Le parasite Eimeria infecte le poulet pendant 4 à 7 jours
La coccidie est un parasite qui doit infecter le tube digestif de la volaille après une étape dans le milieu extérieur. Après 6 jours en moyenne, le parasite est excrété.
La coccidie est un parasite qui doit infecter le tube digestif de la volaille après une étape dans le milieu extérieur. Après 6 jours en moyenne, le parasite est excrété.
La coccidie est un protozoaire appelé Eimeria (organisme unicellulaire) parasite du poulet ou de la dinde qui ne peut se multiplier qu’aux dépens de son hôte (pas dans l’environnement). Au stade infectant, le parasite fait étape dans le tube digestif de l’animal où il se multiplie durant 4 à 7 jours avant d’être excrété dans l’environnement via les fientes fraîches. Non infectieux à ce stade, l’oocyste (forme libre dans le milieu extérieur) subit une sporulation de 1 à 3 jours pour devenir de nouveau infectant. Sous cette forme de résistance, le parasite attend d’être ingéré pour libérer ses éléments infectieux : les sporozoïtes. Un oocyste ingéré peut produire jusqu’à 300 000 descendants après cinq jours à la fin de son cycle.
Contrairement aux infections bactériennes ou virales, l’infection coccidienne est autolimitée dans le temps. En général, le développement et la multiplication s’arrêtent avant d’entraîner la mort de l’hôte. En élevage, la pression parasitaire met du temps pour atteindre des niveaux dangereux, avec des cas cliniques qui apparaissent, le plus souvent, à des âges compris entre 3 et 8 semaines.
Quand faut-il réaliser un diagnostic visuel des lésions ?
Il existe des échelles de notation de l’intensité des lésions pour cinq espèces de coccidies, en cas de suspicion. A savoir retard de croissance, prostration, morbidité et litières dégradées, un échantillon représentatif de l’état général du lot est envoyé au laboratoire pour un diagnostic. L’autopsie et la mise en évidence des lésions du tube digestif reposent sur une échelle de notation établie en 1970 par Johnson et Reid toujours d’actualité (cinq espèces). Sont recherchées pétéchies (point rouge par rupture des vaisseaux capillaires), points blancs (cellules mortes), mucus orangé, sang, fibrine, nécrose… « Uniquement en cas de doute, le raclage de la muqueuse et l’observation au microscope sont réalisés pour confirmation », pointe Jean-Michel Répérant. Quant au comptage des oocystes dans les fientes et la litière, il est non corrélé à un risque de coccidiose.
Eimeria acervulina
Indice lésionnel 1 : Absence de lésions ou indice faible
Indice lésionnel 2 : Lésions d’intensité moyenne
Indice lésionnel 3-4 : Lésions d’intensité élevée
Jean-Michel Répérant, chercheur à l’Anses
Démarrer avec un niveau bas de contamination
« S’agissant du diagnostic, il faut se baser sur les formes cliniques qui permettent de suspecter le problème et confirmer avec les indices lésionnels, seul élément pertinent. Mais attention, le diagnostic n’est pas facile, il faut un personnel formé. Le but est d’essayer de prévenir avec des outils efficaces. Plutôt qu’un désinfectant, mieux vaut un nettoyage rigoureux, et surtout un bon rinçage avec évacuation de l’eau. Car un poussin se contamine plutôt avec le matériel. Attention donc aux mangeoires, aux pipettes avec leur coupelle qui ne sont pas correctement nettoyées. C’est très important ! L’élément le plus important est de partir avec un niveau de contamination bas et des animaux avec le meilleur démarrage possible, en bonne santé. Progressivement, ils sont exposés de plus en plus aux oocystes mais auront mis en place leur défense immunitaire. Les additifs coccidiostatiques et les vaccins aident à limiter cette augmentation. »
Sarah Betz, responsable technique volailles chez Elanco
Une formation pour bien accompagner les éleveurs
« La coccidiose est dans le top 3 des maladies très présentes sur le terrain, source de baisse de performance et donc de rentabilité des lots. Par ses propriétés résistantes, le parasite peut s’exprimer malgré la prévention. Sa présence est évolutive d’un lot à l’autre car très tributaire des conditions et des pratiques d’élevage. Les espèces les plus présentes sont E. acervulina, E. maxima et E. tenella. Notre formation cible les techniciens, les vétérinaires (et les formulateurs d’aliments) afin qu’ils relaient les bons messages aux éleveurs, qu’ils soient attentifs aux signes et mettent en place la bonne stratégie en fonction du niveau de lésion. »