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Une approche globale de la coccidiose payante chez Valsoleil

Chez Valsoleil, la mise en place d’une approche globale, basée sur du monitoring et l’ajout à l’aliment d’un anticoccidien, a permis d’améliorer les performances techniques et économiques des lots de poulets.

Comme tous les éleveurs, les adhérents à la coopérative drômoise Valsoleil savent que s’il est impossible d’éradiquer totalement les coccidies, on peut en maîtriser la prolifération. Aussi fin 2023, quand la coopérative leur a présenté un programme de lutte intégrée en utilisant un anticoccidien (le Maxiban de la famille des ionophores potentialisés) et en adoptant un monitoring poussé basé sur le recours au service HTS (Health tracking system) d’Elanco, les éleveurs ont accepté de jouer le jeu.

lire aussi : "Le coût d’une coccidiose représente 18,7 centimes par poulet".

« La coopérative a proposé à ses adhérents de participer à hauteur de 50 % sur l’investissement du programme anticoccidien, en misant sur un potentiel doublement de retour sur investissement. Cela s’est traduit par une augmentation du coût de l’aliment de 5 euros la tonne dans nos contrats. Au vu des résultats des essais précédemment mis en place, nous savions d’ores et déjà qu’il y aurait un retour sur investissement et Valsoleil a choisi de le partager avec les éleveurs », explique Yannick Charroin, responsable production volaille de chair. En juin 2025, la coopérative annonçait une marge moyenne poussin aliment de 11,15 euros par m2 et par lot de poulets.

Des résultats économiques améliorés

Cette assurance de la direction de Valsoleil avait été acquise grâce aux résultats d’un test réalisé durant six mois en 2022 avec huit éleveurs disposant chacun de deux bâtiments identiques, avec des lots arrivés le même jour et recevant le même aliment, dans l’un desquels était testé le Maxiban 100 ppm (0-28 j) et l’application du programme sécurisé ; et pour l’autre lot un protocole d’anticoccidiens différent {Robénidine (0-20 jours) + Salinomycine (21-28 jours)}. Le programme Maxiban avait permis une amélioration significative de l’IC de + 3 points et du GMQ de + 1,03 g/j.

« Ce test, bien encadré, nous a permis de prendre une décision en connaissance de cause », souligne Sylvain Vérité, technicien de la coopérative. En janvier 2024, le programme sécurisé a été mis en place auprès de 45 éleveurs produisant des « poulets du quotidien » (Ross 308), destinés à l’abattoir local BRD. Il a été poursuivi dans les mêmes conditions jusqu’à début juillet 2025.

Les résultats enregistrés fin 2024 ont conforté la direction dans son choix puisque les résultats économiques ont été sensiblement améliorés eu égard à l’investissement réalisé (556 euros de surcoût pour 100 000 poulets standards). Les objectifs de la coopérative étaient clairs : améliorer le poids des poulets, la coloration des carcasses et la démédication.

Une émulation pour l’équipe technique

La majorité des cas de coccidioses, notamment à E. acervulina et E. maxima, ne se manifeste pas par la présence d’animaux « visiblement » malades. Pourtant, la présence du parasite dans le tube digestif a un impact sur le fonctionnement de l’intestin et l’efficacité alimentaire, et donc sur la croissance et l’indice de consommation.

« En 2023, nous nous trouvions face à des infections subcliniques, nous devions gérer une pression parasitaire ! » se souvient Sylvain Vérité. La mise en place du protocole HTS (1) chez 80 % des éleveurs de la coopérative se solde par un accroissement du travail des techniciens. Il faut prélever des volailles dans chaque lot pour les conduire au laboratoire de biologie pour l’autopsie. Dans la mesure du possible, ils réalisent les prélèvements salmonelles en même temps. « Ces résultats nous renseignent sur le niveau de coccidies de l’atelier et leur saisonnalité, mais surtout ils apportent d’autres données intéressantes outre l’état de l’appareil digestif ; ils permettent de faire le point sur les ulcères du gésier, les pododermatites, de vérifier les bourses de Fabricius… Le Maxiban ne fait pas tout, il permet de faire baisser la pression parasitaire et c’est avec l’outil HTS que nous pouvons aller vers une progression technique dans chaque atelier », rappelle Sylvain Vérité. L’approche globale comporte également l’usage du service Audicox pour monitorer les pratiques d’hygiène et de biosécurité.

Ce programme s’est également soldé par une amélioration du travail technique et une émulation au sein de l’équipe. « L’intérêt majeur de HTS est de donner une image de la situation sanitaire à l’échelle de l’organisation de producteurs et d’observer l’évolution dans le temps des différents critères de santé. » Le partage d’un rapport mensuel et annuel avec comparaison avec la tendance nationale ou européenne permet aussi d’identifier des zones de progrès.

(1) Au travers de la réalisation d’autopsies, le HTS permet de suivre l’état de santé des lots de volailles. 38 critères de santé sont notés selon un protocole standardisé pour tous les laboratoires partenaires, intégrant le référentiel de Reid et Johnson mais également d’autres critères : contenus digestifs, ulcères de gésier, lésions articulaires, pododermatite

Favoriser la démédication

Pour Valsoleil le programme sécurisé a eu pour effet de réduire le nombre de lots traités par antibiotiques en passant de 34 % des lots au premier trimestre 2024 à 13 % au quatrième trimestre. Et les charges vétérinaires ont diminué de 33 % entre 2023 et 2024. Aucun traitement anticoccidien n’a été réalisé en 2024.

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