Acétamipride : comment la PPL Duplomb 2 cristallise de nouveau les tensions à la veille du Salon de l’agriculture
Suite de la pétition ayant réuni 2,1 millions de signataires, le débat sur la PPL Duplomb le 11 février à l’Assemblée nationale a de nouveau révélé de forts clivages sur la question de la réintroduction de l’acétamipride. Une opposition ravivée par le dépôt d’un nouveau texte du sénateur Laurent Duplomb.
Suite de la pétition ayant réuni 2,1 millions de signataires, le débat sur la PPL Duplomb le 11 février à l’Assemblée nationale a de nouveau révélé de forts clivages sur la question de la réintroduction de l’acétamipride. Une opposition ravivée par le dépôt d’un nouveau texte du sénateur Laurent Duplomb.
« Qu’on l’adule ou qu’on l’abhorre Laurent Duplomb jubile ! Chacun avec lui est sommé de choisir son camp : celui de ceux qui affament ou celui de ceux qui empoisonnent, choisir entre la souveraineté alimentaire, la santé environnementale et la santé humaine. Ce choix-là est mortifère ! » Ainsi le député socialiste Dominique Potier s’exprime le 11 février lors du débat en séance publique à l’Assemblée nationale sur la pétition d’opposition à la loi Entraves (dite loi Duplomb).
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Et de préciser que le PS déposerait une proposition de loi à la veille du Salon de l’agriculture visant à répondre aux questions posées par Laurent Duplomb. Une PPL intitulée « produire autrement en garantissant le partage de la valeur et en réconciliant le monde agricole et le reste de la société ».
Le débat n’a pas permis de réduire les clivages, ce n’est pas une surprise
Le débat du 11 février, première historique à l’Assemblée nationale, s’est essentiellement concentré autour de l’acétamipride. Comme le souligne le député de Meurthe-et-Moselle le débat a de nouveau cristallisé les tensions entre les pro-PPL du sénateur Duplomb et les anti, forts d’une pétition déposée par une étudiante de 23 ans à l’Assemblée nationale qui a rassemblé plus de 2,1 millions de signatures en juillet 2025.
La pétition contre la proposition de loi Duplomb 2 réunit déjà près de 170 000 signatures
« Le débat n’a pas permis de réduire les clivages, ce n’est pas une surprise », conclut la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Et ce d’autant plus que la nouvelle proposition de loi déposée par le sénateur Duplomb quelques jours avant le débat pour encadrer une réautorisation de l’acétamipride ravive la colère de ceux qui s’y opposent.
« Laurent Duplomb revient à la charge et oui ça m’indigne » s’exclame ainsi Aurélie Trouvé, corapporteur du rapport sur la pétition contre la loi Duplomb en introduction du débat. Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, rappelle qu’en quelques jours une nouvelle pétition contre la PPL Duplomb 2, intitulée « Non c’est non, monsieur Duplomb ! » a déjà récolté plus de 100 000 signatures (plus de 169 000 à l’heure où nous écrivons ces lignes).
Débat sur la loi Duplomb : "Une pétition ayant réuni plus de 2 millions de signatures de la part de nos concitoyens ne peut pas s'ignorer", assure @AnnieGenevard, qui regrette toutefois "des anathèmes et de fausses informations". #DirectAN pic.twitter.com/39oTlsFJEK
— LCP (@LCP) February 11, 2026
L’acétamipride n’aura pas sa place dans la loi d’urgence agricole
Face à cette opposition virulente, Annie Genevard indique que, si à titre personnel, elle est ouverte à la proposition de Laurent Duplomb, le gouvernement ne souhaite pas que ce texte soit intégré au projet de loi d’urgence agricole. « Le Premier ministre a rappelé que ce texte pose des problèmes, or on veut que le projet de loi d’urgence agricole soit le plus rapide possible, cela nécessite du compromis », explique-t-elle.
Ce texte pose des problèmes, or on veut que le projet de loi d’urgence agricole soit le plus rapide possible
Le député Thierry Benoît insiste alors sur l’intérêt que cette réintroduction de l’acétamipride sous conditions soit inscrite dans un « projet de loi avec étude d’impact sur les conséquences sur l’apiculture par exemple » pour donner plus de garanties aux parlementaires plutôt que dans une proposition de loi. La ministre de l’Agriculture lui répond : « la loi d’urgence implique quelques objectifs ciblés : eau, loup et moyens de production et doit être voté très rapidement. La chose est balisée ». Et de préciser toutefois qu’elle serait attentive à l’avis préalable du Conseil d’Etat qui a été saisi par le président du Sénat Gérard Larcher sur la PPL Duplomb 2.
Elle convient par ailleurs que le dernier rapport de l'Efsa sur l'acétamipride ne contenait pas de données nouvelles sur les conséquences sanitaires pour les abeilles mellifères.
Le gouvernement « gêné » avant le salon de l’agriculture
A l’issue de ce débat, dans un communiqué, Générations Futures demande au gouvernement de clarifier sa position sur l'acétamipride, l'estimant « gêné » dans ce dossier, à quelques jours du Salon de l'agriculture.
De son côté la FNSEA s’étonne dans un communiqué « du revirement incompréhensible du gouvernement » à une semaine du salon de l’agriculture. « Où sont passés les engagements du Premier ministre contre la surtransposition et pour le respect des décisions européennes ? » écrit le syndicat agricole. « Peut-on affirmer vouloir défendre la compétitivité française tout en maintenant des interdictions supplémentaires par rapport au cadre européen », poursuit le communiqué.
À une semaine du Salon de l’agriculture, la loi Duplomb 2 revient en débat à l’Assemblée.
Notre position est simple.
Il ne s’agit pas d’idéologie.
Il s’agit de cohérence et d’équité.
On ne peut pas interdire à nos producteurs ce que nous continuons à importer.
On ne peut pas… pic.twitter.com/4Afkoeawi5— La FNSEA (@FNSEA) February 11, 2026
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