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« Mon bâtiment est devenu polyvalent label et volailles du quotidien »

Face à des vides qui s’allongeaient et en concertation avec la Ciab, Alexandre Giampiccolo a transformé deux bâtiments label pour pouvoir y élever aussi des volailles du quotidien.

Sur l’exploitation d’Ingrid et Alexandre Giampiccolo, à La Tardière, en Vendée, deux bâtiments label de 400 m² permettent désormais d’élever soit des volailles Label rouge soit des volailles du quotidien. 

Lire aussi : « Mon bâtiment de canards prêts à engraisser produit aussi du poulet »

Adhérent de la Ciab depuis 2021, avec trois poulaillers dédiés aux volailles Label rouge, Alexandre Giampiccolo a été confronté à la baisse du marché du label suite à la crise Covid. « Les vides s’allongeaient, rappelle-t-il. Par ailleurs, suite à la reprise d’un autre site, j’avais découvert l’élevage de volailles du quotidien et y avais pris plaisir. En concertation avec la Ciab, qui faisait face à la baisse du marché en label, alors que la demande augmentait en volailles du quotidien, j’ai donc décidé de transformer mes bâtiments pour pouvoir y produire aussi des volailles du quotidien. »

Ventilation statique et dynamique

Un des bâtiments étant trop ancien, ce sont finalement deux bâtiments label de 400 m² (45 m X 9 m) qui ont été transformés. Un point central pour y accueillir des volailles du quotidien, à plus forte densité et alors que le volume et l’étanchéité y sont inférieurs à ceux des bâtiments classiques pour ces productions, était la ventilation, uniquement statique jusque-là. Le choix a été fait d’y élever les poulets à 18,6 poulets par m², au lieu de 20,5 par m² classiquement, et les dindes à 6,5 dindes par m², au lieu de 6,8 par m². Alexandre Giampiccolo a aussi réfléchi avec Boissinot Elevage, concepteur des bâtiments, à l’aménagement des poulaillers. Deux turbines permettant une ventilation dynamique ont été installées sur un pignon de chaque bâtiment. « Mais les turbines disponibles extrayant au minimum 2000 m³ chacune, il fallait garder la ventilation statique pour les quinze premiers jours, pour ne pas créer trop de vitesse d’air sur les poussins, précise l’éleveur. La ventilation dynamique n’étant par ailleurs pas toujours indispensable dans ces bâtiments, il fallait aussi que le boîtier de régulation permette de passer automatiquement du statique au dynamique aux dates et selon les températures fixées. » Une demande a été faite à Tuffigo Rapidex pour qu’il adapte son boîtier de régulation à ces attentes, ce qui a nécessité un an de développement. Deux moteurs réducteurs ont aussi été fixés sur les deux côtés pour l’ouverture des trappes, par où se fait l’entrée d’air, ainsi que des sondes de température et une alarme qui gère les deux bâtiments. Enfin une ligne de pipettes supplémentaire et une brumisation haute pression ont également été installées.

 

 
<em class="placeholder">Les deux turbines progressives fonctionnent ensemble.</em>
Les deux turbines progressives fonctionnent ensemble. © V. Bargain

24 euros par m² de marge poussin aliment en plus

Depuis mars 2025, Alexandre Giampiccolo élève donc des poulets et dindes du quotidien dans ses deux bâtiments label. « Le système fonctionne très bien et est très simple, assure-t-il. Jusqu’à 4 tonnes de poids vif, la ventilation est statique et c’est moi qui règle l’ouverture des trappes. À 4 tonnes de poids vif, j’appuie sur un bouton du boîtier de régulation pour que la ventilation passe en automatique. C’est ensuite le boîtier qui gère la ventilation statique ou dynamique. Comme les turbines sont progressives, elles démarrent doucement et les volailles s’habituent progressivement au bruit. Elles sont bien réparties dans le bâtiment. » L’éleveur a pu juger de l’efficacité du système pendant l’été 2025, alors qu’il avait 1 250 dindons de 17 kg en bâtiment et qu’il a fait très chaud. « Alors qu’il faisait 42 °C dehors, il n’a jamais fait plus de 28 °C dans le bâtiment grâce à la ventilation et à la brumisation. » Les résultats depuis un an ont été très bons. La marge poussin aliment dans ces bâtiments polyvalents a été de 70 euros par m² pour 3 lots de poulets, 1 lot de dinde et 0,6 lot de label, soit 24 euros par m² de plus qu’en label, avec un surcoût en électricité de 1,75 euro par m². « Et quand on compare l’ensemble des lots élevés depuis un an dans les cinq bâtiments label transformés à ceux élevés en bâtiment classique quotidien, les marges sont identiques ou légèrement inférieures », ajoute Jean-François Brosset, responsable du développement à Cap Elevage. « Ces résultats sécurisent les investissements, se réjouit Alexandre Giampiccolo. Il y a plus de lavages et de temps de suivi. Mais je n’ai plus à rentrer les volailles le soir. Je connais les plannings jusqu’en fin d’année. Et je peux rebasculer en label si le marché le demande. »

Côté éco

- 20 000 € coût des aménagements par bâtiment
- 17 600 € d’aide de la Ciab
- 70 €/m2/an de marge poussin aliment

Garder les capacités de production en Label rouge

« Suite à la crise Covid, le marché du label a baissé de 20-25 %, rappelle Jean-François Brosset. Il a depuis remonté, mais reste stable, alors que la demande augmente en volailles du quotidien. Pour répondre à la demande tout en gardant nos capacités de production en label, l’objectif est donc que sur 140 éleveurs de volailles label et bio de la Ciab exploitant 430 bâtiments, 20-25 % transforment 30-40 bâtiments en bâtiments polyvalents. » Un budget a été voté par la Ciab pour une prise en charge à 80 % des équipements nécessaires à la transformation, la viabilisation et la sécurité (génératrice-groupe électrogène) restant à la charge de l’éleveur. « Les charges sont mutualisées, l’objectif étant que les autres éleveurs de volailles label conservent des vides normaux et de garder nos capacités de production en label. » Différents aménagements (brasseurs d’air, modification de la ventilation sans changement de boîtier, brumisation basse pression) ont été testés, le plus efficace étant celui fait chez Alexandre Giampiccolo. « Après avoir baissé de 15 %, le marché du Label rouge remonte aujourd’hui, indique Benoît Drouin, président du Synalaf. La croissance a été de + 6 % en 2025. Et les prévisions pour juillet 2026 sont de + 2,5-3 %. Début 2027, nous aurons récupéré tous les volumes perdus. Il faut donc garder nos capacités de production. Ces aménagements peuvent toutefois être intéressants pour des bâtiments récents et pourraient l’être même en label. »

Adapter la ventilation du poulailler

Le nouveau boîtier de régulation mis au point par Tuffigo Rapidex est l’Avibox. Il permet de contrôler des bâtiments de taille moyenne fonctionnant en ventilation statique, dynamique ou mixte. « Si le bâtiment est équipé d’un boîtier de première génération Athis LB10, le passage à l’Avibox est impératif, précise Jean Lou Le Guellec, commercial chez Tuffigo Rapidex. S’il est équipé d’un Labelbox, il est possible de changer uniquement l’écran et la carte. » Les critères pour pouvoir transformer un bâtiment sont par ailleurs qu’il ait des trappes motorisées et soit le plus étanche possible. L’ouverture des trappes peut se faire par dépression, grâce à un dépressiomètre, ou en fixe par préprogrammation des ouvertures. « Au démarrage, la vitesse d’air maximale doit être de 0,1 à 0,3 m/s. Au-delà de 0,3 m/s, le ressenti pour les volailles est de -1°C pour 0,1 m/s supplémentaires. » En cas de coupure de courant, les trappes restent dans leurs positions. Il est aussi possible de s’équiper d’un Thermostat Run10, qui met les turbines à fond et ouvre les trappes en grand si la température monte trop haut.

 

 
<em class="placeholder">Les bâtiments étant équipés de boîtiers de régulation de première génération Athis, l’acquisition de deux boîtiers Avibox a été nécessaire.</em>
Les bâtiments étant équipés de boîtiers de régulation de première génération Athis, l’acquisition de deux boîtiers Avibox a été nécessaire. © V. Bargain

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