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Elections municipales 2026
59 % des ruraux estiment que leur territoire est « abandonné » selon une enquête de Familles Rurales

Alors que les élections municipales se tiendront en avril prochain, Familles Rurales publie son enquête « Territoires ruraux : perceptions et réalités de vie » réalisée par l’Ifop, et interpelle les pouvoirs publics sur l’urgence de l’action pour une population qui se sent « abandonnée ».

tracteur passant devant une mairie dans un village
Alors que les prochaines élections municipales auront lieu en avril prochain, la moitié des ruraux estime que leur territoire est abandonné.
© Charles Baudart

Sept ans après sa première édition et à quelques mois des Elections municipales, l’ enquête « Territoires ruraux : perceptions et réalités de vie »réalisée par l’Ifop pour Familles Rurales, démontre une nouvelle fois que les zones rurales demeurent au cœur des fractures françaises. Pour la réaliser, l’institut de sondage a procédé à deux enquêtes en ligne du 25 juin au 2 juillet derniers : une grand public (1002 personnes) et une autre à destination uniquement des ruraux (1 504 personnes).

Lire aussi : « Le maire peut imposer très positivement ou très négativement la vie des agriculteurs sur le terrain »

La ruralité associée à des « territoires agréable à vivre »

Les Français en général comme les ruraux identifient très largement la vie à la campagne comme le mode de vie idéal (96 % des ruraux, 78 % du grand public). La ruralité reste en effet très largement associée à des territoires « agréables à vivre »  pour 95 % des ruraux et 85 % du grand public et « gagnerait à être mieux connue » (89 %, 90 %). Ses atouts demeurent une meilleure qualité de vie, un air moins pollué, le calme, la proximité avec nature. 

Lire aussi : Energies renouvelables, environnement, changement climatique, accès aux services publics : les ruraux partagent-ils l’avis du reste de la population ?

La sécurité, une motivation pour s’installer dans une commune rurale

A noter que le numérique n’est plus identifié comme un frein à l’installation en milieu rural (cité par seulement 9 % des ruraux et 17 % du grand public), la couverture internet et les télécommunications étant perçues en net progrès (72 % des ruraux pour l’amélioration de l’accès à internet et 59 % pour qualité des télécommunications). Il est à noter qu’un quart des ruraux (25 %, + 6 pts vs 2023) et du grand public (27 % ; + 5 pts) comptent désormais la « sécurité » parmi leurs motivations principales à s’installer dans une commune rurale.

A relire : Pauvreté : les ruraux plus touchés que les citadins

48 % des ruraux estiment que leur territoire est « en déclin »

Toutefois le tableau est loin d’être idyllique puisqu’en 2025, 59 % des ruraux estiment que leur territoire est « abandonné » et 48 % qu’il est « en déclin », soit une hausse de 13 points par rapport à 2023. Ces chiffres dépassent même ceux de 2018, à la veille de la crise des Gilets jaunes

Les ruraux témoignent d’une dégradation au cours des dernières années de l’accès à plusieurs services essentiels. C’est le cas tout particulièrement de l’accès aux services de santé (72 % de citations ; + 6 pts vs 2023 et + 15 pts vs 2018 ) et de l’accès aux services publics de manière plus globale (63 % ; + 3 pts vs 2023 et + 5 pts vs 2018). De même, une large majorité des ruraux déplore une baisse de la présence de commerces de proximité (62 %), ainsi qu’une dégradation de l’état des routes (60 %). In fine, la moitié des ruraux interrogés questionne la possibilité pour les jeunes de rester en milieu rural (57 %, + 7 pts vs 2023).

 

A relire : 338 000 jeunes ruraux âgés de 18 à 24 ans vivent sous le seuil de pauvreté

Mobilité : les ruraux peu satisfaits des moyens mis en œuvre

Autre grief : la mobilité et son coût chez les ruraux. La satisfaction des ruraux à l’égard des solutions de mobilité mises en œuvre sur leur territoire est nettement plus limitée qu’au sein de l'ensemble de la population : 37 % seulement déclarent en être satisfaits, contre 62 % du grand public. Il faut par ailleurs souligner que le poids des dépenses en matière de mobilité est nettement plus élevé chez les ruraux : 63 % d’entre eux déclarent dépenser plus de 70 € par mois pour ce poste de dépenses, contre 47 % au sein du grand public.

A relire : « Nous sommes fatigués de ne toujours pas être considérés » : que demandent les jeunes ruraux à Michel Barnier dans une lettre ouverte ?

La  lutte contre la désertification médicale : une priorité pour les ruraux

Logiquement, la lutte contre la désertification médicale apparaît nettement comme l’action la plus prioritaire à mettre en place chez les ruraux (66 %, stable vs 2023). Une priorité également avancée par l'ensemble de la population, même s’il n’est pas directement concerné (59 % ; +1 pt vs 2023). La nécessité d’une plus forte présence des services publics et sociaux (40 % des ruraux et 41% du grand public, des scores stables vs 2023) se positionne comme le deuxième enjeu jugé le plus prioritaire. A peu près au même niveau, la présence d’écoles, de collèges et de lycées est citée par les deux cibles comme la troisième action prioritaire à mener pour l’avenir du monde rural (respectivement 39 % et 36 %).

 

 

Le maire doit être « compétent », « capable de gérer » et « honnête »

À quelques mois des élections municipales 2026, si les ruraux sont très majoritairement satisfaits de vivre dans le leur commune (88 %),  plus de la moitié d’entre eux (56 %) ne perçoivent pas de changement depuis les élections municipales de 2020. 

Les trois principales qualités souhaitées pour le ou la futur(e) maire convergent entre les deux cibles : pour 45 % des ruraux, l’édile doit être « compétent » (53 % du grand public) et pour 41%, il doit avoir « la capacité à gérer » (44 % du grand public). L’honnêteté figure également dans le trio de tête (respectivement 38 % et 51 %) des qualités souhaitées.

Lire aussi : Elections municipales 2026 : qu’attendent les agriculteurs des futurs maires, selon la FNSEA ?

Elections municipales : 67 % des ruraux prêts à aller voter

D’autres point requis chez le futur maire sont convergents (compétence, capacité à gérer, honnêteté), mais les ruraux valorisent davantage la proximité (37% ; + 6 pts), la défense des intérêts de la commune à l’extérieur (31 % ; +11 pts) et le dynamisme (26 % ; + 8 pts). Si le scrutin avait lieu dimanche prochain, 67% des ruraux inscrits se disent certains de voter (+ 11 pts vs grand public), confirmant la centralité de l’échelon municipal. Aussi bien pour le grand public que pour les ruraux, les enjeux déterminants pour le vote municipal sont proches : santé, sécurité, gestion/finances, propreté.

A relire : Plus d’un tiers des maires ruraux sont épuisés

A relire : Les maires de France appellent à sauver les bureaux de poste ruraux

Cinq priorités de Familles Rurales pour « construire l’avenir des ruralités »

« L’action publique doit renouer avec le terrain, redonner des moyens aux communes, soutenir les services essentiels et appuyer les acteurs associatifs qui maintiennent la vie dans nos villages pour construire l’avenir des ruralités » estime Familles Rurales qui a listé cinq priorités :

  • Assurer un socle minimum de services de proximité dans chaque territoire afin d’en garantir un égal accès à tous ;
  • Créer un plan d’urgence pour mettre fin aux déserts médicaux ;
  • Accroître le soutien aux réseaux d’associations assurant des services à la population dans les zones rurales et en assurer la pérennité grâce à un statut spécifique ;
  • Déployer un plan de mobilité durable adapté aux territoires ruraux
  • Accélérer et soutenir la transition écologique au niveau du territoire, notamment avec un plan national du « Manger mieux » décliné dans chaque intercommunalité afin de renforcer la consommation locale et de saison, accompagner l’évolution des comportements alimentaires et lutter contre le gaspillage alimentaire et le suremballage.

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