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Une volière plein air « à la mode de Bretagne »

Producteurs d’œufs de code 3 à Pluméliau dans le Morbihan, Frédérique, Simon et Pierre Le Badezet se lancent dans l’œuf plein air produit en volière Fienhage, avec « nid, eau et aliment à chaque étage ».

Avec 150 hectares de SAU, 90 000 poules en cage, un atelier porcin naisseur-engraisseur de 300 truies et un bâtiment de dindes de 1 200 m2, les trois associés avaient assez de travail avec leurs deux salariés pour se passer d’un nouvel atelier de 30 000 poules pondeuses plein air. « Mais nous nous sommes dit qu’il fallait se diversifier pour bien s’adapter aux demandes du marché de l’œuf qui se tourne vers ceux produits hors cage », résume Frédérique Le Badezet, épouse de Simon. Pas dans n’importe quelles conditions. « On voulait faire de l’œuf plein air différemment. On ne veut pas être esclave du travail et sacrifier notre vie de famille, renchérit Simon. Nous avons donc cherché à optimiser la qualité et le confort de travail, avant l’aspect économique. » Ils ont voulu une volière pour faciliter la gestion des fientes (séchées et exportées) surtout si la durée des lots s’allonge dans le futur. Et ils ont préféré la volière Fienhage à deux étages nouvellement distribuée par Sérupa, « parce que l’accès au nid, à l’eau et à l’aliment est possible à chaque niveau. Cela nous a rassurés. C’est assez proche de ce que l’on connaît. » Venant de la cage, les éleveurs s’y sentent mieux. Ils ont aussi été séduits par les grillages légèrement inclinés qui permettent aux œufs pondus hors nid de rouler vers le collecteur central. Ils ont opté pour quatre rangées plutôt que trois habituellement. « Cela nous permet d’avoir plus de longueur de tapis de collecte pour stocker les œufs. C’est intéressant pour éviter le ramassage du dimanche et pour conditionner en moins d’une heure. Car notre emballeuse préexistante traite 40 000 œufs par heure. »

Avantage à la ventilation dynamique

Une autre particularité technique concerne la ventilation dynamique progressive Skov, installée sur les conseils de leur fournisseur MatÉlevage. « Le coût n’est pas plus élevé qu’en statique (surcoût du chapiteau), souligne Loïc Rosnarho. Les poules sont mieux ventilées en période chaude, durant laquelle elles sont peu sur parcours. L’air sera de meilleure qualité (CO2, NH3, séchage du sol). » Deux rampes de brumisation permettront d’abaisser la température de 5-6 °C. Les poules seront sous régime statique pendant que les trappes du parcours sont ouvertes ; sinon en dynamique de même qu’au-delà d’un seuil de température. L’entrée d’air est assurée par des trappes bilatérales et l’extraction par six cheminées et quatre turbines en pignon. « Chez Skov, on sait aussi travailler avec une dépression nulle, ajoute Jean-Yves Le Moigne. C’est plutôt destiné aux bâtiments de plus grande largeur (ici 18 m), ayant plus d’obstacles à la circulation de l’air. Dans ce cas, l’air arrive par le faîtage. »

Combat avec les banques

Pour les éleveurs qui ont porté ce projet durant deux ans, le plus difficile a été de convaincre les banques. « Il a fallu batailler ferme. Comme nous avions encore 1,5 million d’euros d’annuités jusqu’en 2025 pour le poulailler de 90 000 poules, les ratios financiers nous coinçaient. » Appuyés par leur coopérative Cecab qui leur a fait un contrat de dix ans, ils ont finalement signé avec le Crédit Mutuel de Bretagne et la Banque populaire, sur 9 et 12 ans. L’investissement atteint 840 000 euros, soit 28 euros par place. « On a pu économiser 7 euros par place grâce à la proximité avec l’autre poulailler. » En effet, le centre d’emballage et le hangar à fientes sont communs aux codes 3 (œufs blancs) et 1 (œufs bruns). « À l’avenir, on compte poursuivre le code 3 le plus longtemps possible. » Car faute de capacité foncière (maximum atteint avec les 12 ha de parcours), il n’y aura plus d’autre volière en plein air.

Huit poules par mètre carré utilisable

Le bâtiment Europa de Sérupa de 106 m sur 18 m comprend quatre rangées de 2,5 m de large divisées en trois sections de 32,5 m (13 modules de 2,5 m) qui abriteront chacune plus ou moins 10 000 poules. La longueur utilisée est de 97,5 m (sur les 106 m), ce qui représente 1 755 m2 avec le dessous de volière accessible (nettoyage par un racleur). Quant au système, il développe 1 950 m2 (huit fois 243,75 m2 par étage). La densité est donc de 8,1 poules par m2 utile et de 17 par m2 de sol. Chaque section comprend 80 nids à fond relevable de 1,25 m chacun (100 poules par nid) et à chaque niveau une pipette tous les 25 cm. Le second étage comprend quatre lignes de perchoirs supplémentaires au-dessus des nids. Trois détails ont retenu notre attention : la mangeoire qui passe en hauteur devant le nid (effet barrière ?), la hauteur de 80 cm à enjamber pour l’opérateur qui veut monter au sommet, la barre repliable en bas de rangée qui pourrait être une plateforme plus stable permettant d’inspecter le système sur toute la longueur.

Opportunité pour des éleveurs en code 3

La coopérative Cecab s’est lancée dans la volière au début des années 2010. Elle travaille avec une dizaine de bâtiments en volière plein air, soit environ 250 000 poules sur un cheptel plein air de 450 000 (hors label rouge et bio). Pour Stéphane Baillargeau, responsable du développement, « la volière s’adresse particulièrement à nos éleveurs sous code 3, qui auront besoin d’évoluer soit vers du code 2 sol, par manque de foncier, soit vers du code 1 plein air ». La volière est exclue en plein air label rouge. Et très difficile à développer en bio, compte tenu des règles franco-françaises : pas plus de 12 000 poules par bâtiment et 9 poules par m2 de sol sachant que la densité par m2 utilisable reste à 6. Ici, ce bâtiment pourrait recevoir 15 795 poules à 9/m2 de sol mais pas 22 230 poules à 6/m2 utile. Enfin, il faut trouver des poulettes bio élevées en volière.

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