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Une volière plein air sur deux niveaux

Yves-Marie Beaudet, à la tête de 160 000 places en cages, se diversifie dans les productions plein air et biologique.

Pour Yves-Marie Beaudet, 2017 est une année charnière. L’un de ses trois bâtiments va être transformé en volière et accueillera son premier lot de poules plein air d’ici novembre tandis qu’un second site, récemment acquis, est en phase de conversion en agriculture biologique. En fin d’année, il produira trois types d’œufs avec 102 000 poules en cages (code 3), 42 000 poules plein air (code 1) et 15 000 poules biologiques au sol (code 0). Installé à Landéhen sur l’exploitation transmise par ses parents, Yves-Marie Beaudet se définit comme un « enfant de la cage », convaincu de la qualité supérieure de l’œuf en code 3. Pour s’adapter à l’évolution des attentes des consommateurs, il s’est obligé à remettre en question un outil de production, pourtant très fonctionnel et rationnel (un seul centre d’emballage, 3 salariés…) « Me diversifier dans les œufs alternatifs permet à mon exploitation de rester attractive vis-à-vis de mon organisation de production qui m’assure un débouché pour mes œufs de cages. »

Un « pouloduc » pour traverser une route communale

Le bâtiment à transformer en volière fut le premier des trois à passer aux cages aménagées en 2008 (2011 et 2012 pour les deux autres). Elles ne seront pourtant amorties que fin 2018. Situé en périphérie du site, il s’agit d’un ancien bâtiment en fosse profonde de 58 000 places avec un étage. Il se trouve à proximité de trois parcelles lui appartenant dont une longeant le bâtiment. La capacité de la volière (42 000 places) est limitée par le foncier (16,8 ha), sachant que le bâtiment, large de 14,6 mètres, pourrait potentiellement recevoir 52 000 poules. Équipé de trois rangées de volières sur deux niveaux, le bâtiment sera divisé en quatre zones de 10 500 poules (deux par étages), avec 4 parcours distincts. L’éleveur s’est creusé la tête pour optimiser l’accès à l’extérieur monolatéral. Il a su profiter de la topographie du site, le champ se trouvant à mi-hauteur entre le rez-de-chaussée et l’étage du bâtiment. Les deux parquets à l’étage y accéderont grâce à deux larges passerelles en légère pente. Ceux du bas longeront de part et d’autre du bâtiment un couloir bétonné de 5 mètres de large situé sous chaque passerelle et débouchant sur leurs parcours respectifs. L’un d’eux comprendra un « pouloduc » pour accéder à une parcelle de l’autre côté d’une route communale. Il s’agit d’une buse bétonnée de 2 mètres de large sur 5 de long, installée sous la route. L’éleveur souhaite planter des arbres supplémentaires pour créer des zones d’ombre, en plus de celles des cinq trackers photovoltaïques de 18 kW posés l’an dernier.

Avoir un coup d’avance avec un bâtiment évolutif

La toiture du bâtiment sera prolongée pour créer une zone sèche de 5 mètres de large à la sortie des trappes du niveau inférieur et abriter les passerelles. Cette zone pourrait être transformée en jardin d’hiver en cas d’évolutions réglementaires (bien-être, sanitaire…). L’investissement est estimé à 24 euros par poule, soit un million d’euros (volière, plancher, modification de la ventilation, grillage pour les parcours… sachant que les convoyeurs à œufs et à fientes sont récupérés).

Il faut y ajouter les 300 000 euros (20 euros/poule) de transformation et de remise à neuf du futur site de production d’œufs bio (jardin d’hiver, bardage bois…). Situé à 2 kilomètres, il comprend un bâtiment de 6 000 poules plein air et un second de 13 000 poules au sol. « Ce bâtiment en code 2 n’avait pas une taille suffisante pour être rentable et je ne disposais pas du foncier pour tout passer en plein air. » Pour tout convertir en bio (11 000 + 4 000 places), il lui manquait 4 hectares qu’il a pu échanger avec deux exploitants voisins.

Au final, 1,3 million d’euros vont être investis en 2017. « Un choix nécessaire pour amener de la durabilité à ma production. Dans ce schéma d’évolution, les poules EN alternatif se substituent aux places perdues en cages, sans augmentation de cheptel », précise-t-il.

Des passerelles pour accéder aux parcours

La parcelle donnant accès aux parcours se trouve à mi-hauteur entre le sol du bâtiment et le plancher à 3 mètres de haut. Les poules situées au niveau supérieur accéderont au parcours par deux passerelles larges de 25 mètres et longues de 5 mètres, inclinées à 10 %. L’extrémité de ces rampes métalliques repose sur deux murs bétonnés bordant le parcours. Le différentiel de hauteur entre le mur et le terrain actuel (1 mètre) sera comblé par le terrassement en déblai ou remblai (pente descendante pour les poules du niveau supérieur et ascendante pour celles situées au sol).

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