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L’éclairage naturel s’impose en volaille standard

Mis sous pression depuis 2016, les trois principaux groupes d’abattage demandent à leurs éleveurs d’élever des volailles au standard amélioré dans des bâtiments équipés d’un éclairage naturel, au plus tard d’ici cinq ans.

D'ici deux à quatre ans, les bâtiments de volailles de chair conventionnelles devront être équipés de baies transparentes
© P. Le Douarin

Depuis une dizaine d’années, le face-à-face entre les fournisseurs de volailles et leurs clients est perturbé par les organisations de défense des animaux, notamment l’association antiélevage L214. Les clients cèdent progressivement à l’exigence d’une meilleure vie des animaux d’élevage. Du côté des fournisseurs, Galliance a été le premier à se lancer avec son poulet Nouvelle agriculture (NA), avec un cahier des charges bien-être relativement allégé (pas de fenêtre par exemple). Son souci était de maintenir le revenu des éleveurs et de contenir ses coûts tout en « verdissant » son poulet.

Les fenêtres emblèmes de transparence

 

 
Un tournant majeur s’est produit en septembre 2017, lorsque le groupe LDC a décidé de s’engager avec sa démarche globale Nature d’éleveurs en poulet et en dinde, dont la mesure la plus emblématique est l’élevage en lumière naturelle. Sur les autres critères, Nature d’éleveurs ne s’aligne pas sur la charte Better Chicken Commitment (BCC) de 2016, ce qui lui vaut les foudres de L214.

« Rétrospectivement, LDC est plutôt content d’avoir lancé cette initiative pour répondre aux attentes des consommateurs et des ONG welfaristes, ainsi qu’aux cahiers des charges des clients, explique Marie Charlotte Garnier, du pôle LDC amont. Son directeur Bruno Mousset complète : « Cette démarche rassure vraiment nos clients qui ont rapidement adhéré, ce qui nous oblige à l’accélérer en emmenant tout le monde."

"Notre objectif est que 100 % des élevages fournisseurs soient engagés dans une démarche qualité d’ici fin 2025 (bio, label rouge/IGP, certifié, Nature d’éleveurs). » Cette année, 40 % des éleveurs des organisations de production LDC sont engagés dans Nature d’éleveurs.

Un cahier des charges strict chez LDC

Troisième volailler après LDC et Galliance, Duc s’est lancé sur le créneau du BCC en octobre 2020, avec son poulet Duc Bien-être. Les bâtiments doivent disposer de 3 % d’ouverture lumineuse, avec un équipement fonctionnel le 1er janvier 2023 au plus tard. Les conditions techniques (position, matériau…) sont en cours de réflexion. Quant au poulet NA, initialement sans fenêtre, son cahier des charges évoluerait. Terrena ne nous a ni infirmé ni confirmé s’il demande des fenêtres translucides, placées au-dessus entrées d’air sur les deux longs pans, et réparties uniformément pour éviter les zones d’ombre.

Impliquant le plus grand nombre d’éleveurs, LDC demande des fenêtres « toutes transparentes et utilisées du début à la fin du lot », détaille Pascal Corvoisier, le « Monsieur fenêtre » de LDC amont. Pour les bâtiments neufs, les 3 % de baies sont placées des deux côtés et à hauteur d’homme (1,5 m du sol), « pour qu’on puisse voir facilement à l’intérieur ». Elles sont munies d’occultants extérieurs. « Tous les constructeurs ont intégré cette demande et proposent des systèmes compatibles avec la ventilation. »

Lire aussi : Audrey et Pierre Besançon conseillent de bien préparer son chantier

Du cas par cas en rénovation

 

 
« Très logiquement, pour optimiser l'adaptation du bâtiment, il faut commencer par chercher à minimiser le nombre de baies »indique Pascal Corvoisier, le « Monsieur fenêtre » de LDC amont.  © P. Le Douarin
« Très logiquement, pour optimiser l'adaptation du bâtiment, il faut commencer par chercher à minimiser le nombre de baies »indique Pascal Corvoisier, le « Monsieur fenêtre » de LDC amont. © P. Le Douarin
Pour Nature d’éleveurs, les bâtiments construits avant 2017 sont réaménagés avec des solutions variant selon le modèle et la ventilation (dimensions des longs pans, espace disponible, position des trappes ou volets, des ventilateurs…). « Pour minimiser les coûts, nous acceptons des ajustements de hauteur et de position (un seul côté, pignon) », souligne Pascal Corvoisier qui cherche les solutions à moindre coût. « Très logiquement, il faut commencer par chercher à minimiser le nombre de baies. »

 

Les tunnels et les bâtiments à ventilation statique à rideaux (Louisiane) posent le plus de souci. Avec les trappes latérales, l’occultation est difficile en tunnel. En Louisiane, les rideaux s’ouvrant tardivement, les anciens bâtiments devront avoir au moins 3 m2 de baies transparentes en pignon dès le démarrage (1,5 % de la surface pour les neufs).

Trouver des solutions économiques

« Les éleveurs sont globalement convaincus par ces nouvelles méthodes d’élevage », constate Pascal Corvoisier. Pour les bâtiments existants, le principal frein est « l’embouteillage chez les constructeurs. De plus, il faut souvent une autre entreprise pour réaliser l’électricité-motorisation. Nous cherchons des solutions alternatives hors constructeur. »

En plus du conseil aux éleveurs de ses OP, LDC Amont octroie une aide plafonnée à 10 €/m2. Elle sera progressivement complétée par une prime annuelle de 2,50 €/m2qui se met en place. Ces coups de pouce ne sont pas négligeables, sachant que Pascal Corvoisier estime entre 15 et 25 €/m2 de bâtiment l’investissement moyen. Selon la région, des aides du Plan de relance (ex PCAEA) peuvent s’ajouter. Mais il restera toujours un reste à charge pour un investissement que beaucoup estiment « improductif ».

Succès du Better Chicken Commitment

La charte Better (ou European) Chicken Commitment pour un poulet de chair mieux élevé en 2026 a été lancée en 2016 par une trentaine d’ONG européennes. Elle demande une densité maximale de 30 kg/m2, un potentiel génétique plafonné, un milieu d’élevage enrichi (perchage, bottes de paille, objets…), un accès à la lumière naturelle (3 % de la surface utile)…

Depuis lors, les welfaristes font pression sur les grandes marques agroalimentaires, qui cèdent une à une et l’imposent à leurs fournisseurs, sans tenir compte du surcoût de production. En 2019, l’Itavi a chiffré ce surcoût à au moins 19 % sur le poulet vif et à 40 % sur le filet.

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