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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Jean-Marie Fontanet, responsable de l’antenne Sud-Est de l’Itavi
« La formation en Afrique doit s’adapter aux moyens locaux »

De retour de la République du Congo, Jean-Marie Fontanet , en charge de la formation à l'Itavi, relate cette expérience. Son objectif : former des formateurs d’un centre d’apprentis avicoles. Son défi : apporter de la pédagogie et de la méthode dans un contexte de pénurie.

Responsable pédagogique à l’Itavi, Jean-Marie Fontanet a pris en charge depuis 2017 la création d’une offre de formation visant à répondre aux demandes de l’administration, des éleveurs et des techniciens. L’an dernier, un certificat de qualité a été attribué à cette proposition qui valorise les travaux scientifiques de l’Institut. En 2019 est publié un second catalogue de formations.
© S.Merchat

Dans quel cadre êtes-vous parti en mission sur le continent africain ?

Jean-Marie Fontanet - « Cette mission était commanditée par le Greta Limousin qui avait répondu à un appel d’offres d’Expertise France (1). Je suis parti deux fois deux semaines en octobre 2018 et février dernier. Je devais former des formateurs vacataires du Centre pour l’éducation et la formation (Cefa) par l’apprentissage de Dolisie (2) s’adressant à des jeunes en conversion de 15 à 30 ans, dont 85 % de femmes. Ces apprentis, non payés par leurs maîtres de stage, obtiennent un diplôme en deux ans et deviendront salariés car ils n’ont pas les moyens de s’installer comme éleveurs. J’ai trouvé des formateurs qui ont grande envie d’apprendre, mais qui n’étaient pas payés depuis deux ans. Je ne savais rien de la filière avicole du Congo, pays qui tente de se donner les moyens d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. J’y ai découvert d’abord un manque d’infrastructures. Les pistes sont infernales pour rejoindre les fermes de polyculture élevage (porcs, ovins, maraîchage, ananas, manioc). Là-bas, on ne parie que sur les pondeuses, mais le calcul du coût de production reste abstrait. Si la vente des œufs paie les charges du quotidien, la vente des poules en fin de lot constitue le revenu tangible. On ne rencontre pas d’atelier de volailles de chair car il n’y a pas d’abattoir, ni de chaîne du froid. Les poulets y sont vendus par petits lots en vif. »

Comment s’est déroulée cette formation ?

J.-M. F. - « Nous avons commencé par faire un état des lieux du centre, livré clé en mains, avec du matériel plus ou moins prêt à fonctionner. En 2018, nous avons fait le tour des exploitations, l’objectif étant de renforcer le lien entre formateurs et maîtres d’apprentissage. J’ai alors dispensé des cours au pied levé sur des sujets techniques. En février, nous nous sommes concentrés sur la pédagogie, afin de faire évoluer les méthodes d’évaluation des apprentis. En parallèle, nous avons travaillé sur les capacités requises pour les aviculteurs, le référentiel métier. Il faut arriver à une montée en compétences sur l’alimentation, le sanitaire, la biosécurité, la gestion de l’élevage. Nous avons également mis à jour les documents officiels de référence qui sont primordiaux pour les formateurs et maîtres d’apprentissage. Il s’agit toujours de lutter contre des idées reçues, des erreurs de base. »

Quels handicaps avez-vous rencontrés ?

J.-M. F. - « Le manque de moyens en général, le manque d’encadrement, le déficit en matières premières, en produits vétérinaires ; ils sont souvent en rupture de stocks. De plus, il y a une vraie difficulté d’accès à l’information et au savoir pour les formateurs. Le Cefa dispose d’un seul ordinateur et ils ont des difficultés à imprimer et diffuser nos bibles sur l’aviculture. J’ai emporté des kilos de documentation. »

Que faudrait-il améliorer afin de poursuivre ce travail ?

J.-M. F. - « Pour entreprendre une nouvelle mission, des moyens économiques pour pallier les dysfonctionnements devraient arriver en parallèle aux experts ! En nous appuyant sur l’expérience française, et pour aboutir à une montée en compétence technique des formateurs et apprentis, nous devons nous focaliser sur le préventif, la biosécurité. Un bon pédagogue doit avant tout savoir s’adapter et utiliser les outils en place. Par exemple, il faudra leur apprendre à formuler et présenter leurs aliments, et tenir compte de leurs conditions de travail. »

« Former malgré la pénurie de tout »

(1) Expertise France est la « marque » de l’agence française d’expertise technique internationale (Afeti), un établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle des ministères chargés des Affaires étrangères et de l’Économie.
(2) Dolisie, ex-Loubomo, est la troisième ville de la République du Congo, située entre Pointe-Noire et Brazzaville. Elle compte plus de 80 000 habitants.
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