Le système autarcique du petit canard noir de Beti Aintzina
Le Gaec Beti Aintzina élève, gave, transforme et vend en direct des canards mulards Kriaxera dans les Pyrénées-Atlantiques. Son système extensif et autarcique en race ancienne à croissance lente, leur garantit un revenu supérieur au Smic.
Le Gaec Beti Aintzina élève, gave, transforme et vend en direct des canards mulards Kriaxera dans les Pyrénées-Atlantiques. Son système extensif et autarcique en race ancienne à croissance lente, leur garantit un revenu supérieur au Smic.
Sabrina Larzabal et Julen Perez étaient juste deux collègues, salariés agricoles. Sept ans plus tard, ces deux éleveurs installés hors cadre familial sont devenus deux associés complémentaires et efficients, toujours aussi passionnés par ce petit canard noir : mulard issu d’une cane Kriaxera et d’un mâle Noir de Barbarie. Ils démontrent depuis quelques années les avantages sanitaires et économiques d’un système en polyculture élevage autarcique. Ils élèvent 2 200 canards par an, interrompant le gavage de mai à septembre.
Malgré un abattage en 2022 pour détection du virus de l’influenza aviaire, ils suivent à la lettre le plan d’entreprise de leurs dotations jeunes agriculteurs. Ils ont investi à leur installation 450 000 euros dans du matériel d’élevage et de culture afin de produire leurs propres céréales. Les terres sont portées par une foncière agricole et les bâtiments leur sont loués par le cédant qui attend qu’ils atteignent leur vitesse de croisière pour les leur vendre.
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Les atouts du système de polyculture élevage
Sur 15 hectares, ils produisent 70 % de leur alimentation annuelle (maïs grain, soja toasté, triticale, et féverole), grâce à une capacité de stockage de 150 tonnes et une fabrique d’aliments. « Nous complétons avec le complément minéral, plus des tourteaux non OGM pour élaborer les différentes rations avec le nutritionniste », précise Julen en charge de cet atelier. Puis les 30 repas minimum de gavage se font exclusivement au maïs grain entier séché de façon naturelle dans des cribs. « C’est fondamental, car le taux d’amidon du maïs a un impact direct sur la qualité d’engraissement et sa répétabilité de lot en lot », considère l’éleveur. Les deux abattages par semaine s’adaptent à l’hétérogénéité de cette race à croissance lente : les moins lourds ont deux jours de plus pour rattraper leurs performances.
« Élevés, nourris avec les céréales de la ferme, gavés, abattus et transformés surplace, les risques de contamination par un vecteur extérieur (attrapeur, transporteur) sont ainsi extrêmement limités, tout en nous assurant une bonne valorisation grâce à la vente en circuits courts », affirment-ils.
En 2021, le couvoir de la Bidouze, seul couvoir en France fournissant ce mulard a été en arrêt d’activité pendant plusieurs mois durant l’épizootie de grippe aviaire. Ils ont travaillé avec un accouveur leur proposant du M 12. Sabrina, à la transformation, a dû s’adapter à la différence de poids, de gras et de viande de cette race par rapport aux mulards Kriaxera : « La qualité des foies était différente, la présence plus importante de gras amenait une difficulté supplémentaire de transformation des viandes, mais nous avons pu réajuster nos recettes puisque nous maîtrisons tous les maillons de la transformation sur la ferme nous-mêmes », se souvient-elle.
En chiffres
Performances
- 920 g à 21 jours
- 4,2 à 4,5 kg : poids des prêts à engraisser
- 6,4 à 6,5 kg : poids des canards en fin d’engraissement
- 17 kg d’aliment par canard au printemps, 21 kg en automne-hiver
Fiche élevage
Gaec de Beti Aintzina
2 200 canards élevés
2,5 UTH : 2 associés exploitants et 0,5 salarié ou apprenti
210 places d’engraissement en miniparc (Palmizen)
6 ha de maïs dont 2 ha de parcours
4 ha de soja
5 ha de méteils (féverole-tritical)
3 ha de parcours en prairie naturelle