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L’étiquetage de l’origine des produits carnés en voie de généralisation

Les professionnels et les pouvoirs publics ont annoncé simultanément des initiatives en faveur de l’étiquetage de l’origine géographique des produits carnés.

La date du 15 octobre 2019 aura été une journée marquante pour l’origine France, avec deux annonces faites le même jour, celle des professionnels du foie gras et celles des pouvoirs publics. Déjà pré-annoncé par le ministre Didier Guillaume au dernier Space, un décret devrait bientôt rendre obligatoire l’origine de toutes les viandes dans la restauration hors domicile, en complément de ce qui existe pour la viande bovine. Déjà rédigé, ce décret attendait dans un tiroir depuis des mois. Avant d’être publié, les ministères de l’Agriculture et des Finances indiquent qu’il fera l’objet d’une concertation préalable avec les filières (avicoles, ovines, porcines), les professionnels de la restauration et les associations de consommateurs. Son entrée en vigueur est envisagée pour le 1er avril 2020. Pour les professionnels, c’est le résultat d’un long travail d’explication des filières aux pouvoirs publics, « sauf qu’il y a un trou dans la raquette, a souligné Jean-Michel Schaeffer lors de l’assemblée générale de la CFA qui se tenait le lendemain 16 octobre. « Il est déplorable que les œufs et ovoproduits, la viande de lapin et le foie gras ne puissent y être intégrés, simplement parce qu’ils ne font pas partie du règlement de base européen. Cette question doit être débattue à Bruxelles. C’est pour nous l’étape suivante à franchir. » Pour le syndicaliste, « l’obligation d’afficher l’origine des viandes doit s’appliquer à tous les produits carnés, à tous les segments de marchés et pour tous les moments de consommation. » Le ministre de l’Agriculture, représenté par Vincent Guyot (DGPE), lui a répondu qu’il faut d’abord rendre obligatoire au niveau européen la mention d’origine sur les produits agricoles bruts avant de l’étendre aux produits transformés. Ce qui devrait être réalisé en avril 2020 avec l’adoption d’un règlement sur les ingrédients primaires.

Reconquérir surtout la restauration hors domicile

Comme leurs homologues européens, les professionnels français de la viande n’ont pas attendu une évolution de la réglementation européenne pour lancer dès 2014 leur démarche volontaire « viandes de France », dont la promotion pour la volaille a été confiée à l’association de promotion de la volaille française. Ils ont été rejoints par la filière œuf en 2018 et par la filière foie gras le 15 octobre dernier. L’interprofession Cifog a lancé sa marque Foie gras de France (ainsi que Magret de France et le Confit de France) qui engage tous ses maillons en assurant la traçabilité du caneton au produit fini. Foie gras de France vient compléter l’identification géographique protégée Foie gras du Sud-Ouest touchant déjà la très grande majorité de la production française. L’initiative vise à sensibiliser en priorité le secteur de la restauration hors domicile et à renforcer la visibilité des produits de palmipèdes gras à l’export. En effet, la chute de la production enregistrée depuis 2016 a laissé le champ libre à la concurrence hongroise et bulgare. L’étiquetage France est jugé tout aussi important pour cette filière que pour celle des viandes de volailles.

Effets limités de l’origine en GMS

Pourtant, l’effet positif de la mention l’origine est peut-être à relativiser. C’est ce qui ressort d’une évaluation (1) de l’expérimentation française d’étiquetage de l’origine menée depuis 2017 sur les produits transformés vendus en GMS et contenant plus de 8 % de viande ou plus de 50 % de produits laitiers. L’enquête auprès d’industriels et de distributeurs montre un impact très négligeable de l’origine sur les prix au consommateur (pas d’augmentation). La répartition des parts de marchés des produits n’a pas évolué dans la mesure où « les stratégies de valorisation et les initiatives prises pour des approvisionnements plus locaux ou d’une origine spécifique étaient déjà largement entamées. » Quant aux consommateurs, ils ont été peu nombreux à constater le changement d’étiquetage et à changer de comportement d’achat. Il faut dire que peu lisent en détail les packagings et encore moins la liste des ingrédients. Si les consommateurs déclarent largement souhaiter la mention de l’origine, en pratique ce critère arrive en cinquième position dans leur comportement après le prix, la DLC, la marque et les promotions. L’enjeu économique de l’étiquetage de l’origine se situe donc bien plus au niveau des acheteurs et transformateurs de matière première brute que des consommateurs.

« Une clé déterminante pour contrer les importations »

(1) Analyse du Centre d’études et de prospectives n° 142 - septembre 2019, mise en ligne le 14 octobre par le ministère de l’Agriculture.

La CFA attend le grand plan d’investissement

 

 
À l'assemblée générale de la CFA, Jean-Michel Schaeffer a souligné qu'il attendait toujours de connaître la couleur du Grand plan d'investissement promis aux États généraux de l'alimentation. © P. Le Douarin
Le plan de filière Volailles de chair conçu immédiatement après la tenue des États généraux de l’alimentation de 2017 aurait-il accouché d’une souris par manque d’engagements financiers de l’État ? C’est presque le constat que fait Jean-Michel Schaeffer lorsqu’il soulève une contradiction entre les discours et les actes des pouvoirs publics. La France et les Français souhaitent une agriculture durable et des aliments de qualité. Mais le pouvoir politique accepte que l’Europe conclue des accords commerciaux avec le Canada et bientôt avec le Mercosur. Sans oublier celui avec l’Ukraine au sujet des poitrines avec os. Tous ces accords permettent à des viandes, presque deux fois moins chères et surtout produites selon des règles moins disantes, de pénétrer encore plus sur le marché européen. Dans ces conditions, le projet de reconquérir 1 % des importations chaque année sera très difficile à tenir. Il le sera d’autant moins que des investissements supplémentaires sont demandés à la filière pour se mettre en phase aux fortes attentes sociétales. En complément de l’extension de la mention de l’origine, Jean-Michel Schaeffer demande que la filière soit financièrement accompagnée de manière significative et que les consommateurs soient informés sur la construction du prix et la répartition des coûts.

 

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