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« Plus de six mois sans pou rouge sur mes poules »

Chez Adrien Hervault, le traitement antiparasitaire Exzolt administré à ses poules pondeuses et le renforcement des mesures de biosécurité ont permis de maintenir dans la durée un faible niveau d’infestation en poux.

Les prélèvements de poux à différentes zones de la volière ont montré une plus forte infestation dans les perchoirs du dernier étage et dans les rangées centrales. © A. Puybasset
Les prélèvements de poux à différentes zones de la volière ont montré une plus forte infestation dans les perchoirs du dernier étage et dans les rangées centrales.
© A. Puybasset

À Mauron dans le Morbihan, Adrien Hervault a prévu de généraliser cette année le traitement antipou rouge Exzolt à l’ensemble de son élevage de poules pondeuses en volière. Il compte bien atteindre le même résultat que celui obtenu l’an dernier dans deux de ses bâtiments de 28 000 et 22 000 poules, débarrassées de leurs parasites pendant plus de six mois, au lieu de deux mois habituellement après traitement d’un insecticide par pulvérisation.

Ce résultat s’explique par l’action systémique de l’antipasitaire du laboratoire MSD Santé animale administré par l’eau de boisson et par un ensemble de mesures visant à retarder la réinfestation des bâtiments. Adrien exploite, avec ses parents Martine et Patrick Hervault, deux sites de production d’œufs, soit 120 000 poules en code 1 et 2 +. Jusqu’à présent bien régulée, la population de Dermanyssus gallinae a progressivement augmenté, notamment dans l’un des bâtiments (P1), autrefois en cage et réaménagé en 2016 en volière plein air. « La volière rend plus complexe la gestion des poux, du fait de plus nombreux replis dans lesquels ils peuvent se cacher. Certaines zones peu accessibles, comme les nids, sont aussi plus difficiles à atteindre lors des pulvérisations. » Malgré l’absence d’impact significatif sur les performances du lot ni sur l’état d’emplumement des poules, la réapparition régulière des acariens, bien visibles même de jour, obligeait l’éleveur à pulvériser un insecticide tous les deux mois environ.

Éviter le retour des poux

 

 
Adrien Hervault, producteur d’œufs à Mauron : « Six mois sans avoir à traiter contre le pou rouge, c’est davantage de confort pour la poule mais aussi pour l’éleveur. » © A. Puybasset
Freiné de prime abord par le prix élevé, Adrien a testé le produit Exzolt dans le cadre d’essais en élevages plein air, mené par son groupement Armor Œufs et son vétérinaire sanitaire. Un audit de biosécurité pou rouge a été réalisé en amont du traitement. Il a permis d’identifier les principaux risques de retour des poux et les mesures à mettre en place pour le retarder. Elles ont notamment porté sur le renforcement de la biosécurité pour limiter les réinfestations depuis le second site, ayant un lot d’âge différent (changement de tenues régulier, lavage à 60 °C, détergence des bottes…) ainsi qu’avec le second bâtiment P2 du site de poules plein air, également traité Exzolt (renforcement du protocole de désinsectisation du hangar de stockage et des convoyeurs à fientes, des abords des bâtiments avant et après traitement…). Un second microtracteur a été acheté, pour en disposer d’un dédié par bâtiment.

 

Mieux cibler les zones à désinfecter

Le diagnostic pou rouge de MSD Santé animale comprenait également des mesures d’ambiance (vitesse d’air, température, hygrométrie) et une évaluation du nombre d’acariens dans les zones du bâtiment, équipé d’une volière Natural Step de Big Dutchman en trois rangées de trois étages. Elle a montré un niveau d’infestation beaucoup plus élevé au dernier étage, là où se perchent majoritairement les poules la nuit (score 4 d’infestation). Les poux étaient aussi plus nombreux (score 3) dans les deux allées centrales au second étage. « Cela s’explique probablement par de moindres vitesses d’air et une température plus élevée dans ces zones. À l’inverse, il y avait très peu de poux près des turbines d’extraction, le parasite n’aimant pas les courants d’air. » Cette cartographie des zones d’infestation a aidé l’éleveur à mieux cibler les zones à désacaricider au moment du vide sanitaire qui a été renforcé.

Un bon retour sur investissement

Le traitement Exzolt a été distribué en mai 2020 aux poules de 37 semaines d’âge. Les poux ne sont réapparus qu’à 64 semaines, soit 26 semaines sans pou. Adrien fait un bilan très positif. « Six mois sans avoir à traiter, c’est du confort pour la poule mais aussi pour l’éleveur (pas de démangeaisons). Le traitement par l’eau de boisson est plus facile à administrer que par pulvérisation, surtout en volière. Les poules sont moins nerveuses, c’est aussi plus agréable pour nous. » L’éleveur a constaté une baisse de la mortalité et une très bonne persistance de ponte. Le lot est sorti avec un bien meilleur résultat que le précédent. « Même s’il est difficile à chiffrer précisément, le retour sur investissement est bien là, malgré le prix élevé du produit (plus de 20 cts par poule soit 2 à 3 fois plus que d’autres produits du marché. »

Mention bien-être pour l’antipou rouge Exzolt

Mis en marché depuis trois ans, le produit Exzolt a démontré son efficacité contre les poux rouges infestant les poules pondeuses, avec la quasi-totalité (99,99 %) d’entre eux tués dans les 4 heures suivant le traitement. Depuis fin janvier 2021, l’Agence européenne du médicament a reconnu une nouvelle mention inscrite dans l’AMM de l’antipou rouge Exzolt, à savoir l’amélioration du bien-être de la poule. Il est le premier produit vétérinaire autorisé dans l’Union européenne à inclure cette mention. Le produit améliore significativement le sommeil des poules qui dorment tranquilles, sans se gratter, secouer la tête ou se lisser les plumes, des signes révélant que les poux rouges les dérangent en permanence. Ces effets ont pu être mesurés lors d’une étude sur le comportement des poules, en s’appuyant notamment sur des enregistrements par caméras infrarouges. La part de poules actives durant la nuit est passée de 40 % en présence de poux à moins de 10 % après traitement. Par ailleurs, la concentration de corticostérone associée à un stress est divisée par deux.

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