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Salon de l’agriculture 2026
Agence Bio : « C’est la première année où on perd des fermes bio, avec 386 fermes en moins »

Du fait d’une hausse des arrêts et d’une diminution des nouveaux entrants dans l’agriculture bio, le nombre de fermes engagées en bio a reculé pour la première fois en 2025 a annoncé l’Agence Bio ce matin au salon de l’Agriculture.

Bus de l’Agence bio à l’entrée du salon de l’Agriculture 2026.
Bus de l’Agence bio à l’entrée du salon de l’Agriculture 2026.
© Nathalie Marchand

« En 2025, c’est la première année où on perd des fermes bio » révèle Marine Bré-Garnier, chargée d’études pour l’observatoire national de l’agriculture biologique, au sein de l’Agence Bio, ce 26 février lors d’une conférence de presse sur le salon de l’agriculture

Lire aussi : Agence Bio : comment le nouveau président tente de rassurer sur le salon de l’Agriculture

Ainsi l’an dernier, 61 490 fermes françaises étaient engagées en bio (contre 61 876 en 2024) soit 386 fermes en moins (-0,6%) : une première historique. 4215 arrêts de producteurs engagés en bio ont été enregistrés en 2025, soit 12,9% de plus que l’année précédente. Les arrêts de certification bio ont notamment concerné la viticulture et l’élevage, précise l’Agence Bio. Une baisse des surfaces en grandes cultures bio de 1% est estimée pour l’heure, les chiffres définitifs devant être connus fin mars. En 2024, les arrêts en bio se répartissaient à 50-50 entre les départs en retraite et le retour en conventionnel. Marine Bré-Garnier souligne, pour 2025, une hausse des arrêts dans les exploitations mixtes.

Ce qui s’amplifie c’est le recul des conversions en bio 

« Ce qui s’amplifie c’est le recul des conversions en bio », commente Bruno Martel, éleveur laitier breton et nouveau président de l’Agence Bio. L’année 2025 a ainsi vu arriver 3462 nouveaux producteurs en bio (soit 20,1% de moins qu’en 2024). Des arrivées qui seraient en croissance dans le secteur des fruits.

Relire : Agriculture biologique : surfaces, arrêts et marché du bio en 2024 les chiffres clés de l’Agence Bio

La reprise de la consommation de produits bio se confirme

Du côté de la consommation, les chiffres provisoires présentés par l’Agence Bio pour 2025 s’avèrent plutôt positifs. « On observe une reprise de la croissance de la consommation de produits bio à domicile de l’ordre de 3,5% (en valeur, ndlr) », annonce Marine Bré-Garnier. Une croissance qui reposerait sur tous les circuits, y compris la grande distribution dont les ventes progressent de 1,7% en valeur (avec un recul de 13% entre 2021 et 2024), alors que les magasins bio maintiennent leur croissance (à +6,6%), ainsi que la vente directe (+5,2%). 

Les fruits et légumes frais sont les principaux vecteurs de croissance dans tous les circuits avec les boissons sans alcool, la viande et les œufs en GMS

« Les fruits et légumes frais sont les principaux vecteurs de croissance dans tous les circuits avec les boissons sans alcool, la viande et les œufs en GMS » précise Marine-Bré Garnier. En magasins bio, la croissance concerne tous les rayons sauf le vin. « La chute des ventes de vin bio (-1,5% tous circuits) a freiné la croissance en vente directe et chez les cavistes », note l’Agence Bio.

Ces tendances à la reprise de consommation bio se retrouvent dans le 23e baromètre de perception et de consommation des produits bio présenté ce 26 février au salon de l’agriculture. En 2025, sur un échantillon de 6127 personnes, représentatif de la population française de 18 à 75 ans, interrogé entre le 22 octobre et le 3 novembre 2025, 59% déclarent consommer des produits bio au moins une fois par mois (soit 5 points de plus qu’en 2024) et 35% une fois par semaine (soir 5 points de plus qu’en 2024). Autre point notable de l’étude : 57% des consommateurs évoquent la préservation de la santé comme première motivation et 38% la préservation de l’environnement. Le prix des produits bio reste le premier frein à la consommation, selon 75% des personnes interrogées.

Lire aussi : Le bio est reparti au premier trimestre, quels sont les moteurs de croissance

Vers une meilleure adéquation de l’offre avec la demande bio

Alors que les produits bio ne figurent pas spécifiquement dans les objectifs des plans de souveraineté présentés le 24 février par Annie Genevard, y’a-t-il un risque de tension sur l’offre par rapport à la demande qui repart en hausse ? « Il y a quelques alertes sur les céréales et les fruits et légumes », répond Bruno Martel qui précise qu’il convient également d’être extrêmement vigilant sur l’élevage, avec une période d’inertie de deux ans pendant la conversion. « Il faudra bien appréhender quand réactiver des incitations pour relancer la production » précise-t-il.

Il faut attendre une bonne adéquation entre offre et demande pour relancer les actions de conversion 

Pour autant, le nouveau président de l’Agence Bio se félicite plutôt d’une meilleure adéquation de l’offre par rapport à la demande. « Il y’avait des débouchés bio recyclés en conventionnel, on a une responsabilité là-dessus. Il faut attendre une bonne adéquation entre offre et demande pour relancer les actions de conversion », poursuit-il.

Lire aussi : Bio : là où l’offre revient, les ventes augmentent

Lire aussi : Lait bio : 6 % d’éleveurs en moins en 2025

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