Aller au contenu principal

L'interview de Chantal Brèthes et Bernard Tauzia, responsables d’organisation de producteurs
« S’adapter pour reconstruire l’équilibre dans nos filières landaises »

Habitués à surfer sur des chiffres à la hausse, les éleveurs landais mettent en place des mesures drastiques pour ne pas devenir les otages d’épizooties à répétition.

Chantal Brèthes et Bernard Tauzia président respectivement l’organisation de production des palmipèdes et des volailles de la coopérative landaise Maïsadour. La première compte 132 Éleveurs et gaveurs, et la seconde 346 producteurs de volailles. Avec ses filières, le groupe Maïsadour fédère 800 aviculteurs.
© X. CRESP
Les Landes ont été gravement touchées par l’influenza. Comment réagissez-vous ?
Chantal Brèthes - « La première crise nous avait fait prendre conscience du risque sanitaire et nous avons entamé un travail de fond. La seconde a été révélatrice de nos fragilités. Elle nous a obligés à comprendre qu’il faut vivre avec, et qu’elle ne s’arrête pas aux portes des élevages de canards prêts à gaver. Avec 50 % de baisse de production en deux ans, c’est un coup de massue dont il faut tirer les conséquences. »
Bernard Tauzia - « Les producteurs de volailles étaient plus avancés en termes de biosécurité, mais l’épizootie généralisée (arrêt de deux couvoirs, euthanasie, dépeuplement, claustration) a fait chuter la production de 20 % l’an dernier. Aujourd’hui, ce qui compte au-delà de nos propres préoccupations, c’est de jouer la solidarité des deux filières réunies autour d’un projet de biosécurité. »
Quel accompagnement a été proposé aux éleveurs ?
C. B. et B. T. - « Durant ces tourmentes, nos organisations de productions ont mis l’accent sur l’accompagnement humain des éleveurs et de leurs familles, confrontées à l’euthanasie de troupeaux, des fermes vides, des situations financières précaires. Il a fallu concentrer son énergie à sauvegarder des activités économiques traditionnelles du bassin landais, allant au-delà des seuls éleveurs. Entre les aides directes via les fonds de compensation et les prêts de trésorerie (trois ans à taux zéro), la coopérative a injecté plus de sept millions d’euros pour ses éleveurs. Ce soutien a porté ses fruits car la quasi-totalité de nos adhérents continuera d’exercer son métier. Maïsadour remplit aussi son rôle au côté des instances professionnelles pour travailler avec les services de l’État, pour suivre les dossiers d’indemnisations, la mise en place des plans biosécurité. De leur côté, les filiales Delpeyrat et Fermiers du Sud Ouest ont assuré la pérennité de la chaîne de production. »
Quel est le plan de relance en palmipèdes ?
C. B. - « Du côté des éleveurs de PAG, la mise en place du plan biosécurité et les cent mesures du plan de prévention des risques de Maïsadour vont au-delà des préconisations gouvernementales. Ils s’appliquent à la totalité de la filière. C’est trois millions d’euros investis, pour éviter de « perdre » 11 millions de volailles et de canards (majoritairement non produits) ces deux années. La densité des canards a été abaissée à cinq par mètre carré de bâtiment pour être claustration intégrale si besoin, du 15 novembre au 15 janvier. Nous travaillons à 50 % des volumes antérieurs, d’où une baisse de rentabilité des sites. Cela oblige à construire de nouvelles installations pour retrouver le volume. Notre programme Starpag doit permettre la construction rapide de bâtiments adaptés à la bande unique. Pour les gaveurs ayant des structures déjà aux normes mais travaillant à mi-régime, la contribution de la filière est une nécessité vitale pour leur survie immédiate et pour la pérennité de la filière. »
Comment la filière volaille landaise joue-t-elle sa partition ?
B. T. - « Totalement solidaire, et confrontée aux mêmes enjeux. Malgré des éleveurs mieux préparés avec des bâtiments bien protégés, la facture est salée : deux accouveurs fragilisés, une baisse des plannings en label Landes et Liberté, des parts de marchés récupérées par la concurrence à reconquérir. Le plan de biosécurité commun doit nous aider à retrouver la confiance auprès d’acheteurs qui s’interrogent sur notre capacité à résister aux contraintes sanitaires. Nous assurerons le renouvellement des éleveurs avec des constructions, mais nous devrons attendre le retour des marchés perdus pour ouvrir les portes à de nouveaux éleveurs. »
« Nous ne laisserons personne au bord du chemin »

Les plus lus

<em class="placeholder">Olivier Le Gal, installé à Moustoir-Ac dans le Morbihan : « En traitant les œufs des lots plus compliqués, la casserie nous aide à mieux maîtriser le risque de ...</em>
« La durée de ponte de mes poules pondeuses progresse d’une semaine chaque année »

Olivier Le Gal dans le Morbihan améliore d’une semaine par an la durée de ponte de ses lots de poules brunes. Ses atouts …

<em class="placeholder">Un lot qui reste rentable jusqu’à une réforme tardive devra avoir un taux de perte et d’œufs déclassés suffisamment maîtrisé, au risque de perdre l’intérêt de ...</em>
« L’intérêt économique de prolonger la carrière des poules pondeuses doit être évalué lot par lot et ramené à l’année »

Pour Nicolas Destombes, de Lohmann France, l’intérêt de prolonger la carrière de la poule doit être raisonné pour chaque lot…

Le groupe DanHatch prend la main sur l'entreprise d'accouvage BD France dans le Finistère

Le 25 mars, l'entreprise d'accouvage et de multiplication BD France a annoncé un changement substantiel au sein de son…

<em class="placeholder">carte foyers IAHP</em>
Grippe aviaire : une situation toujours évolutive en France et en Europe

Même si l’épizootie d’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) se situe aujourd’hui à une échelle différente de l’hiver…

<em class="placeholder">Les trophées de la performance 2026 du groupement Armor Œufs remis aux éleveurs.</em>
Armor Œufs veut mettre en place 1 million de places supplémentaires de poules pondeuses d'ici 2028 en Bretagne

Le groupement de producteurs Armor Œufs déploie une stratégie claire pour se développer et vise 1 million de places de poules…

<em class="placeholder">L&#039;Efsa recommande une surface de 0,82 m2 pour un animal de 25 kg.</em>
Bien-Etre en dindes : quelles sont les principales recommandations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments?
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a émis un avis sur le bien-être des dindes. Le point saillant est la…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)