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Les marges brutes de 2020 chutent en poulet

La dernière enquête avicole montre une baisse des marges et une dégradation des performances techniques pour plusieurs productions. Les résultats de l’année 2021 s’annoncent préoccupants.

Les marges brutes de 2020 chutent en poulet
© A. Puybasset

Les chambres d’agriculture ont récemment publié leur enquête avicole portant sur les lots de volailles de chair abattus en 2020 en Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Hauts de France. La région des Pays de la Loire est cette année encore absente de l’enquête, l’échantillon est de fait réduit (moins de 300 000 m2). Les résultats – globalement en baisse et très contrastés selon les productions – reflètent toutefois bien une année 2020 très particulière, perturbée par les crises sanitaires d’influenza aviaire et de Covid-19. C’est en poulet lourd non sexé que la baisse de la marge brute annuelle est la plus impressionnante (-10 €/m2 par rapport à 2019 pour s’établir à 24,16 €/m2/an alors qu’elle se situait depuis 2016 au-dessus des 36 €/m2 /an !). Ce chiffre est fortement lié aux résultats des lots produits dans les Hauts de France, rémunérés en fonction de la cotation de Deinze, et dont les marges PA par lot ont été en moyenne 40 % plus faibles que celles des élevages du Grand Ouest enquêtés. « La cotation Deinze a été revue à la hausse depuis 2021 mais les éleveurs nordistes subissent la forte hausse du prix de l’aliment », souligne Élodie Dezat, de la chambre d’agriculture de Bretagne. En poulet lourd sexé, la marge brute baisse également mais de façon moindre (-3,60 €/m2/an). « Cela s’explique par une dégradation des performances techniques, de la productivité et de la marge poussin aliment tandis que les charges variables poursuivent leur hausse. »

Une amélioration en poulet export JA

En poulet standard, la productivité est en recul, la densité au démarrage chutant de près d’une volaille et demie par mètre carré. La marge brute annuelle passe sous le seuil des 30 €/m2. Un recul à mettre là aussi en lien avec des rémunérations en forte chute dans les élevages du Nord-Pas-de-Calais, selon l’enquête. Les résultats sont en revanche plus favorables en poulet export. Dans la catégorie souche JA, devenue majoritaire, la marge poussin aliment par lot et par kilo s’améliore grâce notamment à un effet de revalorisation des prix chez certains éleveurs. Les rotations sont restées élevées. Malgré l’augmentation des charges variables, la marge brute progresse d’un euro.

 

 
© Enquête avicole
En dinde, la marge brute s’est redressée de 2 €/m2/an, grâce à une amélioration de la productivité et malgré des vides plus longs.

 

Du fait d’une trop faible taille d’échantillon, les résultats n’ont pas pu être interprétés en canard de Barbarie cette année. « Selon les centres de gestion, la marge brute annuelle aurait chuté à 40-41 €/m2/an. C’est la filière qui a le plus souffert de la crise Covid-19, pénalisée par une augmentation de la durée des vides, liée à la fermeture de la restauration hors domicile. » La pintade n’est pas mieux lotie, avec des marges brutes qui devaient avoisiner 30 €/m2/an, à dire des centres de gestion.

« Ces chiffres sont publiés alors que la conjoncture de l’année 2021 est marquée par une hausse des charges, avec une augmentation du coût des matières premières, des énergies et des matériaux de construction », s’inquiète Sylvaine Dano, responsable professionnelle de Bretagne. « Même s’il y a certains signaux positifs à venir, tels que l’étiquetage de l’origine de la viande en RHD en 2022, ce manque de visibilité n’encourage pas les éleveurs à investir. »

 

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