Vaccination des canards contre la grippe aviaire : quelles solutions face au désengagement de l’État ?
Face au désengagement de l’État, les professionnels des filières canards poursuivent les discussions pour le financement de la prochaine campagne de vaccination contre l'influenza aviaire.

La troisième campagne de vaccination contre l’influenza aviaire 2025-2026 débutera début octobre. D’ores et déjà, l’État a annoncé une baisse drastique de son accompagnement qui atteindrait 40 % contre 85 % pour la première campagne de vaccination et 70 % pour la deuxième. « Après le 1er octobre 2025, le changement sera radical. L’achat des vaccins passerait sous le giron des professionnels », déplore Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog, le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras, interrogée début août. De plus, un allègement du suivi sanitaire pourrait être décidé par l’Union européenne. Dans ce cas, « s’il y a une baisse de la surveillance, la prise en charge de l’État pourrait être inférieure à 40 % », précise Yannick Carré du Cicar (Comité interprofessionnel du canard à rôtir). L’augmentation du coût de production et la répercussion sur le produit final inquiètent les représentants des filières canard. « Faire passer des hausses sur des filets est difficile dans la filière canard de Barbarie », défend Yannick Carré. Or, les discussions étaient toujours en cours.
Des alternatives évoquées
Actuellement, le coût total d’une campagne de vaccination est estimé à 100 millions d’euros pour les deux filières canards de chair et canards à foie gras. Cette décision est d’autant plus difficile à accepter que le dispositif a fait ses preuves. Une mutualisation entre filières est également discutée. « Par la vaccination, nous protégeons toute la filière avicole. Il serait logique que les autres filières volailles prennent aussi en charge le coût du vaccin », indique le Cifog. Une des pistes évoquées serait que le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) qui indemnise les éleveurs sous certaines conditions « puisse avoir dans ses missions la prévention contre l’IAHP avec la vaccination », évoque Marie-Pierre Pé.