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Lur Berri sécurise ses producteurs de canards PAG

Pour mieux rentabiliser les nouveaux ateliers d’élevage de canards prêts à gaver, le groupe coopératif Lur Berri mise sur le couplage entre les volailles de chair et les palmipèdes.

Avec 230 éleveurs et gaveurs produisant trois millions de canards gras pour Labeyrie, la coopérative Lur Berri a vécu et subi les limites sanitaires d’un schéma de production éprouvé par deux épizooties d’influenza. Le nouveau défi à relever était de promouvoir une nouvelle génération de sites d’élevage de prêts à gaver adaptés aux exigences de biosécurité, notamment au confinement lors des périodes à risque. Tout en assurant aux producteurs un usage permanent du bâtiment. Lur Berri apporte une réponse avec le nouveau bâtiment mixte Armonia 5S et le partenariat conclu entre le transformateur de canards gras Labeyrie et le volailler LDC. « Conjuguer la proximité des sites industriels et de deux productions complémentaires est une ouverture intéressante, estime Pierre Carrie, directeur de l’abattoir LDC de Bazas. L’été, nous sommes demandeurs en volaille standard alors que la production de prêt à gaver est à son creux. Avec des exigences techniques proches, les bâtiments travaillent à plein et leur rentabilité n’en est que meilleure. Sur le plan technique, les premiers résultats sont satisfaisants et les producteurs intéressés par la multiproduction. »

Un bâtiment polyvalent

Conçu avec une coque Dugué de 12 mètres de large à ventilation statique transversale et rideaux coulissants, le bâtiment Armonia 5S se décline de 400 m2 à 1 500 m2. Il répond aux normes sanitaires pour une production en bande unique avec possibilité de confinement. Afin de garantir l’uniformité des sites et faciliter le suivi technique, les équipements ont été référencés par le service technique de la coopérative : un régulateur d’ambiance (Bécot Climatique), deux chaînes d’alimentation et deux d’abreuvement (Josse), des pivots d’abreuvement extérieurs (Josse), des échangeurs d’air (Lead Le Roy Concept). Ces équipements permettent d’élever cinq canards de plus de huit semaines par m2 ou 20 poulets par m2. Pour le repaillage, le groupement préconise la pailleuse-hacheuse Valmétal, dédiée à un seul bâtiment, afin de prévenir les contaminations croisées. Tout équipé et clés en mains, l’investissement se monte entre 190 et 240 €/m2 selon la surface, amortissables sur 15 ans pour la construction et 7 ans pour les équipements.

Passer des crises à l’après-crise

La coopérative soutient aussi financièrement ses producteurs. Une première enveloppe d’aides de l’ordre de 7 000 euros par site a concerné les mises aux normes. S’ajoute l’aide de 24 €/m2 pour la création d’un bâtiment. Lur Berri accompagne totalement le porteur de projet, des démarches administratives jusqu’à la remise des clés. Ce qui lui permet de rentrer dans un bâtiment « prêt à produire » et de se consacrer exclusivement à son métier.

« Nous proposons un financement bancaire pour la coque et avec la coop pour l’équipement, précise Martine Chaléon, responsable du développement en palmipède. Cette solution fait avancer les dossiers plus vite auprès de banques frileuses à prêter de l’argent, compte tenu du contexte sanitaire. » Avec la deuxième épizootie, le projet Armonia 5S a pris toute sa consistance. « Il fallait réagir vite, pour éviter de perdre des éleveurs et leur donner des perspectives, poursuit Martine Chaléon. Le bâtiment mixte permet de sécuriser les revenus avec deux productions complémentaires. » La filière Lur-Berri-Labeyrie profite de cette dynamique pour transformer rapidement son parc d’élevage avec un réseau de producteurs rajeuni. Une trentaine de bâtiments mixte Armonia 5S sont construits, une quinzaine de permis de construire ont été acceptés, et une cinquantaine de projets sont en réflexion. S’ajoute une aide au développement des éleveurs, notamment des plus jeunes. « Nous créons des groupes de travail qui choisissent leurs thèmes de réflexion. Chaque année, les lauréats du sujet le mieux développé réalisent un voyage d’études à l’étranger. »

Thomas Marty rassuré par la polyvalence

Jeune agriculteur à Sallespisse dans les Pyrénées-Atlantiques, Thomas Marty élève des veaux sous la mère et des chevaux ibériques en Gaec avec Évelyne, sa mère. L’exploitation retrouve les canards prêts à gaver après vingt ans d’interruption. « Mes grands-parents étaient accouveurs et éleveurs : c’est peut-être un retour aux sources. ». Le bâtiment de 840 m2 peut accueillir 6 000 canetons en condition normale et 4 000 en périodes sensibles au cas où il faudrait claustrer les oiseaux. Thomas a été séduit par la polyvalence. « Dans un environnement palmipède plus compliqué, c’est rassurant de savoir que la volaille peut remplacer le canard sur le même site, sans transformer le bâtiment. » Le Gaec a investi un peu moins de 200 000 euros pour le bâtiment et les deux parcours. Pour sa première bande, Thomas a élevé 17 000 poulets standard, sans appréhension particulière, sachant qu’il était bien encadré par le service technique de son groupement.

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