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Les grands sites de ponte nécessitent une meilleure maîtrise sanitaire

Lors de la session Rippa-Rippoc destinée à la filière œufs, les intervenants ont mis en avant la technique et la prévention pour améliorer la maîtrise sanitaire de sites de pontes de plus en plus grands.

La nouvelle configuration des bâtiments (plus longs, plus hauts, présence d'un plancher) impacte également la maîtrise de la ventilation.
La nouvelle configuration des bâtiments (plus longs, plus hauts, présence d'un plancher) impacte également la maîtrise de la ventilation.
© P. Le Douarin

La directive bien-être de 2012 n’aura pas seulement induit un changement de cages. La vraie mutation porte sur la structure des outils de production. « En Bretagne, le nombre d’élevages de poules pondeuses en cages s’est effondré de 1000 à 400 entre 2010 et 2014 tandis que la taille des sites de production a augmenté de 60% », a souligné Jean-Charles Donval, de Chêne Vert Conseil, lors de la dernière édition des Rippoc(1). « Cette évolution concerne aussi les productions alternatives : augmentation de la taille de 30% en plein air et bio. Elle a doublé dans les élevages au sol. » Pour le vétérinaire, le passage à la cage aménagée a finalement eu peu d’impact sur les performances zootechniques, mis à part le taux de déclassés qui a augmenté (œufs sales ou cassés en lien avec la présence du nid et des perchoirs). En revanche, l’augmentation des tailles d’élevage et de la proportion des sites multiâges a accentué les risques sanitaires. « Du fait de l’absence de vide total, les pathologies virales ou bactériennes deviennent plus dures à maîtriser. C’est un vrai problème dans certains sites contaminés par Mycoplasma Synovie, par exemple.» Qui plus est, l’augmentation de la taille des élevages de poulettes n’a pas suivi celle des bâtiments de ponte. « Il n’est pas rare qu’un lot de 80 000 à 100 000 poules ait quatre voire cinq origines.»

De nouveaux indicateurs à développer

La nouvelle configuration des bâtiments (plus longs, plus hauts, présence d’un plancher…) impacte également la maîtrise de la ventilation ou de la qualité de l’eau (réseau d’eau plus long). Jean-Charles Donval a également constaté une recrudescence des pathologies parasitaires. « La présence de matières organiques sur les surfaces pleines de la cage favorise le développement de parasites internes et externes (pou).» Enfin, l’augmentation de la taille des groupes de poules par cage peut accentuer les problèmes de comportements (phénomènes de picage). « Le passage aux cages aménagées n’a pas directement induit une augmentation des problèmes sanitaires. Mais lorsqu’il y a un problème, il est plus compliqué à gérer», résume-t-il. L’évolution des outils de production nécessite de développer de nouveaux indicateurs pour réagir au plus vite, comme l’ont rappelé les différents intervenants : suivi plus rigoureux de la qualité de l’eau, de la consommation de l’aliment, des courbes de ponte, gestion plus fine de la ventilation, observation du comportement des poules… La prophylaxie, et notamment le recours à la vaccination, sont plus que jamais d’actualité, dans un contexte de démédication. De nouvelles approches se développent pour la surveillance des contaminants dont celle des suivis sérologiques, particulièrement intéressants dans les sites de grande taille. Ils montrent un intérêt pour mieux objectiver les passages viraux et évaluer la qualité de la prise vaccinale.

(1) Rencontres internationales de pathologie de la poule pondeuse œufs de consommation, 11 juin 2015 à Rennes.

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