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Poulet de chair : une meilleure croissance grâce à l’alimentation précoce

Au couvoir ou en éclosion à la ferme, la pratique de l’alimentation précoce apporte des bénéfices non négligeables en production de poulet de chair.

Aujourd’hui, l’éclosion à la ferme représente 8 % de la production européenne de poulet de chair. Cette pratique, qui continue son développement en France, présente de nombreux avantages, notamment la réduction du temps d’attente entre l’éclosion et la première alimentation du poussin. L’alimentation précoce au couvoir donne accès à la nourriture et à l’eau dès l’éclosion, réduisant la durée de jeûne du poussin éclos. Cette période varie, de manière générale, entre 24 et 48 heures, mais peut aller jusqu’à 72 heures en fonction du transport du couvoir à l’élevage et de la fenêtre d’éclosion, soit l’intervalle de temps entre l’éclosion du premier et du dernier poussin. Cette période est considérée comme critique par plusieurs études, qui ont démontré qu’une privation supérieure à 36 heures post-éclosion d’eau et d’aliments pouvait nuire au développement intestinal, immunitaire, ou encore à la capacité de thermorégulation et de réponse au stress.

Lire aussi : L’éclosion des poussins à la ferme a de multiples atouts

Des poulets plus lourds

Des résultats d’études, présentés aux Journées de la recherche avicole (JRA) 2026 dans le cadre de la présentation sur les nouvelles pratiques périnatales, démontrent que l’accès à une alimentation précoce entraîne de nombreux bénéfices. À 7 jours d’âge, on observe un poids supérieur de 24 % par rapport à des poussins ayant attendu 35 heures pour s’alimenter et de 56 % pour un délai de 72 heures. L’écart persiste sur toute la phase d’élevage, avec des gains de poids à 35 jours pouvant aller jusqu’à 11 %. L’alimentation précoce favorise le développement musculaire, avec une surexpression des gènes (myoG et MRF4) associée à un poids corporel significativement plus élevé. Le diamètre des fibres musculaires pectorales est accru, ces animaux présentant un poids corporel moyen de 5 % supérieur, à 21 et 35 jours d’âge.

Lire aussi : Un cube de gel aide les poussins au démarrage

Une meilleure valorisation des nutriments

À l’éclosion, le poussin possède une fonction digestive encore immature, le passage à une alimentation solide nécessitant un développement rapide du système gastro-intestinal. L’alimentation précoce accélère la maturité de l’appareil digestif, ainsi que le développement des villosités intestinales, favorisant une meilleure valorisation des nutriments.

Une santé améliorée

On observe également une meilleure réponse immunitaire, ainsi qu’une résistance aux pathogènes. Cela a notamment été démontré en conditions expérimentales par une baisse de la mortalité à la suite d’une exposition à l’entérite nécrotique. Ces mêmes animaux présentaient également une quantité d’anticorps plus élevée. Une activation prolongée de l’immunité innée a également été observée sur des animaux ayant profité de l’alimentation précoce.

Lire aussi : L’accès précoce des poussins à l’eau est primordial

Un impact sur le travail de l’éleveur

L’alimentation précoce implique toutefois des coûts supplémentaires. Dans le cadre de l’éclosion à la ferme, des investissements ainsi qu’une charge de travail additionnelle sont à considérer. Dans le cadre de l’application de cette pratique directement au couvoir, le prix du poussin se trouve augmenté.

Pour l’éleveur, l’éclosion à la ferme réduit le vide sanitaire, et augmente d’une vingtaine d’heures la charge de travail par : l’installation des dispositifs, de la surveillance et de la gestion de l’éclosion, ainsi que du nettoyage et de la désinfection du matériel. Des surcoûts sont également à prévoir, avec le chauffage du bâtiment (soit 4 à 5 % de gaz en plus) et la prise en charge des vaccins.

Dans le cas de l’intégration de l’alimentation précoce directement au couvoir, les coûts sont estimés, pour le couvoir à 0,02 euro par poussin, avec le système HatchCare. D’après le projet européen BroilerNet, le retour sur investissement pour l’éleveur est estimé à 5 %, lié à l’amélioration de la croissance.

« La mise en œuvre de ces pratiques reste associée à des défis techniques, à des surcoûts et à une charge de travail différente, qui devront être pris en compte et compensés économiquement pour envisager leur déploiement à grande échelle », conclut l’étude.

S’équiper pour l’éclosion à la ferme

Plusieurs dispositifs sont disponibles, chacun ayant ses propres spécificités. On compte ainsi un investissement initial de 20 à 25 euros par m² pour le système X-treck, tandis que pour One2Born, l’achat des alvéoles à usage unique représente un surcoût de 0,02 euro par poussin. Le système NestBorn, impliquant l’installation de copeau et la location de la machine disposant les œufs, entraîne un surcoût de 0,04 euro par poussin.

Source : Métayer-Coustard S.2026 et al,. Nouvelles pratiques périnatales : ces premiers jours qui changent tout. Seizième Journées de la recerche avicole et aplmipèdes à foie gras. 

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