès des marchés UE aux produits agricoles des PMA et ACP(1) sans limite quantitative et sans droits (...) Aujourd'hui, l'Europe a l'opportunité de valoriser son sucre en augmentant ses exportations. Mais elle reste inerte... »

(1) Pays les Moins Armés
Pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifiques.

 

La betterave OGM a-t-elle un avenir ?

Tabou en France, la question des OGM ne fait pas débat aux Etats-Unis. Depuis deux ans, les planteurs américains ont adopté une semence OGM résistante au Round'Up.

A lire en page 9 de l'Auvergne Agricole du 1er octobre

 

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