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Elections municipales 2026
Agriculteur et conseiller municipal : « J’ai dû batailler pour que la commune ne sorte pas du syndicat d’entretien des fossés »

Ils sont agriculteurs et actifs sur leurs communes en tant qu’élus. Qu’est-ce qui les motive, comment s’organisent-ils ? Témoignage de Samuel de Smet, 41 ans, père de 4 enfants, agriculteur à Broué (Eure-et-Loir) et conseiller municipal de sa commune (qui compte 900 habitants dont 6 agriculteurs) depuis 2020. Il est associé avec son frère sur une exploitation en grandes cultures de 160 ha avec des grandes cultures (colza, blé, orge) et une diversification en lin textile, porte graines, tabac et safran. 

Samuel de Smet et son frère, dans un champ de tabac
Samuel de Smet (à gauche), agriculteur et conseiller municipal à Broué, avec son frère dans un champ de tabac.
© Samuel de Smet

Pourquoi vous êtes-vous engagé au conseil municipal de votre commune ?

J’ai travaillé à l’extérieur et je suis revenu en 2013 là où j’ai grandi. Je connais bien le village, même s’il attire de nouveaux venus depuis la région parisienne, puisque nous sommes à seulement 4 km des Yvelines. Il y a une proportion importante de gens qui viennent habiter là mais travaillent sur Paris. Avec un turnover important car ils retournent souvent en région parisienne quand leurs enfants sont grands. Il y a 6 ans, on m’a proposé d’intégrer l’équipe municipale. Ca m’a intéressé. Selon moi c’est important qu’il y ait des agriculteurs dans le conseil municipal pour tout ce qui est en lien avec le territoire, la circulation et l’eau. 

J’ai dû expliquer pourquoi il fallait qu’une commune voisine reste dans le syndicat d’entretien, alors que les fossés étaient vides depuis plusieurs années

Par exemple nous avons un syndicat d’entretien des fossés dans lequel je suis le référent de la commune. J’ai dû batailler car une commune voisine voulait sortir du syndicat. J’ai dû expliquer pourquoi il fallait qu’elle reste, alors que les fossés étaient vides depuis plusieurs années et que cela faisait une ligne conséquente sur le budget. C’est important d’avoir des agriculteurs qui connaissent une partie des réalités du terrain surtout dans nos communes rurales. Dans ma commune de 1000 ha on a une grosse proportion de champs. 

Lire aussi : Municipales 2026 : combien de maires sont agriculteurs ? Quel est leur état d’esprit à la veille des élections ?

Vous repartez pour les prochaines élections ? Etes-vous le seul agriculteur de la liste ?

Sur la liste sortante le maire était agriculteur et il y avait un autre agriculteur, qui prennent ou ont pris leur retraite. Ils ne se représentent pas. Le premier adjoint se présente comme maire pour les prochaines municipales. Il n’est pas agriculteur mais souhaitait qu’il y ait également trois agriculteurs sur sa liste du coup deux autres agriculteurs nous ont rejoint. Il faut dire que c’est un avantage pour certaines communes d’avoir des agriculteurs au conseil municipal, on peut se libérer plus facilement en milieu de journée. Nous sommes plus flexibles.

Lire aussi : Agricultrice et conseillère municipale : « Il y a peu de professions comme la nôtre qui permettent de donner du temps pour le paysage, la vie locale, le bien-être… »

Comment conciliez-vous votre métier et vos responsabilités ?

Cela se fait assez naturellement surtout sur une petite commune. Ca ne demande pas énormément de temps. J’ai aussi d’autres casquettes, j’essaie de faire au mieux. L’avantage c’est que sur la ferme nous sommes trois (avec mon frère associé, et ma femme qui est salariée) donc je peux parfois m’absenter il y a toujours quelqu’un pour tenir la boutique. Et puis ce que l’on ne fait pas pendant deux heures sur l’exploitation, on le fera après. 

Lire nos articles sur les élections municipales

Vous n’auriez pas eu envie d’être maire ?

Certaines personnes m'ont demandé si je souhaitais y aller, mais en termes de temps cela ferait trop. Ce serait trop déséquilibré au niveau de la répartition du temps de travail sur l’exploitation. Et puis j’ai des enfants assez jeunes.

Lire aussi : PLU, routes, chemins, eau : quels enjeux des élections municipales 2026 pour les agriculteurs ?

Pourquoi est-ce important de s’engager dans les Municipales, que diriez-vous à un agriculteur qui hésite ?

En tant que maire, je ne sais pas cela demande un engagement important. Mais au conseil municipal, il faut y aller. C’est important de porter la voix des agriculteurs, sans forcément défendre son pré-carré. Quand il y a des discussions qui touchent de près ou de loin au monde agricole, on peut passer un message de pragmatisme et expliquer des choses qui nous semblent parfois naturelles mais sur lesquelles les gens ne se sont jamais posés de question. On peut apporter du bon sens.

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Quel est le projet sur lequel vous avez travaillé qui vous a le plus motivé ?

A titre personnel, j’ai trouvé enrichissant de participer à la création d’un équipement pour les enfants, une aire de jeux. Sinon sur les fossés, il y a eu de la bataille, mais j’étais très content que les gens m’aient entendu et se soient rangés à la sagesse. Après les grandes inondations, ça a ramené tout le monde à la raison. J’ai eu pas mal de commentaires me disant que j’avais eu raison. Après je ne leur jette pas la pierre, il n’y avait pas eu d’eau pendant dix ans dans ces fossés. 

Lire aussi : [Elections municipales 2026] Cathy Donnedevie, éleveuse de bovins viande et maire en Corrèze : « Je cultive le bien commun »

Et pour la prochaine mandature quels sont vos projets ?

J’ai proposé de participer au Sivom (syndicat intercommunal à vocations multiples) pour les écoles (qui regroupe 5 villages et 3 sites) et de continuer mes missions au syndicat des fossés et à la commission des finances. 
 

Vous allez apporter votre pragmatisme sur l’approvisionnement local des cantines ?

Oui nous discutons des contrats tous les trois ans. Et puis je suis vice-président de Terres d’Eure et Loir qui essaie de promouvoir le recours aux produits locaux dans les appels d’offres. Donc oui je connais un peu !

 

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